LA GRISE RELIGIEUSE
pleine liberté de pensée et de pratique cfel Iaiss(';e à tout le monde; mais nous n'avons pas le droit de faire comme si la Toi confessionnelle était un viatique suffisant, et nous devons donner à nos élèves une richesse de vie morale qui les anime et qui donne à leur existeuce une raison d'élrc prol'onde, même si la foi confessionnelle tarit en leur conscience.
Notez que nous disons • loi confessionnelle > et non € foi religieuse». Nous pensons, en effet, que les confessions particulières sont les dialectes d'une langue mère commune qui constitue le fonds éternel de tonte religion, et que ce qui l'ait la force des religions confessionnelles c'est ce fonds métaphysique et moral.
En dehors ou à côté des enseignements confessionnels, il y a place pour un enseignement spirïlualiste très pur, comprenant le minimum sur lequel les confessions sont d'accord. Les discussions qui ont passionné l'opinion h la fin du xviii" siècle et au commencement du siècle actuel, et qui opposaient au spiritualisme le matérialisme, nous paraissent bien arriérées. Les progrès de la psychologie ont amené les penseurs contemporains à expliquer la matière par l'esprit. L'esprit est ■ ,1a seule réalité que nous puissions connaître. Le spiri- [Dalisme actuel n"a rien du spiritualisme supcrtlciel de
Scolede Cousin, qui n'était guère qu'un «démarquage» fbi protestantisme libéral, avec la suppression de ce iii pouvait lui donner une valeur pratique, c'est-ii-dire :ulle.
Le spiritualisme actuel est profond et fondé inexpu- ^ablement sur l'analyse psychologique la plus pêne
rsnle : vérilié par les résultats généraux des sciences Bbon tempo raines, qui enseignent la misère de notre perlalité dans l'inlini du temps et de l'espace, le nou-
vcati spiritualieroe tond à supprimer pnr la racitu
l'égorsme et l'orgueil '.
Seule celte philosophie supérieure donne, en d^oi des croyances religieuses, un sens à la vie humaino seule elle fonde le devoir de travailler au commun; seule elle olTre une rclig-ion aux âmes reli gieuses dont la raison ne peut accepter une foi confes sionnelle...
De plus en plus, les esprits afn^nchis des i^troitesaei du dogme, et même les «i-prit« enfarmûs dans une b confessionnelle, mais d'une tolérance qui a sa sourd dans une véritable humilité, coniprcnncnl que le 1i«i religieux universel, c'est le désir de réaliser la fratci nité humaine. L'excellence d'une religion se mesura 1 la puissance avec laquelle elle inspire à ses fidèles l respect des droits des humbles et l'amour du procliatQ En tant que tes religions chrétiennes suscitent d^i elTorts de charité et de Eacrifice de soi, tout espi impartial reconnaîtra en elles des collaboratr fécondes.
Mais la foi soiime oh elle veut, et nous devons i placer à un point de vue supérieur au\ religions paH{ culièreB, et qui n'impose à la raison et à la plus absolu liberté de pensée, aucun sacrilice. A cAté, et nous gjf craignons pas dédire au-dessus des religions qui dh sent les esprits, il 7 a place pour une religion vraimeo) universelle, acceptable par tous les esprits pensants 4I qui renferme les religions particulières comme le g renferme les espèces.
Nous disions qu'aujourd'hui, les esprits philosopU ques sont d'accord pour considérer la matière comnfi