‹ Aux instituteurs & institutrices: consoils & directions pratiquesChapitre 20 sur 78 · DU CALME · texte numérisé non relu

DU CALME

le bruit qu'il fait; c'est ainsi que des bruits im(3ei-ceptibles le jour, prennent dans le profond silence de la nuit, l'importaBce d'un fracas. De même, dans une classe silencieuse, un bruit de faible intensité prend, par contraste, une valeur qui, sans intervention du maître, Buflit à réprimer l'êtourderie des enfants. Un regard du maître, en augmenlant la confusion du coupable, devient une punition réelle et efficace. Dans une telle classe, toutes les paroles du maître portent, son calme contagieux gagne les enfants, et renseignement donne des résultats solides.

Ajoutons aux méfaits de l'irritabilité du maître, la tendance qu'ont les institutrices et les instituteurs trop pressés à intervenir immédiatement. Si l'élève hésite, ils rûpondentàleurs propres questions; ils commencent les mots de la réponse ; le spectacle est parfois comique : t celle force dis.... » et l'élève ajoute : • paraît •; « ces corps n'ont pas les mûmes propri.... » et toute la classe de répondre : € étés • I

Et celte méthode ridicule est bien répandue ! Au IIl-u de faire effort, bien certains que le maître n'aura pas la patience d'attendre c l'accouchement •, et d'y aider adroilement, les enfants prennent tout doucement l'habitude d'attendre eux-mêmes : le maître seul travaille; eux, ils pensent à autre chose; ils se laissent aller à une douce paresse et sortent de la classe sans avoir été excités h faire des efforts. Résultat : le maître s'est doublement fatigué, mais il a parlé dans le désert. Les inspecteurs qui se rendent compte de l'effroyable gaspillage d'énergie qui est produit par les simples vices de mothodo dus à l'irritabilité et à l'impatience des maîtres, apprennent à estimer à un haut prix les maîtres calmes et en pleine possession d'eux-mêmes.

CllAPIÏUE VU

Une révolution nécessaire dans les méthodes.

Avant de suivre nos jeunes dé])utants au village, et d'étudier l'organisation de leur travail personnel et de leur bonheur, il est utile de jeter un coup d'œil rapide sur l'iniportance comparée des divers enseignements à l'école primaire.

Tous sont nécessaires : il faut que Tenfant sache lire et écrire; il faut qu'il sache s'exprimer en français; il faut qu'il connaisse le calcul et le système métrique; il faut qu'il sache les éléments essentiels de l'histoire et de la géographie, spécialement de la France, et les éléments de l'enseignement civique; il faut aussi qu'il emporte de l'école quelques notions des grandes lois qui gouvernent le monde matériel, le monde des animaux et des plantes. 11 faut qu'il contracte des goûts de propreté, d'ordre, car à la campagne les enfants sont souvent abandonnés; ils se développent dans tous les sens, sauf dans ceux qui sont gênants pour autrui ; ils vagabondent, ne connaissent aucune règle, et n'ont nul souci de l'exactitude...

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