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L'ÉCOLE NORMALE. — LES EXAMENS B

Le meilleur moyen de manquer le succès est de faire de l'examen le but bassement utilitaire des études. Lorsque l'horizon se rétrécit à ce point, toutes les études sont avilies i au travail intellectuel personnel, aux efforts tentés avec amour et si féconds en joies intimes et en résultats encourageants, on sutistitue une besogne hâtive, fiévreuse, sans joie et sans profit durable, analogue à ces repas qu'on engloutit à la hâte, dans un buffet, entre deux trains, et qui pèsent toute la soirée, mal digérés, sur l'estomac. Nous devons convertir les aliments de l'esprit en muscles de l'esprit, par un travail d'assimilation intime, qui constitue le vrai travail intellectuel. Ce travail demande un grand calme et l'absence des préoccupations angoissantes de l'examen. On le reconnaît à l'éveil rapide des idées, à la vigueur de l'intelligence, à l'énergie de l'attention et à un contentement intime, qui fait contraste avec Timpression déprimante et avec le sentiment de dégoût que laisse la besogne de la préparation directe à l'examen.

Nos élèves sont, pour l'ordinaire, plus disposés à des

efforts de mémoire considérables qu'à des efforts de

pénétration intense. Ils n'apprécient pas assez haut la

valeur de la culture personnelle. De même que dans un

L organisme malsain les muscles, le cœur lui-même, et le

H cerveau, sont atteints de dégénérescence graisseuse, de

KT même, dans une intelligence malsaine, tout dégénère en

efforts de mémoire. Les élèves apprenneni littéralement,

au lieu de se pénétrer, par une attention ardente, du

sujet de leur étude. Un bon élève d'école normale doit

considérer toutes ses études comme une occasion de

faire l'éducation de sa volonté, c'est-à-dire, ici, de son

attention : c'est cela surtout qui est le profit capital de

t Étude, fortifier sa pensée, observer avec pénétra- :

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lion, s'habituer h généraliser prudetnmonl et à les différences essentielles et les ressemblances plus cachées des choses et des idées. Celiî-IA étu« mal la physique, qui ne voit pas dans toute leçon n occasion de se perfectionner dans l'art d'observer nieusemcnt et de pénétrer son esprit de déilance' de doute : une expérience décisive est rare, tant complexité des choses est grande et tant notre iofirnl intellectuelle est certaine! De môme, k quoi peut bj nous servir » d'apprendre > un cours de morale, sî as ne faisons pas effort pour élargir et enrichir notre «1 ception de la justice; pour épurer la notion do digà personnelle e1 cultiver la délicatesse de notre respect ta personnalité des autres? Comme le disait déjà M< taigne, il faut • s'enrichir et se parer au dedans >... c'est non par le témoignage de sa mémoire, mais da vie, qu'on jugera du profit que fait l'élève : t le BOin ■ notre étude, c'est en être devenu meilleur et plus s&gt

Mais il faut cependant songer aux nécessités l'esamenl Nous ne les avons pas perdues de vue : jeune homme qui, pendant les (rois années d'école, au fait effort pour • se culliver », au lieu de se ■ bourrer n'aura rien à craindre de l'examen : sa compositi< française révélera à la commission une personi humaine au lieu d'un candidat, et personne ne se trou pera à ce » je no sais quoi », qui donne aux devoirs se révèle quelqu'un, une supériorité sans conteste sur les devoirs où se déversent des mémoires « hypertrophiées ».

Une préparation bassement utilitaire de l'exaraei appauvrit et stérilise l'esprit, parce qu'elle est um forme de l'égotsme; un éducateur doit se donner aux" autres, et il doit songer à bien développer ses facultés

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