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CHAPITRE HUITIEME

TEKRE SAINTE

L'Asie. — Jaffa. — De Jaffa à Jérusalem via la plaine de Saaron, Kariathiarim, Térébinthe. — Jérusalem ; historique ; mont Calvaire et basilique du Saint-Sépulcre ; mont Sion ; mont Moriah ; vallée de Josaphat. — Excursion à la mer Morte via Saint-Jeandu-Désert, Saint-Sabas, le Jourdain, Jéricho, Béthanie. — Chemin de la croix dans les rues de Jérusalem. — De Jérusalem à Nazareth via Xaplouse, Djénine- — Nazareth. ■ — Excursion au lac de Génézareth via mont Thabor. — Retour à Jaffa via mont Carmel et Zamarine.

^^^^ rrusalem, samedi, 20 février 1892. — L'Asie est un continent % privilégié. En effet, les contrées baignées par le Tigre et

^^^ l'Euphrate ont été le berceau du genre humain. Dieu y plaça

M le paradis terrestre, et c'est cette terre qui servit à former

fe W le corps du premier homme. Le Tout-Puissant descendait

^*-^ dans ces lieux et s'entretenait familièrement avec nos pre-

miers parents.

Ce fut la patrie d'Abraham, fils d'Héber, que Dieu choisit pour être le père d'un peuple innombrable, le peuple d'où devait sortir le Messie. Les Hébreux se fixèrent dans la terre de Chanaan ; plus tard, lors d'une grande disette, ils durent émigrer en Egypte ; mais, au temps fixé par la Providence, ils revinrent aux lieux que Dieu avait donnés en héritage à Abraham et à ses descendants, sur les bords du Jourdain, dans la Terre promise qui devait être la patrie de l'Homme-Dieu, du Dieu Rédempteur.

La vie du monde s'est longtemps concentrée sur cette partie de la terre; c'était le cœur de l'humanité. Les plus grands événements s'y déroulèrent; des royaumes fameux s'y succédèrent. Les empires de Xinive et de Babylone sont à jamais célèbres; les noms des Sémiramis, des Nabuchodonosor, des Cyrus et des Darius rappellent des conquêtes et des splendeurs qui n'ont pas été surpassées. Le commerce de Tyr et de Sidon s'étendait à la terre entière.

Aujourd'hui, dans ces pays marqués du sceau de la grandeur et de la prospérité, on ne voit pins que des ruines. Ils portent la trace des ans et de ses ravages. Les pierres des chemins, des routes séculaires nous disent le deuil et la désolation qui ont remplacé la j<>i<' el la prospérité des anciens jouis.

De même les ténèbres couvrent les intelligences qu'illuminaient les rayons de la divinité; la dépravation 'les mœurs .1 enlevé la volonté pour le bien; l'abus des ^vÂcc^ ;i amené l'abâtardiasemenl des caractères.

Mais toujours cette terre, la première habitée, attire l'humanité.

Glorieuses furent ses destinées, et son histoire est la leyon des siècles. Elle fait .songer à la vieillesse qui inspire le respect bien que tout soit en décadence chez elle. Les rides couvrent la figure; les membres sont devenus engourdis ; les organes fonctionnent à peine sous l'impulsion de l'aine qui s'en détache déjà; les yeux sont insensibles aux couleurs, et les oreilles aux sons ; le gosier est impuissant à l'effort de la voix. Mais nous aimons à contempler ce vieillard, à nous entretenir avec lui; c'est qu'il représente une génération disparue, que tout en lui nous parle du passé. Sous cet œil demi-éteint, nous voyons encore l'étincelle qui l'animait ; dans ces rides qui labourent son front, nous découvrons la pensée puissante qui les a creusées; ces mains tremblantes, ces pieds hésitants sous le poids d'un corps pourtant bien amaigri, autrefois furent fermes et souples. Que de réflexions pleines d'instruction et d'attrait nous attirent vers les antiquités, hommes et choses, qui ont l'expérience et les ans î

Mais surtout nous foulons la terre que Jésus a parcourue durant sa vie mortelle, et qui s'est ouverte pour recevoir sa croix en même temps que son sang adorable.

La désolation règne aujourd'hui en ces lieux. Les hommes n'ont pas voulu reconnaître le Messie qu'ils attendaient, et le déicide a apposé un sceau de malédiction sur toute la contrée. Il y règne un deuil de mort. La nation juive a renié celui qui l'avait choisie pour de sublimes destinées; lui, à son tour, s'est détourné d'elle, et l'a mise au rebut des nations. Dieu a l'éternité pour rétablir les droits de la justice parmi les hommes, mais les peuples doivent subir leur châtiment dans le temps. Malheur à ceux qui prévariquent et attirent les foudres de la colère divine ! Leur punition est la leçon des siècles. Ces pensées assiègent l'âme du pèlerin qui aborde la Terre Sainte.

Partis d'Alexandrie le jeudi, nous arrivions à -Tafia après une journée de navigation. La rade est peu sûre; lorsque la tempête souffle, le vaisseau ne fait pas escale et force est aux passagers de l'aire le voyage «le Beyrouth. Nous crûmes que tel serait notre sort, mais le vent s'apaisa, et nous entendîmes l'ancre descendre à notre grande satisfaction; nous voyons en même temps les chaloupes se détacher de terre et venir vers nous. Le premier qui met le pied sur le pont est l'officier de la quarantaine. Bientôl le sinistre pavillon jaune est abaissé, et seul le croifisam! flotte dans les airs. C'est le moment pour notre drogman d'entrer en fonction, car nous avons an drogman importé d'Alexandrie. < "est l'intendant de l'hôtel Bonnard, qui a réussi à se faire accepter pour nous guider en Terre Sainte. Son nom est Simon Sélek: il est d'un aplomb Imperturbable, el ne doute de rien; il sait faire parade de la moindre connaissance qu'il peut avoir. Tel est l'homme en qui ieposent

nos destinées.

Tout d'abord il entre «m fonction en nous commandant de laisser dans nos cabines malles el colis, el de ne pus bouger, ("est que les agents des maisons de pension ont fait Irruption sur le pont et que le

siège des passagers est commencé, ("est an brouhaha indescriptible;

on s'arrache les voyageurs. Au milieu de la confusion générale nous restons stoïques spectateurs suivant la consigne reçue, jusqu'au moment où se présentent les agents de la maison Cook, hommes de forte stature, d'une tenue digne, tout de rouge habillés. Nous recevons l'ordre de faire un tour à droite, un pas en avant, et de nous mettre sous la protection de cette compagnie anglaise qui donne des billets circulaires pour le monde entier, a partout des voitures ou des embarcations à la disposition de ses clients qu'elle conduit dans des hôtels lui appartenant.

