lloraci: Mann, Aux Jeunes gens, IB'iB
senliments qu'il a réellement éprouvés. Ainsi, l'homme du monde va en soirée. Il est exaspéré d'abord d'avoir iï s'habiller d'une façon ridicule, gênante et coûteuse. EL bouleverse ses habïLudes ; il va passer une nuit blancha; il sait qu'il sera malade le lendemain; il arrive dans une société dont un tiers lui est inconnu, l'autre lierB. peu sympathique. Aucune intimité, aucune pensée commune, pas de conversation possible; les airs aH'ectés de tous le glacent, le paralysent... par-dessus le march6: l'atmosphère est irrespirable, les danseuses craignant les courants d'air. Quand 11 sort de là, et qu'il aspire l'air pur ot voit scintiller les étoiles, il éprouve un profond soulagement, — mais cela s'appelle s'amuser. Interrogcz-Ie le surlendemain, il ne se souvient plus que s'habiller a été une corvée, que chaque minute a ét& une minute d'ennui, qu'il a été malade; — non : bien amusé!
Habituons-nous donc à Juger du plaisir, non d'après l'opinion, mais d'après nos impressions réelles. Ne faisons point comme le Parisien à qui les moralistes reprochoni de ne pas s'occuper des choses, mais uniquement de a qu'on en dit. No vivons pas pour « le qu'en dira-t-on » Osons vivre d'une vie saine et vraie. Si quelque plaisir expérience faite, nous a paru insipide, n'allons pas, vanité, nous ■ suggestionner > h nous-mêmes que C'e9 un plaisir. La plupart des hommes qui vivent dans li monde y vivent si étourdiment, pensent si peu, qu'ifi ne réfléchissent jamais, et ne savent jamais où en ea leur bilan en fait de bonheur. Ils ne connaissent pas Ii monde qu'ils ont toujours sous les yeux « par la rai&oi qui fait que les hannetons ne savent pas l'histoin iiitturelle ' •.