AVANT D ENTRER
l'on L'iiiend par ce mot le souci sincère des mniix qï s'appf'^nntisscnt sur les faibles et sur les misérable! soyons ardemment socialistes! Si, être socialiste, c'es aimer son prochain, et se dévouer pour adoucir so sort, l'instituteur est par définition un socialiste.
Mais un fossé nous sépare des socialistes coUecI vistee : ils pensent qu'en réformant les lois conceruaa la propriété individuelle, ils riîformeront du môme cou la nature humaine. Nous ne pouvons, hélasl partage] cet optimisme trop manifestement chimérique : nou pensons que « la bêle humaine » ne mourra pas décret; nous pensons que le lendemain d'une révolulioi violente, l'orgrueil des hommes recommencera des castes analogues à celles qui, dans nos villes, nou séparent les uns des autres; nous croyons que l'avarie trouvera de nouveau le moyen d'exploiter la faiblesse que les ivrognes continueront à s'avilir et à ruiner leu famille; que les paresseux s'éviteront toute peine, e qu'ils chercheront à vivre au détriment des travail leurs; que les violents opprimeront les timides, et qa les sensuels satisferont leurs bas îuslincls par le moyens les moins honorables pour eux et les plu cruels pour leurs victimes.
Voilà pourquoi nous ne sommes pas coUeclivîstes nous pensons que la réforme sociale doit commence modérément par le Code, et vigoureusement par 1 morulisalion des masses. Faîtes les lois les plu humaines : si l'éducation ne fait en même temps de hommes pour les appliquer, et des hommes pour le subir, les lois ne serviront qu'à déplacer le mal, et peut être h l'aggraver. Voilà pourquoi, encore, nous penson que le problème social le plus urgent à résoudre, c'es celui de l'éducation morale.
PlNSTITDTEIÎR DEVANT LES QUESTIONS DE L'ÉPOQUE 247
i l'éducation d'une démocratie n'est pas l'œuvre <i'un instant. Pour que les ouvriers de la ville et de la campagne soient afTranctiis du joug' économii{ue qui pÈse sur eux, il faut qu'ils soient aussi affranchis du joug de leurs passions, de leurs bas instincts, de leurs vices, de leur paresse. Le jour où nos ouvriers seront instruits, énergiques, raattrea d'eus-mémes, sobres et vraiment tiumains, les questions sociales seront toutes résolues puisqu'à ce moment ils seront capables d'une union très forte pour des projets de longue haleine, et qu'ils sont le nombre, et qu'en République, '.e nombre fait la loi. Mais nous n'en sommes pas là; nous sommes en route vers cet idéal d'une démocratie maîtresse d'elle-même, et notre rôle est de hâter la marche, en hùtantrémancipationintellectuelleet morale des enfants du peuple.
Cette marche est lente, et voilà encore pourquoi nous sommes des « socialistes » raisonnables et modérés, et pourquoi la violence, la haine des classes, les injures des journaux et des réunions publiques, ne nous paraissent nullement avancer la marche des choses vers le mieux.
Il résulte de ce qui précède que la meilleure façon d'être un bon socialiste, consiste, pour l'instituteur, à faire tout son devoir en classe, et à le faire hors de sa classe en aidant à l'éducation des adultes.