Nous partons pour Jaffa pendant que le paquebot lève l'ancre et se prépare à prendre le large. Nos bateliers qui portaient encore les traces d'une abondante transpiration, tellement ils avaient ramé d'action pour arriver bons premiers, se remettent à la manœuvre plus modérément. Un mille nous sépare de terre ; des rochers à fleur d'eau qui ne laissent qu'un passage étroit, offrent quelque danger; nous les traversons au chant cadencé d'une prière à Allah et à Mahomet, son prophète. Sur les quais, pas une voiture. Nous nous rendons pédestrement au monastère des Pères Franciscains à travers des rues étroites et sales, bordées de magasins à l'aspect misérable.

Jaffa est bâtie en amphithéâtre sur une colline élevée. C'est une ville antédiluvienne, l'une des plus anciennes du monde. Elle vit construire l'arche de Noé; on amena dans son port les cèdres du Liban qui devaient servir à la construction du Temple de Salomon. Le prophète Jonas, se dérobant à l'ordre du ciel, vint ici prendre un vaisseau en partance pour Tharsis.

Jaffa fut sujette à bien des vicissitudes; elle devint tour à tour la proie des Arabes et la possession des chrétiens. Saint Louis allant à la conquête du tombeau du Christ, y séjourna; Napoléon, en quête de renommée, s'en empara; l'ombre du vainqueur des Pyramides, du Thabor et d'Aboukir plane encore mystérieusement sur le monde oriental.

Mais des traditions plus précieuses s'attachent à Jaffa. Le chef des apôtres y reçut la mission de faire entrer dans l'Eglise les Gentils dont nous sommes. Jusque-là les Juifs avaient seuls le privilège d'être le peuple de Dieu, parce qu'il était le seul héritier des promesses divines et qu'il devait donner au inonde le Messie promis et attendu. Dans ce but Dieu le tenait isolé des autres nations. Si quelquefois il se laissait pénétrer par le flot montant de la dépravation générale qui battait sans cesse en brèche ses croyances et ses mœurs, il subissait des hontes et des défaites, et devait revenir forcément au Dieu qui le punissait pour le conserver à ses hautes destinées. Le Juif le comprenait; et il savait qu'il était une race à part, la seule élue. Le reste des hommes étaient des païens qui n'avaient jamais le droit de mettre les pieds «lans les parvis de son Temple; leur seul contact le rendait impur el l'obligeai) a de nombreuses purifications. Il était intimemenl convaincu qu'il n'en pouvait être autrement et que le salut ne pouvait s'étendre en dehors de la Judée.

Il est vrai que Jésus est venu d'abord pour les Juifs, pour son peuple de choix, mais il est mort pour tous les hommes, et tous les hommes ont part à la Rédemption. Les Cent ils eurent toujours In grâce suffisante pour aller au ciel, niais le sang de l'Homme-Daeu devait rejaillir

sur eux avec plus d'abondance; ils devaient entrer dans l'Eglise du Christ, et jouir de tous les privilèges des enfants de Dieu.

La circoncision charnelle devait être remplacée par le baptême de l'Esprit-Saint. Juifs et Gentils étaient appelés à s'asseoir à la même table eucharistique, participer aux mêmes mystères, avoir les mêmes droits aux largesses divines et à l'héritage dû ciel.

L'apôtre Pierre, à Jaffa, le païen Corneille à Césarée, dans le même temps eurent chacun une vision ; celui-ci reçut Tordre d'envoyer chercher a Jaffa Simon, surnommé Pierre, car : k> Vos prières et vos aumônes sont montées en la présence de Dieu, et il s'en est souvenu " ; à celui-là. Dieu fit connaître qu'il devait aller à Césarée vers le païen Corneille et sa famille pour les admettre dans l'Eglise, car : " N'appelez pas impur ce (pie Dieu a purifié ".

C'est ainsi qu'en abordant en Terre Sainte nous recevons le salut fraternel et que nous apprenons tout le prix de la prière unie à l'aumône. C'est d'ailleurs ce que proclame encore la résurrection- de la veuve Tabith de Jaffa, obtenue à la demande de ses compagnes qui suppliaient l'apôtre Pierre en s'écriant: " Elle donnait aux pauvres; elle leur faisait de ses mains des tuniques et des vêtements ".

Jaffa ne nous retient pas longtemps. Nous n'étions qu'à douze heures de Jérusalem et il nous tardait d'y arriver. Là vont les soupirs de nos coeurs, les élans de nos âmes. Nous nous installons dans deux grandes berlines traînées chacune par trois chevaux mis en rang, et nous partons.

Le chemin est bordé d'arbres fruitiers; les ténèbres nous empêchent de les voir, mais leur parfum les trahit; il paraît qu'il se fait sentir jusqu'à un mille sur la mer; lorsque le temps est favorable, l'air en est saturé. C'est le paradis des oranges. Nous avons eu à notre souper fies mandarines; l'écorce s'en détache d'elle-même, comme d'ailleurs elles s'mi vient et s'effeuillent; elles fondent dans la bouche.

Le pays que nous parcourons est rempli de souvenirs bibliques. Nous traversons d'abord la célèbre plaine de Saaron ; elle a huit lieues de long et s'étend depuis la Méditerranée jusqu'aux montagnes de là Judée. Elle a été le théâtre des exploits de Samson. C'était le territoire des Philistins, ces hommes terribles qui firent une guerre inlassable au peuple de Dieu, toujours à l'affût, souvent Finstrumenl de la colère de I >i<*n pour punir les infidélités de la nation ingrate.

Cette plaine est d'une fécondité extraordinaire; encore aujourd'hui. laissée sans culture, «'lie se couvre spontanément de mille fleurs aux couleurs variées.

Apres trois heures de marche nous arrivons ;i Lydda, petite ville de sept a huit mille âmes, comme Jaffa et Ramleh. La population esl arabe el mahométane; les catholiques sont peu nombreux. Même dans centres livrés à l'erreur, on rencontre quelquefois an monastère tenu par les Pères Franciscains on par «les Sœurs de l'Apparition «le Saint- Joseph qui prodiguent leur zèle pour tous, musulmans, schismatiques • m catholiques. C'esl que les Franciscains sur rr\\r terre inhospitalière ont presque le monopole du dévouement, ("est un héritage qu'ils ont reç/n de leur bienheureux Père saint François d'Assise qui vint luimême en Terre Sainte; ils le conservent an prix de mille sacrifices et de leur sang, ('liasses souvent, ils sont toujours revenus an lien de

l'immolation et du labeur incessant. Les œuvres des Lieux Saints, ce sont eux qui les ont créées et les maintiennent au prix de misères et de travaux sans nombre.

