DEPUIS LA PREMIERE AUDIENCE DU PAPE JUSQU'AU PREMIER JOUR DE L'AN
Une audience du Pape. — Sainte-Marie in Via Lata. — Une promenade dans Rome. — Le plain-chant. — Urbi et Orbi. — Sainte-Marie-des-Anges. — Prononciation du latin. — Le consistoire du 17 décembre. — Notre-Dame du Perpétuel-Secours. — Une première messe. — L'hiver. — Voie Appienne ; oratoire du Domine qno vadis ; Saint-Sébastien. — Voie d'Ostie ; Saint-Paul-aux-Trois-Fontaines ; Sainte-Marie Scala Cœli ; abbaye Saints- Sébastien-et-Anastase. — Aux eaux Salviennes ; chapelles de la Séparation et du Sauveur. — Dôme de Saint-Pierre. — Crèche de Noël. — Le Santissime Bambino de l'Ara Cœli. — Saint-Etienne-le-Rond. — Les deux Rome. — Le souvenir de ma mère.
^-^^^ eudi, :) décembre 1891. — -Le jour où Ton voit le Pape pour la
$ g première fois est uu jour mémorable ; il ressemble à celui
^^^^. de la première communion. Le Pape, en effet, est un autre
V Jésus-Christ sur la terre ; le voir, l'entendre, lui parler, a m est l'un des plus grands bonheurs auxquels on puisse aspirer. ^*S Mais, tandis que Jésus ressuscité se multiplie entre les mains de ses ministres pour se donner à tous, le Pape, absorbé par ses immenses travaux, doit rester confiné dans Rome, sa capitale. Aussi, le Père commun des fidèles ne peut-il se donner à ses enfants comme il le désirerait, et bien peu de personnes ont le privilège de l'approcher.
C'est grâce à Mgr Antoine Racine, évêque de Sherbrooke, que j'ai eu le bonheur de voir le Pape. Nous étions cinq prêtres du Collège canadien à l'audience : MM. les abbés Lefebvre de Sherbrooke, Auclair de Montréal, Plaisance de Québec, Lapointe et moi-même de Chicoutimi; et trois séminaristes : MM. les abbés Lortie et Kirouac de Québec, et Saint-Amour de Saint-Hyacinthe.
A midi nous faisions antichambre dans la salle des Audiences lorsque Monseigneur arriva, accompagné de M. l'abbé Proulx, vice-recteur de l'université Laval de Montréal. Sa Grandeur es! aussitôt introduite auprès du Saint-Père. Enfin notre tour est arrivé, et nous pouvons pénétrer dans l'appartement privé de Sa Sainteté. Quelle n'est pas notre émotion lorsque nous apercevons au fond d'une pièce étroite, assise dans un fauteuil adossé au mur, la personne vénérable «le Léon XI IL un vieillard maigre, décharné, à la pean couleur de cire! Ave,- quel res pect nous baisons sa mule, s<»n anneau, sa soutane blanche! Nous y tenons nos lèvres attachées, afin de mieux satisfaire notre piété filiale.