‹ Aux instituteurs & institutrices: consoils & directions pratiquesChapitre 62 sur 78 · Sluait Mïll, Le fioiivernemenl représenlatij', ch. i · texte numérisé non relu

Sluait Mïll, Le fioiivernemenl représenlatij', ch. i

AVANT d'entrer DANS LA VÎE

ï plus généreux, et il consltlue pour le pays

t!t-nls

et pour la Ri^publique ud danger redoutable. C'est lui qui tend à fausser tous les rouages de notre troisième Ilépublique, et qui risque, ai nous n'y portons remède, de nous ramener au despotisme.

Les journaux violents nous font un mal terrible : chaque jour ils faussent un peu plus l'esprit public et chaque jour aussi, leurs rtSdactcura deviennent un peu plus insensés que la veille. Nous avons insisté déjà sur les devoirs des iustituteurs relativement à cette presse qui répond aux besoins spéciaux des < niais fougueux *. Les faits sociaux sont plus complexes que ne le soupçonnent les i?sprits simplistes, profondément ignorants, uomplëtemcat indifférents â la vérité et à l'équité, qui peuvent accepter la tfiche peu honorable de rédiger de tels journaux. Aussi, les rédacteurs fussent-ils de bonne foi, quelle aben-alion n'est-ce pas que d'aborder l'étud de faits si ténus, si emmêlés, avec l'exaltation et la v lence d'un liomme ivreî Ces journaux sont condamné! par les difticultés mêmes de toute enquête faite coni ciencieusement, à mentir sans scrupules, à transforme en questions haineuses de personnes les questions doB dépend la santé de la nation. Heureux encore sonimei nous, quand les questions internationales, desquelles I salut môme dépond, échappent h cette violence de fou furieux!

Aussi est-il urgent que l'instituteur cultive les facu tés régulatrices de l'enfant et des adultes. Il enseignei autour de lui le dédain de l'opinion publique en tai i[u'opinion. On peut développer la conscience et ! raison de l'élite des enfants; leur donner le besoia i convictions sinci'res et réfléchies. Un enfant peut, treize ans, éprouver un vif sentiment de la Juslîc

et il peut Être incliné à écouter les injonctions du devoir.

Quelle que soit la force de l'opinion publique, elle ne peut pas faire que ce qui est mal soit bien, et que ce qui est bien soit mal. Si l'opinion glorifie, ce qui lui arrive souvent, le vice ou la lâcheté morale, les citoyens doivent trouver dans leur propre conscience la force de résister à ce qu'on pense autour d'eux. La Patrie trouve dans le sentiment de son inviolabiUlé la force de regarder en face les haines des autres nations. De même, dans une démocratie, un grand nombre de citoyens, les yeux flxés sur la ligne inflexible du devoir, doivent constituer autant de volontés inébranlables opposées à l'esprit de parti et à l'opinion publique fnussée, qu'elle soit celle d'une minorité ou celle de la majorité.

Ici encore, l'instituteur donnera l'exemple de ce tranquille dédain de l'opinioa quand elle est inintelligente et injuste. Qu'il fasse ce qu'il croit devoir faire, sans esprit de contradiction, avec le calme et ta tranquillité qui conviennent h qui a réOécbi à ce qu'il fait : son autorité n'a qu'à y gagner, et malgré des colères passagËres, le respect va toujours à qui le mérite.

Page 1