Lydda comptait une chrétienté dès le temps des apôtres. Saint Pierre s'y rendit un jour pour y confesser les'" saints "; il guérit un paralytique retenu au lit depuis huit ans. Le miracle fit grand bruit, et produisit nombre de conversions. C'est la patrie de saint Georges, le guerrier-martyr. Les croisés transportèrent son culte en Occident et l'Angleterre l'adopta pour son patron. C'est ainsi que le pays qui gagne ses victoires plutôt dans les sphères paisibles de la diplomatie que sur le terrain sanglant des batailles, a pour protecteur un homme de guerre, un cavalier superbe terrassant un dragon de son épée flamboyante, tandis que la France, nation guerrière terrible sur les champs du combat, marche sous les étendards d'une bergère, sainte Geneviève.

Notre première étape se fit dans un café turc; ce n'est pas un hôtel, pas même un logement quelconque, mais un simple appentis, un auvent, un camp sans plancher où sont étendues pêle-mêle une dizaine de personnes, tandis qu'à côté les chevaux mangent une maigre paille coupée de quelques grains d'avoine. La nuit était froide. Nous prenons dans une petite tasse quelques gouttes de cette liqueur de café si hautement appréciée dans les pays orientaux, et nous nous remettons en route.

Nous passons par Ramleh, l'ancienne Arimathie, la patrie du noble sénateur Joseph et de Nicodème qui descendirent de la croix le corps de Jésus et l'ensevelirent. Là se trouve la tour des XL Martyrs, l'une des tours de garde de trois cents pieds carrés échelonnés sur la route de Jaffa à Jérusalem ; elles protégeaient les voyageurs contre les brigands qui infestaient la région au milieu du siècle. Le couvent des Franciscains servit de logement à Bonaparte et à son état-major. Après leur départ, les gens du pays, en haine des Français, massacrèrent tous les religieux. Quand on ne peut se venger sur les vrais coupables, on se rabat sur les personnes consacrées à Dieu qui ne portent pas l'épée et ne savent que pardonner.

Il était deux heures de la nuit lorsque nous arrivâmes à Bablouette où nous devions passer la nuit. Nous pensions arriver dans un village; nous ne trouvâmes qu'une chétive maison où les voyageurs reçoivent l'hospitalité bien misérablement. Les fatigues du voyage aidant, nous pouvons prendre un peu de repos; mais nous avions encore de la lassitude dans les membres, lorsqu'il nous fallut entreprendre la seconde moitié de la route à parcourir.

C'est dans les environs que se trouve El-Latroun, la patrie du bon larron.

Nous quittons la plaine de Saaron pour prendre la montée de Jérusalem. Après deux heures de marche, nous arrivons â Kariathiarini. devenu Abougauche, <lu nom d'un brigand célèbre, la terreur «le la région, qui se faisait payer un tribut par les voyageurs. Ibrahim-Pacha en délivra le pays.

L'Arche d'alliance y demeura vingl ans dans la maison «l'un lévite, jusqu'au temps où David la transporta dans son palais du mont Sion. A l'arrivée des Hébreux dans la Terre promise, elle ;iY;iit été dressée ;i Silo. Prise par les Philistins, elle fui déposée chez eux à Azot. Là, elle renversa les statues des fans dieux, el attira les malheurs, les maladies

et la mort eu terre infidèle. Effrayés, les Philistins la mirent sur un chariot auquel ils attelèrent deux vaches; celles-ci, laissées à elles-mêmes, se dirigèrent sur Kariathiarim.

Nous faisons balte à Térébintke. ne serait-ce que pour ramasser au torrent quelques cailloux, eu souvenir de la pierre qui terrassa le géant Goliath. Les collines qui nous entourent retentirent des insultes des Philistins, mais aussi des cris de joie et de reconnaissance du peuple de Dieu après la victoire du jeune David.

Le pays est frappé de stérilité et de tristesse. Sans doute que tous ces coteaux étaient autrefois couverts de vignes. Aujourd'hui, on n'aperçoit plus que rarement un petit village formé d'une terre rapportée fixée au flanc de la montagne,, et retenue par des remblais de roches brutes.

Enfin nous voilà sur les hauteurs, et Jérusalem appâtait à nos regards. Nous descendons de cheval pour saluer la Cité sainte à genoux; nous baisons la poussière du chemin, et nous entonnons le cantique des tribus montant à Jérusalem. Pèlerins d'outre-mer, après avoir traversé les océans et les continents, nous nous écrions: " Laetatus sum in his quac dicta siuit mihi, in domum Domini ibimus... Xous nous sommes réjouis dans la parole qui nous a été dite, que nous irions dans la maison du Seigneur; nous entrons dans cette ville où déjà nous ont précédés tant de tribus, pour y célébrer les louanges du Seigneur. O Jérusalem, cité de Dieu, donnez-nous le repos et la paix que Dieu réserve à ceux qui l'aiment, avec toute l'abondance de ses biens!"

Jérusalem, dimanche, 21 février 1892. — Jérusalem! Jérusalem! Quel nom rappelle de plus grands souvenirs ! Quelle ville fut jamais le théâtre de plus extraordinaires événements ! Dans son enceinte se déroula le drame sanglant et divin de la Passion et de la mort du Dieu- Eédempteur; fait unique dans les annales du monde, qui a réconcilié la terre avec le ciel. Devant pareille destinée pâlit la gloire de Rome où de faibles mortels luttèrent pour des conquêtes terrestres, tandis qu'à Jéèrusalem, c'est Dieu qui conquiert aux hommes le royaume céleste. Elle est la Ville sainte que les patriarches ont habitée el rers laquelle se pressent encore les générations humaines, heureuses de baiser le pavé de ses temples, de s'agenouiller sur les pierres de ses chemins, de respirer cette atmosphère surnaturelle qui se dégage de ses monuments, de

aines, el «le tout son sol, d'adorer L'Homme-Dieu dans Les lieux qu'il a sanctifiés de sa présence, de ses miracles, de ses paroles, et de tout son sang. El c'esl ce bonheur donl nous jouissons aujourd'hui; bonheur tellemenl inattendu que nous n'aurions pas osé en avoir seulement la pensi

Suivanl la tradition, Jérusalem esl ^ancienne Salem fondée deux mille ans avanl Jésus-Chrisl par Melchisédech, roi el prêtre du Très- Haut, contemporain d'Abraham. Les Jébuséens la conservèrent cinq

cents ans, alors qu'elle tomba au pouvoir des Hébreux au retour, de la terre d'Egypte, mais la citadelle même de Sion résista à tous les assauts. David s'en empara enfin vers l'an mil avant Jésus-Christ.

