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et sa majestueuse colouuade. Le pout des Saints-Pères aboutit à la place du Carrousel, ainsi appelée en souvenir du grand tournoi (currus solis) qu'y donna Louis XIV. On traverse cette place en passant entre l'arc de triomphe de Napoléon et le monument Gambetta ; la rue de Rivoli nous sépare seule alors du Théâtre-Français, et devant nous s'ouvre la splendide avenue de l'Opéra.
Je n'entreprendrai pas de parler des musées du Louvre, «l'abord parce que je ne suis pas du tout expert en fait de peinture et de sculpture, puis je n'ai eu à ma disposition pour les visiter que quelques heures, à peu près le temps d'en parcourir les salles; seulement celles du musée de peinture forment une longueur de près d'un kilomètre, et renferment plus de deux mille tableaux.
C'est Catherine de Médicis qui construisit les Tuileries pour lui servir de palais, dans un endroit où se trouvait une fabrique de tuiles. Elles devinrent dès lors la résidence des souverains de France, jusqu'à Louis XIV qui transporta la cour à Versailles.
Leur destinée devait être des plus tragiques. En 1789, on y amena de Versailles l'infortuné Louis XVI qui n'en sortit que pour aller à la tour du Temple, et de là monter à l'échafaud. En 1830, la royauté de la Restauration succomba par suite de la prise du château, et de la fuite du roi; celle de Juillet s'éteignit de la même manière en 1818. Enfin les communards de Paris y mirent le feu. et en 1883 s'en fit la démolition complète. Sur les ruines on agrandit le jardin des Tuileries.
L'histoire du château des Tuileries se trouve intimement liée à celle du palais de Versailles, et amène naturellement quelques lignes sur cette maison de campagne des rois de France.
C'est le lendemain de mon arrivée à Paris qu'en compagnie de messieurs les abbés Baril, du séminaire des Trois-Rivières, et Lapointe, mon compagnon de voyage, j'ai visité Versailles, son palais et ses jardins.
Versailles est une ville de cinquante mille habitants, à trois quarts d'heure de chemin de fer de Paris. Création de Louis XIV, elle fut d'abord sa résidence d'été, puis la demeure permanente de la cour jusqu'après la prise de la Bastille, alors que la foule ameutée vint y chercher le roi-martyr pour le conduire dans sa capitale, au milieu d'un hideux cortège. Abandonné pendant longtemps à cause des dépenses qu'auraient entraînées sa restauration, le palais reprit son ancienne splendeur sous Louis-Philippe, grâce surtout à la fondation du ni usée historique, l'un des plus beaux de l'univers. Dans la guerre francoprussienne, il devint le siège du quartier général du roi de Prusse qui s'y fit proclamer empereur d'Allemagne. Après La capitulation Le gouvernement français s'y établit pour combattre de là la Commune. Enfin, en 1879, les Chambres quittèrent Versailles pour se fixer a Paris.
On est émerveillé à La vue de la magnificence qui règne en ces Lieux. Pour transformer cette campagne autrefois inculte, el lui donner L'apparence qu'on admire aujourd'hui; pour créer, en un mot, ces magnifiques jardins, ces pares, ces splendides avenues qui se croisent en tous sens, on conçoit que trente-six mille hommes e1 sis mille chevaux aient été mis à contribution à la fois.
Dans un endroit où Peau manquait complètement, on a rempli d'immenses réservoirs, et encore aujourd'hui le divertissement des Grandes eaux qui a lieu tous les mois, attire une foule énorme à Versailles, et coûte chaque fois une dizaine de mille francs.
Il y a aussi le Grand Trianon, construit par Louis XIV pour madame de Maintenon, et le Petit Trianon, séjour favori de Marie- Antoinette. Ce sont des petits châteaux composés seulement d'un rez-dechaussée, et qui n'offrent rien de bien intéressant en eux-mêmes.
A la vérité on ne jouit pas entièrement en contemplant toutes ces merveilles. Pendant que Louis XIV prodiguait les richesses en embellissements, l'Etat s'appauvrissait; ce déploiement de splendeurs orientales favorisa la corruption des grands et le mécontentement du peuple, et contribua pour sa part à amener la révolution de 89.
Le théâtre moderne, voilà la source empoisonnée où va s'abreuver de gaieté de cœur une foule avide de plaisirs et de nouveautés; elle y puise l'esprit de légèreté, le goût des aventures romanesques et la dépravation des mœurs.
Même ces pièces, prétendues bonnes par les familiers du théâtre. trop souvent ne sont pas sans danger, et renferment quantité de fausses maximes qui, à force d'être répétées, finissent par pénétrer dans le cœur et l'esprit de ceux qui ne cessent de les entendre, et pervertissent le Sens moral. Le mal est présenté et encouragé sous mille formes différentes et spécieuses, et le bien relégué trop souvent au second rang. Autrefois, on mettait en scène les grandes passions qui si1 partagent le cœur humain, mais du moins lorsqu'elles portaient au mal. on en reconnaissait facilement les funestes effets et elles inspiraient de l'horreur; le théâtre contemporain tend à tout travestir et à développer les pires instincts de la nature; et des paroles, contraires aux saines notions du devoir et de la vertu, sont mises sur les lèvres des personnages " honnêtes " de la pièce pour leur donner plus de poids.
Maintenant, jugez des amusements qu'on se paye dans cette seule ville de Paris. La Comédie-Française donne des représentations tous les soirs, et chaque fois, galeries, parterre, loges de famille, toute la salle regorge de spectateurs. Et il en est ainsi dans plus de trente: théâtres ou se presse tout un monde impatient de nouvelles sensations.
Sur les minuit, toutes ces salles de spectacles se vident. Les rues se remplissent de la multitude qui s'en échappe, et prennent une recrudescence d'animation. Que de désordres une seule nuit de la grande capitale renferme «huis ses plis ténébreux!
Le Parisien est vit et intelligent; il croit tout Bavoir et voudrait
<iu'il en fui de même pour les autres. 11 se prête volontiers à donner
des renseignements, mais il vous faul saisir su première explication ;
sinon, il s'impatiente H élève la voix. S'il se croit offensé, il devient
hautain et répond brusquement. L'un de nous, en train de bouquiner sur les quais, s'adresse un peu familièrement à un vendeur sur l'âge : " Mon vieux, combien. . . — Laissez-moi ce livre ! reprend aussitôt notre homme à la barbe blanche, est-ce que, vous aussi, vous ne vieillirez pas
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Paris — Notre-Dame.
un jour" ? puis il se renferme dans sa dignité blessée. Un autre, assis a table auprès d'un quidam que rien ue distingue du commun des mortels, lui demande polimenl un léger service qu'on est habitue à se rendre entre convives, et notre personnage «le répondre : " Je ne suis pas de service, appelez le garçon ".
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