Channing, Devoirs moranx des m\mici.paiilés
La solulion de la difficiiUé se trouve dans ce fait que
les volontés diverses se contrecarrent dès qu'elles pour-
Leuiveat des fins ég'Olstes, étroites, injustes; elless'addi-
l'tionnent dès qu'elles sont d'accord avec la justice ; elles
('forment alors uno force irrésistible.
La conditioa de l'accord des citoyens, c'est donc que r chacun poursuive son inlérût particulier dans le plan de [la justice.
Le rôle des fonctionnaires est ici d'uno importance
I capitale : ils doivent prêcher d'exemple et enfoncer par
leurs actes, dans l'esprit des gens, qu'il vaut mieux
« faire son devoir que faire sa cour •. Dans sa classe,
l'instituteur doit faire delà justice bienveillante sa règle
unique de conduite; en outre, il doit profiter de toutes
les circonstances pour montrer que, même dans une
société qui moralement laisse fort à désirer, les voies
tortueuses, l'injustice, l'oppression, l'exploitation des
Lliiibles, ne conduisent que par exception à la fortune et
■jamais au bonheur. La roule royale du succès, c'est la
[conduite probe et juste, et le respect des droits d'autrui.
Hors de cette route, il n'y a qu'inquiétudes, que
guerre sourde et intestine à attendre. Cetle nccessité,
chez les citoyens d'un État républicain, d'un profond et
délicat sentiment de ce qui est juste, indique au martre
sa tâche. La justice ne se défend pas toute seule, et ce
sont les citoyens qui doivent la faire respecter. Le
; devra donc prêcher d'exemple, et constamment
Bdémontrcr aux enfants la nécessité de ne jamais sup-
Ijtorter une injustice sans protester avec énergie, et de
Itoujours venir en aide au faible lorsqu'il est opprimé,
lins en lui témoignant de la sympathie, si on ne
Epeutlui offrir un secours plus eflicace.
La République compte beaucoup sur sci, instituteurs ?2.