Le gouvernement du peuple de Dieu fut d'abord théocratique. Seulement Dieu désignait des personnages pour le conduire à sa place dans des circonstances critiques: c'étaient les juges. Las d'obéir à un chef qu'ils ne voyaient pas, ils demandèrent des rois à la manière des autres nations. Dieu leur accorda Saûl. David lui succéda; il transporta l'Arche d'alliance à Jérusalem dont il fit la capitale de son royaume. Pour la recevoir, Salomon bâtit le temple qui porte son nom et qui est le monument religieux le plus riche et le plus célèbre de l'antiquité.

Le royaume d'Israël était alors à l'apogée de sa gloire ; il ne fit que diminuer ensuite. Et d'abord, sous le règne du fils de Salomon, eut lieu le schisme des tribus ; dix se séparèrent pour former le royaume d'Israël, tandis que le royaume de Juda, formé des tribus privilégiées de Juda et de Benjamin, resta le véritable Terre sainte où se conserva le dépôt de la vraie foi et des traditions messianiques.

La Palestine est une étroite lisière de terre d'une dizaine de lieux de profondeur entre la Méditerranée et. le Jourdain, qui s'étend vers le nord à une trentaine de lieues jusqu'aux premières ondulations du Liban. Elle a toujours été l'objet des convoitises des nations voisines habitant les contrées arrosées par le Tigre et l'Euphrate ou les bords du Ml.

Elle servit de champ de bataille à des rois rivaux et ambitieux qui s'y rencontrèrent dans des combats sanglants et désastreux; elle subit leur joug avilissant quand elle ne réussit pas à les dominer. Mais la Providence veillait sur son peuple; elle le châtiait pour le ramener, elle ne l'abandonna jamais complètement. L'ange du Seigneur extermina l'armée innombrable de Sennachérib ; les murs de Béthulie virent porter en triomphe la tête du général Holopherne qu'une pauvre femme avait apportée pendant que les ennemis, épouvantés de la mort de leur chef, prenaient la fuite. Des prophètes, suscités de Dieu, vinrent, en temps opportun, ranimer de leurs discours enflammés le patriotisme de leurs compatriotes et les ramener au Dieu de leurs pères.

Entourée des peuples idolâtres, la nation juive ne cessait de glisser sur la pente de l'apostasie. Le royaume d'Israël, le plus coupable, le royaume schismatique, prévariqua le premier et tomba sous les coups des Assyriens; ses habitants furent déportés en terre étrangère dans le royaume du roi de Ninive, et remplacés par ceux qui les avaient vaincus, afin d'introduire en Israël les mœurs et les divinités païennes. Ils formèrent le peuple des Samaritains qui resta toujours distinct du peuple juif. Moins de deux sièeles plus tard, en 721, Juda, à sou tour, fut vaincu par Xabuchodonosor, et ses habitants furenl déportés. Privés de leur temple et de leurs cérémonies sacrées, ils firent entendre sur les rives étrangères les chants de l'exil, el pleurèrent sur les bords de l'Euphrate Jérusalem et sa grandeur évanouie, niais les descendants d'Abraham. d'Isaac et de Jacob avaient des destinées à remplir dans les vues de la Providence; ils ne pouvaient s'y soustraire.

Les événements préparaient l'avènement du Messie en groupant le monde sous un seul sceptre. A celle fin les quatre empires prédits par le prophète Daniel allaient apparaître, chacun u son tour, but la scène du monde. Celui t]<-± Mèdes, au delà du Tigre, ne dura pas longtemps;

1(J4 AUX VIEUX PATS

il dut céder devant les Perses, peuple jeune et fort, qui habitait plus à l'orient. Cyrus le conduisit à la victoire ; il s'empara de Babylone et permit aux Juifs de retourner dans leur patrie, afin de restaurer leur temple et de rétablir le culte du vrai Dieu. Le troisième empire fondit du Nord comme la foudre: Alexandre traversa les nations en les subjuguant. A Jérusalem, le guerrier, auquel rien ne résistait, vit venir à lui au lieu d'une armée rangée en bataille, une procession de prêtres, revêtus des ornements sacerdotaux, et portant devant eux les Livres S;iints ouverts a l'endroit où est raconté, plusieurs siècles à l'avance, le récit extraordinaire de ses victoires. Le héros macédonien, interdit cl flatté, sentit tomber sa colère et laissa Jérusalem jouir de son autonomie.

Alexandre, après avoir étonné le monde, finit sa brillante carrière a l'âge ou les autres hommes commencent à peine la leur. Il mourut sans héritier, et laissa ses conquêtes, comme une dépouille, à ses généraux. Les Ptolémées régnèrent en Egypte, où ils eurent des années glorieuses; les Séleucides, en Syrie, avec des destinées moins brillantes. Ces deux dynasties se disputèrent le pays mitoyen, la Palestine qui étouffait sous l'étreinte «les deux adversaires rivaux. Antiochus. prince impie de la race des Séleucides. résolut d'établir définitivement l'idolâtrie chez le peuple juif qui ne voulait pas apostasier complètement et gardait toujours la foi dans sa mission. C'est alors que se leva une famille de héros qui ranima une dernière fois la flamme mourante du patriotisme: les Macchabées chez qui le sentiment religieux s'unissait au plus pur amour de la patrie. Par des prodiges de valeur, ils arrachèrent le royaume de Juda a la Syrie, et régnèrent pendant cent soixante ans. Mais le quatrième empire annoncé par Daniel, s'étendait sur toute la surface de la terre. Pompée attaqua la Palestine et la lit entrer dans le grand Tout romain. Les Hérode régnèrent sous le protectorat de Rome ; ils avaient i]cs idées de grandeur, mais pas de patriotisme; le pouvoir était leur ambition. Enfin Rome envoya un procurateur pour gouverner en son nom. Les temps étaient accomplis; le sceptre était sorti de Juda. Le Messie rnupiil ;i Bethléem; mais il ne fut pas reçu chez "les siens", qui le méprisèrent et le tirent mourir à Jérusalem.

L'infidèle Jérusalem, suivant la parole même du Christ, devint un monceau de ruines. Elle se releva sous Adrien, mais avec les livrées du paganisme. Le Calvaire l'ut surmonté ^^s statues de Jupiter et de Vénus. Mais qui peut prévoir les vues de la Providence ? Les idoles sacrilèges restèrent là comme <}i>s témoins authentiques pour permettre à l'impératrice Hélène, deux cents uns plus tard-, de découvrir l'endroit précis du tombeau du Sauveur.

