‹ Aux temps héroïques; poèmesChapitre 8 sur 23 · L EXPEDITION DE DOLLAR · texte numérisé non relu

L EXPEDITION DE DOLLAR

Déjà, sur la chaumière où tremblaient les victimes, Le Destin, courroucé, vidait l'urne des maux.

Personne ne songeait encore à Desormeaux.

La vague retrouva son chant et sa cadence ; Le fleuve, libre, ouvrit le chemin de la France; On vit, sur le glaçon errant au gré des flots, Les corneilles marcher, tels de noirs matelots ; L'eau se couvrit d'azur, de reflets et d'étoiles ; Mais les pâles oiseaux qu'on prenait pour des voiles, D'un coup d'aile chassaient la douce illusion.

Il était temps de prendre une décision.

Le jeune Avril, déjà, sommeillait sur le sable ; Déjà l'essaim des fleurs envahissait l'érable; Des bernaches passant tombait le cri d'appel, Et les soupirs allaient vers la France et le Ciel.

Dollard.

« Sur la fin d'avril, M. Daulac, garçon de cœur et de famille . . . voulant faire ici quelque coup de sa main et digne de son •ourage.» Doli.ier de Casson

Dollard ne doute pas et ne discute guère; Il suit un idéal. Dieu sait ce qu'il peut faire. C'est un souple roseau qui se dresse, élégant, Et pourrait défier le fouet de l'ouragan. Qu'un jour l'enthousiasme enivrant du jeune , (die/, ce guerrier de- race, épouse le courage, El qu'une ardente loi consacre cet hymen. A l'audace d'un rêve on peut répondre. Amen' Mais qui donc pense à lui ? Pas un seul ne devine Ce qu'au livre des sorts écrit la main divine;

Et Dollard n'est eneor pour personne un géant

Que, dans l'ombre de Closse. 0Î1 puisse trouver grand,

Page 1