‹ Aux temps héroïquesChapitre 3 sur 27 · POETE FOL · texte numérisé non relu

POETE FOL

C'est, par les airs, un entassement sombre De nuages. Horrible mont!

L'étang joncheux, miroir d'un val profond, S'est éteint dans un reflet d'ombre.

Comme vite au jour pâle vont.

Là-haut, ces vols d'ailes noires sans nombre !

Un éclair heurte une nuée, et sombre !

Et tout le ciel en eau se fond . . .

Mais le poète a doux martel en tête.

Ses yeux rêveurs ne voient pas la tempête

Euisseler aux sentiers couverts.

Ni les vents tordre en un chaos les branches. Enveloppé de foudre aux flammes blanciies. Il cisèle, impassible, un vers.

NOMININGUE

(Grand lac Nominiugue, province de Québec).

C'est, en forêt, un lac où règne un grand silence. Vingt monts aux noirs sommets soutiennent son bassin; Une île çh et là — tel un pâle dessin — S'estompe à peine, au ras du flot qui se balance.

Des grèves sans roseaux; au loin l'admirable anse Où s'éveille le jour comme sur un beau sein ; Puis des bois s'accrochant aux rocheirs, sombre essaim ; Puis d'autres en baut, droits comme des fûts de lance.

11 n'est que ce tableau. Mais quelquefois, pourtant, Ces bords, partout muets, s'animent un instant : Un cerf paraît, qui nage en renversant sa tête.

Il brame avec douceur daps les clartés du soir. On dirait un tremblant cantique de la bête. Aux êtres sans raison Dieu se laisse-t-il voir ?

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