La domination romaine dura six siècles: les Arabes sous Omar, sucseur de .Mahomet, s'emparèrent alors de la Terre Sainte: vint plus lard le grand mouvement des peuples d'Occident pour la délivrance des Lieux S;iints; le royaume de .1 érusa leni dura moins d'un siècle; et Jérusalem retomba de nom-eau au pouvoir des .Musulmans, et le croissant n'a rrvse depuis ;, ];, ],,,ii!" ,|,. 1;, , • 1 1 ce I i e ] 1 1 e. de flotter au-dessus lie ce

pays conquis.

Dana le cours tragique de son existence mouvementée, Jérusalem lut ruinée bien des fois, et 1rs décombres s'accumulèrent; après le siège

inoubliable de Titus ou nuit l'ut mis ;i feu ci a sang, cul lieu le passage

sanglant du cruel Chosroès de Perse, et celui non moins terrible du fanatique Hakem d'Egypte.

Jérusalem obéit aujourd'hui à la Sublime-Porte; le sultan de Constantinople est son maître. Les personnes qui remplissent les charges importantes de l'Etat viennent de la Turquie, et le langage officiel est le turc, tandis que l'arabe est la langue du peuple.

Jérusalem est déchue de son ancienne grandeur; elle est couverte d'un voile de deuil; la malédiction de Dieu pèse sur elle.

La cité de David, la patrie des croyants, est devenue la ville cosmopolite des religions. Elle est restée la ville sainte des chrétiens qui viennent y adorer leur Dieu mort dans ses murs, vénérer le tombeau qui n'a pu retenir son hôte divin; les Juifs viennent y pleurer les malheurs de leur nation sur un pan de mur en ruine échappé à la destruction du Temple, tandis que les disciples de Mahomet ont fait de la mosquée d'Omar un lieu de pèlerinage.

C'est un spectacle étrange pour un catholique, solennel en même temps que triste, de voir tous les chrétiens, même les protestants et les schismatiques, se presser autour du tombeau du Christ, dans cette ville qui a vu passer tant de peuples, subi tant de jougs et tant de profanations, mais qui est toujours restée la Terre Sainte.

lLe Calvaire ou le GoU/otha. — Nous logeons en dehors de la ville, près de la porte Jafr'a. L'hôtel Howard est bâti dans un quartier nouveau à l'aspect européen. Nous ne tardons pas à nous rendre à la Casa Nova des Pères Franciscains où nous rencontrons le Frère Liévin, l'auteur bien connu du Guide de la Terre Sainte, qui veut bien nous accompagner. Sous une épaisse barbe blanchie par les ans, il paraît encore alerte; ses yeux et sa démarche sont vifs; sa conversation est agréable et instructive; sa robe de bure, la ceinture à nœuds autour de ses reins, des pauvres sandales qui laissent les pieds à découvert: tout en lui prêche la pénitence. Depuis plus de trente ans qu'il habite la Terre Sainte, il l'a parcourue en tous sens, et il en connaît l'histoire dans tous les détails.

Nous traversons d'abord le quartier juif. Les maisons sont basses et mal bâties; les rues sont sales et étroites. Des comptoirs avec des marchandises étendues pêle-mêle les bordent, et ce sont bien des Juifs ces hommes aux épaules larges et voûtées, au regard cupide, qui s'en détachent. On sent que la malédiction pèse sur cette race* déicide, sur ces ruines qui nous entourent de leur solennelle et lugubre majesté.

Notre première visite ou notre premier pèlerinage, est à la basilique du Saint-Sépulcre. Et lorsque nous descendons les marches nombreuses qui nous y conduisent, nous pouvons à peine croire à notre bonheur. Nos cœurs battent bien fort lorsque nous franchissons 1»' seuil de l'enceinte sacrée. Nous tombons d'abord a genoux au milieu des pèlerins qui se succèdenl autour de la pierre de l'Onction, m nous baisons pieusement l'endroit où fut d'abord déposé le corps de Jésus à la <]<■> «••'nie de la croix. Puis nous prenons, tout auprès, l'escalier qui monte au Calvaire. Le voila donc ce rocher qui recul l'instrument du suppliée de notre divin Sauveur; nous ne pouvons que nous prosterner, le front dans la poussière. Le péché es1 doue un bien grand mal puisqu'il a été lu cause de la mor1 de l'Homme-Dieu ! Les hommes sonl donc bien

méchants puisqu'ils continuent à le commettre ! Dieu est donc bien miséricordieux puisqu'il ue cesse de leur pardonner ! Sur le Golgotha tout orgueil disparaît pour faire place à l'humilité et à la contrition les plus profondes.

Et si le cœur ne s'ouvre pas à la componction et à l'amour de Dieu, c'est qu'il est plus dur que la pierre du rocher qui se fendit à la mort du Sauveur. On perd le seutimeut de son entourage et de son être pour s'anéantir dans la contemplation d'un Dieu mort pour nous, et des larmes repentantes et douces coulent en silence. Il semble que le plus grand bonheur de l'homme soit de s'offrir à Dieu au lieu même où Dieu expira pour lui.

Nous descendons du Calvaire pour aller au saint Sépulcre. Nouvelles émotions non moins profondes. Sur cette pierre du tombeau repose toute notre foi ; elle est divine, puisque cette demeure sépulcrale n'a pu retenir celui que la mort lui avait confié. Jésus en est sorti glorieux sans briser le sceau que les hommes avaient apposé : " Il n'est plus ici, dit l'ange aux saintes femmes, il est ressuscité, comme il l'avait annoncé". Et la voix des siècles s'élève imposante, forte du témoignage des martyrs et des docteurs, qui répète à tous les échos: " Celui que vous cherchez parmi les niorts.n'est plus ici ; il est ressuscité ". Et nous entendons en nous la voix de notre conscience et de toutes nos convictions qui nous crie : " C'est ici qu'on avait déposé la dépouille mortelle du Sauveur, mais il est sorti triomphant du Sépulcre ".

La basilique du Saint-Sépulcre présente un aspect étrange et unique.

Au centre est le rocher dans lequel était taillé le tombeau de Joseph d'Arimathie. On l'a isolé, de sorte qu'on peut en faire le tour, et que cette rotonde s'élève comme un monument glorieux au-dessus du Sépulcre vide. Un escalier d'une vingtaine de marches monte au Calvaire; un autre s'enfonce dans la terre jusqu'à la piscine où furent enfouis les instruments du supplice de Jésus et des deux larrons, afin que leur contact ne pût communiquer une souillure légale.

Il y a des chœurs, des couloirs sombres, un déambulatoire, des autels pratiqués dans le roc. des rosaces incrustées dans le pavé pour indiquer les endroits plus particulièrement sanctifiés dans cette église où chaque pouce de terrain est une relique.

La basilique renferme de plus «les Logis pour tous les sacristains et employés des différentes églises qui ont droit d'y pratiquer leur culte: >]>■* galeries-intérieures sont garnies de chambres à leur usage. Le soir. les portes se ferment a clef sur tout ce monde qui ne peut plus sortir. et reçoil sa nourriture par un guichet pratiqué dans la porte d'entrée.

Nous assistons a la procession (pii ;i lien tons les jours à quatre heures et quart de L'après-midi. Elle se t'ait aux principales stations qui rappellent La passion, la mort et la résurrection du Sauveur. On les parcourt en chantant des hymnes et formulant «les prières. Les Pères nous offrent un processionnal el un cierge allumé. En sortant de la sacristie nous nous trouvons d'abord dans Les chapelles de L'Apparition de Jésus ;i sa sainte Mère <•( à sainte Madeleine; de la nous gagnons le déambulatoire H nous nous arrêtons à la grotte étroite e| sombre qui servil de prison au Ohrisl pendant les préparatifs du crucifiement; nous prenons L'escalier qui conduit à l'endroit où priait L'impératrice Hélène pendant que l'on faisail i\^^ fouilles pour trouver la vraie Croix, et, des-

cendant encore davantage dans la terre, nous arrivons à la chapelle de l'Invention de la Croix. Nous montons au Calvaire d'où nous revenons à la pierre de l'Onction, et à la rotonde du saint feépulcre. La procession s'arrête à l'autel du Saint-Sacrement où se font des cérémonies plus ou moins solennelles suivant la fête du jour.

Cette procession est vraiment impressionnante et pieuse; je me propose d'y prendre part tous les jours.

iiraiirna— tkTumtmwm «iimwii minutum— 'r

. "ÇfrtMT .

Jérusalem — -Basilique du Saint-Sépulcre.

L'église actuelle n'est pas le monument qu'éleva la pieuse munificence de la mère de l'empereur Constantin, l'impératrice Eélène; elle a été détruite et reconstruite plusieurs fois. Le temple actuel appartient au gouvernement ottoman eu vertu du droit de le force» Le sultan, comme le dernier de ses sujets, se fait payer des bakchiches sous toutes les formes. C'est ainsi que chaque pied de terrain dans l'église 'lu Saint- Sépulcre a éié vendu et appartienl an plus haut enchérisseur. Les Latins, les Grecs, les Arméniens non-unis, les Coptes-Abyssins payenl pour l'usage des chapelles qui leur appartiennent, on pour le privilège d'avoir des offices aux autels communs ;i plusieurs religions. L'église elle-même est gardée par des soldats turcs qui ouvrent la porte de la basilique mo-

yennant finances et se tiennent à l'entrée, dédaigneux et hautains,, à deniieouchés sur des divans.

Les religions qui se partagent l'église du Saint-Sépulcre, à part les Latins, appartiennent toutes aux rites orientaux et remontent aux premiers siècles de l'ère chrétienne, alors qu'on se séparait de l'Eglise non pour se donner une vie plus facile, mais à la suite de controverses théologiques. Les premiers chrétiens, ceux des Catacombes, n'étaient pas exposés à tomber dans le schisme; on n'avait que le temps de rivaliser de zèle dans la foi; on se donnait de mutuels exemples d'édification tout en se préparant dans le silence et la prière au martyre. Mais lorsque le grand Constantin arbora le labarum au C apitoie, la foi chrétienne obtint droit de cité. La lumière du grand jour et la gloire du triomphe éblouirent les esprits; l'orgueil développa des ambitions; les discussions commencèrent, discussions dangereuses dans un temps où la doctrine n'était pas incrustée dans des formules précises, et alors que l'infaillibilité de l'évêque de Rome n'était pas encore reconnue. Il fallait beaucoup d'humilité et d'esprit de foi pour ne pas se laisser entraîner au désir d'innover. Des esprits inquiets et aventureux se demandèrent l'abord si le Christ était Dieu et si Marie était la Mère de Dieu. Arius, simple prêtre, parut qui dit : '4 Xon, le Christ n'est pas Dieu puisqu'il n'est pas éternel ; il n'est pas éternel, puisqu'il a été engendré. Donc, la mère du Fils de Dieu n'est pas la mère de Dieu ". Le premier concile fut convoqué à Nicée ; plusieurs centaines d'évêques y assistèrent et l'évêque de Rome le présida. Il fut décidé que le Fils de Dieu a été engendré et non fait, que la parole substantielle de Dieu ou son Verbe, est éternel comme Dieu le père, et de même substance, " consubstantiel à son Père ". Marie est donc la Mère de Dieu.

Xestorius, patriarche de Constantmople, soutint la divinité du Verbe de Dieu contre Arius; mais il recula devant les conséquences. "Le Fils de Dieu, dit-il, en s'unissant à la nature humaine lui a laisse sa personnalité propre comme il a conservé la sienne distincte et éternelle. Il a habité dans la créature comme dans un temple. Donc Marie n'est pas la mère de Dieu, niais seulement de la personne surhumaine à laquelle Dieu s'unit intimement,

Les évoques se réunirent de nouveau à Ephèse. la ville de Marie, et proclamèrent qne dans le Christ il n'y a qu'une seule personne, que cette personne est la seconde personne de la Sainte-Trinité, que Marie

-;i mère véritable selon la chair, et que. par conséquent, Marie est véritablement la mère de Dieu.

I.«- peuple s< m t eiui i t la émise de Marie, mère de Dieu. Lorsqu'il connut la décision de L'Eglise, il déborda d'enthousiasme. Il lit un triomphe ans Pères du Concile en chantanl :"Marie est la Mère de Dieu": •"i se Baluait, en disant; "Marie est la Mère de Dieu".

C'eBl alors que paru! le moine Eutychès. Tl prétendit contre Néstorius qu'il n'y ;i qu'une personne en Jésus-Christ, mais il alla plus loin en Boutenanl qu'il n'y ;i aussi qu'une nature, la nature divine qui a souffert la mort pour nous.

El de nouveau l'Eglise s'assembla à Chalcédoine, et, sous le souffle • lu Saint-Esprit, décida que la personne «lu Christ a deux natures, dont l'une a souffert el expié, et l'autre :i communiqué un mérite infini aux

actions de la première. Marie est la mère non d'un Homme — Dieu dont la nature humaine a été absorbée par la divinité, mais d'un Homme — Dieu chez qui la nature humaine subsiste dans la personne du Fils de Dieu.

Plus tard les Grecs subtils discutèrent sur la personne du Saint- Esprit. Ils nièrent qu'elle procédât du Fils comme du Père, mais soutinrent qu'elle avait été engendrée, comme le Fils, du Père seul. Ils refusèrent en même temps dans leur ambition orgueilleuse, de reconnaître la suprématie de l'évêque de Rome, successeur de saint Pierre.

Les ariens, les nestoriens, les eutychéens, les Grecs orthodoxes nonunis se séparèrent de Rome, mais en corps, et ils gardèrent tout le rite extérieur. La hiérarchie ecclésiastique se conserva intacte, au contraire de ce qui est arrivé chez les hérétiques modernes où prêtres et évêques ne sont que de simples laïques.

Ce sont les descendants de ces premiers dissidents qui se partagent le Saint-Sépulcre avec les catholiques romains, et, sur tous les autels, s'offre vraiment pour le salut du genre humain la même victime qui s'immola une première fois sur le Calvaire. Et toutes les religions rivalisent ainsi de zèle et de piété pour proclamer le même Christ, Jésus de Nazareth, adorer sa divinité, et lui rendre un culte public et solennel. ' C'est au milieu de la nuit que le saint Sépulcre appartient une première fois aux catholiques. Mes compagnons de voyage, un peu fatigués, retournèrent à l'hôtel, et je restai pour dire la messe. Un frère me conduisit au réfectoire où je rencontrai le R. P. Diez, de l'ordre des Dominicains, mon compagnon d'autel, car il y a du temps disponible pour deux messes.

Je me mets au lit, mais sans pouvoir clore l'œil. Mon esprit est trop rempli de toutes les émotions de la journée et de la pensée de la messe que je vais dire, pour me permettre de reposer. Je commençais toutefois à m'assoupir lorsque dans le silence de la nuit arrivent à mon oreille des chants lointains qui cessent lentement et reprennent. En effet des offices religieux se célèbrent toute la nuit, et des prières et des chants s'élèvent sans cesse sous les voûtes du temple le plus auguste de l'univers. Sur les quatre heures, nous entendons des coups redoublés à la porte de notre chambre avec des cris: "Vite! vite! Dépêchez-vous! " C'est qu'il ne faut pas perdre de temps pour que la place soit libre lorsque se présentera le ministre d'une religion dissidente. Autrement il pourrait y avoir des risques regrettables. Nous nous rendons donc en toute hâte à la sacristie. On comprend mon émotion lorsque, revêtu des ornements sacrés, je suis dans une demi-obscurité le servant qui me conduit ; à l'entrée du saint Sépulcre, je dus me baisser pour pénétrer à l'intérieur. J'ouvre le missel; il ne contient qu'une messe, celle de Pâques. Ici il n'y a ni Noël, ni Pentecôte, ni Avent, ni Carême, ce sont toujours les alléluias, les cris de reconnaissance el <lu triomphe de Pâques. A In communion je sortis du cavean sépulcral pour distribuer aux fidèles Jésus ressuscité. Je jetai un coup d'(eil dans la basilique, et je vis errant dans les ténèbres quantité de personnes en même temps que j'entendais des chants religieux venir de différents endroits.

Ah! vraiment, le tombeau de Jésus est glorieux. Les peuples y viennent de partout y ont retenir une garde d'honneur. Tei, nous ne craignons i»;is d'étendre notre prière; je prie pour ma famille <•< mes amis,

pour mes paroissiens et mes supérieurs, pour les vivants et pour les morts, pour la patrie et pour le monde entier. Car Jésus est ressuscité pour tous, afin que tous ressuscitent avec lui et par lui.

Mont s ion. 22 février. — Jérusalem repose sur deux rangées de montagnes. Bézétba, Moriah, Ophel. à l'orient sont séparés de Gareb Aéra "et Sion par la vallée de Tyropéon. Le mont Soôpus la borne au nord : de tous las autres côtés elle est entourée de ravine et du torrënt de Cédron; les monts des Oliviers, du Scandale et du Mauvais- Conseil lui servent de contreforts.

Grâce à eette conformation de terrain exceptionnelle. Jérusalem occupait une position stratégique qui la rendait presque inexpugnable; aussi la forteresse de Sion resta la possession des Jébuséens, lorsque tout le pays appartenait déjà au peuple conquérant; David s'en empara, y transporta la capitale de son royaume qui avait été jusque-là Silo d'Ephraîm, et donna son nom à la tour : Turris David ica. Aujourd'hui le mont Sion est isolé et inhabité ; la charrue a passé sur cette terre qui était couverte d'une population si dense; et la citadelle s'élève solitaire. Seuls les Arméniens non-unis habitent en petit nombre ces lieux; un monastère de religieuses est bâti sur l'emplacement du palais du grandprêtre Anne, l'âme du Sanhédrin qui condamna le Juste. C'est dans cette demeure qu'on amena d'abord Jésus enchaîné; il y subit son premier interrogatoire et y reçut son premier soufflet. De là on le conduisit chez le grand-prêtre de l'année. Caïphe, gendre d'Anne. Là il fut jugé digne de mort au moment même que Pierre, son disciple, le reniait 'la us la cour d'entrée. Le palais épiscopal des Arméniens s'élève à l'endroit traditionnel où, sur l'ordre d'Hérode Agrippa, petit-fils d'Hérode le meurtrier de Jean-Baptiste, fut décapité saint Jacques le Mineur, le premier évoque de Jérusalem, à son retour d'une course apostolique dans l'Espagne dont il est resté le patron.

C'est sur le monl Sion que Jésus envoya, le Jeudi saint, ses apôtres Pierre et Jean pour préparer le repas pascal. Jésus y célébra la dernière cène avec ses apôtres, institua la sainte Eucharistie et le sacerdoce, et épancha sa tendresse extrême pour les hommes dans un dernier discours, le plus beau sorti du cœur d'un Dieu.

Le Cénacle a été la première église de la Loi nouvelle. Après le Calvaire et le Sépulcre, il n'est pas «le lieu plus vénérable sur la terre. Sur la Croix Jésus-Chrisl s'est immolé; dans le Cénacle Jésus-Christ continue l'œuvre de la Croix par l'immolation mystique de son corps et 'le 80D sang, et livre aux hommes sou corps à manger et son sang à boire.

.Mallielll-eiiselneill l.i salle .||| «Viliicle ;i ] .] »;| et iell t aujourd'hui ail\ .M 11-

sulmana et leur sert de mosquée. Les chrétiens n'ont pas droit d'y pénétrer. Ils ne peuvent qu'entrevoir de loin un lieu qui leur appartient, prier el gémir a la nie du sacrilège, el soupirer après des jours meilleurs.

Lorsque Jésus tomba au pouvoir de ses ennemis au jardin des Oli-

3> les apôtres enrayés se retirèrent au monl Sion; r\-s\ là que les

saintes Femmes vinrent, les premières, leur annoncer la nouvelle de

l'enlèvement de leur maître, puis de sa résurrection. Le soir du même

jour, Jésus leur, apparaît dans la salle du Cénacle où ils s'étaient retirés, les portes closes. Huit jours après il est encore au milieu d'eux; et il force l'apôtre Thomas, absent lors de la première apparition, et resté incrédule, à mettre les doigts dans ses plaies et à s'écrier : " Mon Seigneur et mon Dieu ". Il leur donna alors le pouvoir de remettre les péchés.

Les apôtres retournèrent en Galilée où Jésus leur apparut à différentes reprises; ils revinrent pour le temps de l'Ascension; et c'est encore là, au Cénacle, qu'ils reçurent le Saint-Esprit au jour de la Pentecôte; là aussi qu'ils élurent l'apôtre Mathias à la place du traître Judas.

Jean, à qui Jésus mourant a confié sa sainte Mère, réside sur le mont Sion. Tous les jours il offre les saints Mystères et tous les jours Marie reçoit dans son cœur Jésus, son divin Fils. Là elle mourut vers l'an 56, à l'âge de soixante-douze ans.

L'apôtre Thomas avait une maison sur le mont Sion. On y montre la grotte où l'apôtre Pierre pleura si longtemps son péché. Là demeurait Marie, mère de Jean-Marc. Un jour les quelques chrétiens qui composaient l'Eglise primitive étaient dans la désolation. Leur chef, Pierre., avait été jeté en prison, et l'on s'attendait d'apprendre la nouvelle de sa mort. On était à offrir des prières bien ferventes pour sa délivrance, lorsqu'on entendit frapper à la porte. La servante alla ouvrir, mais apercevant Pierre lui-même elle crut à un revenant et referma la porte sur lui. Lorsque Pierre se montra, on crut que c'était son bon ange; il fallut que l'apôtre leur raconta comment Dieu l'avait délivré des mains de ses ennemis, et tous rendirent grâces au ciel. On a bâti à cet endroit une église, qui appartient aujourd'hui à la secte des Syriens jacobites.

On croit généralement que les Frères Mineurs, sous la conduite de leur vénéré fondateur, vinrent d'abord s'établir au mont Sion; en 1219.

Nous parcourûmes ces lieux déserts et désolés, la tristesse dans l'âme.

Mont Moriah ou de l'Eternel. — Avant Jésus-Christ il n'y avait qu'un seul peuple qui fût le peuple de Dieu, le peuple juif; et qu'un seul temple consacré au vrai Dieu : le Temple de Salomon sur le mont Moriah. David en réunit les matériaux, mais Dieu ne voulut pas qu'il le bâtit à cause de tout le sang qu'il avait versé dans ses guerres; cet honneur échut à Salomon, son fils, le roi Pacifique. Le jour de la dédicace, le Très-Haut descendit d'une manière sensible dans le nouveau temple et le remplit de la majesté de sa présence. Le temple dura quatre cents ans jusqu'à Xabuchodonosor qui le livra aux flammes, et emmena le peuple en captivité. Après sept semaines d'années, Cyrus, roi des Mèdes, le nouveau conquérant^ permit de le rétablir. Tl s'éleva de nouveau sur le Moriah, mais combien moins beau que le premier ! Cependani destinées furent plus glorieuses puisqu'il devait recevoir le Christ, le Messie attendu. Quelques années avant la naissance du Sauveur, Hérode, qui aimait à faire grand H cherchait à s'attirer les bonnes grâces des Juifs, en fit un monument étincelant d'or et d'argent comme le premier. C'est ce temple qui fut détruit de fond en comble par les Romains, sans qu'on ail jamais pn le relever de ses ruines, suivant les prophéties.

< "est que les ligures ont fait place à la réalité, et au Temple unique de Salomou ont succédé les églises catholiques répandues sur toute la surface de la terre. L'immolation sanglante des victimes ne se pratique plus, mais sur l'autel s'immole mystiquement la victime pure, sainte, immaculée. Nos lieux saints si silencieux avec leurs tabernacles solitaires ne peuvent nous donner une idée du Temple de Salomon rempli du bruit des animaux qu'on amenait pour les sacrifices. Au centre des parvis concentriques était le temple proprement dit, et, au centre du temple une salle carrée d'une trentaine de pieds où l'on conservait ce qu'on avait alors de plus précieux : les tables de la Loi données sur le mont Sinaï, la verge d'Aaron et la manne du désert. Le coffre qui les

tu ^SsF-

Jérusalem — Emplacement du Temple de Salomon.

renfermait était protégé par le propitiatoire sur lequel étaient posés deux anges dont les ailes étendues remplissaient toute la salle. C'était le Saint des saints où ne pénétrait que le seul grambprêtre une fois l'an, pour offrir un sacrifice au Très-Haut et prononcer le nom trois fois saint de Jéhovah. l'n voile un étoffe précieuse le séparait du Saint qui renfermait l'autel des l 'a rfums. les tables de la Proposition, et le candélabre a sept branches.

<)u descendait par un large escalier de quinze marches au parvis intérieur réservé aux prêtres et aux lévites, ("est là qu'on amenait les animaux pour les sacrifie]- sur l'autel t\i'<. Holocaustes. Il y avait deux

autres parvis «ni cours avec galeries ouvertes; l'un était destiné aux .luit's; et h- plus éloigné du centre, aux Gentils, ("est la (pie se faisait

le commerce des animaux pour les sacrifices, et l'échange des monnaies

pour les offrandes. Oe s<»nt ces marchands que Jésus chassa du Temple

<»u du troisième parvis avec un fouet, .lesus ne mit jamais les pieds dans la partie réservée aux prêtres.

NOUS avons dirigé notre course aujourd'hui du côté du mont Mo riah, et nous sommes revenus par la vallée de -losapliat. A la place du

Temple de Saloinon selève la mosquée d'Omar qui fait de Jérusalem la troisième ville saiute pour les mahoniétans; après la Mecque et Médiùe c'est ici qu'ils vienneut eu plus grand nombre. Jérusalem est la ville sainte pour les catholiques, les Juifs et les partisans de Mahomet.

On ne peut se défendre d'un sentiment de religiosité en même temps que de tristesse, en pénétrant dans la mosquée. En apercevant à travers la grille dorée qui l'entoure et la portège, la cime dénudée du mont Moriah qui sort péniblement de terre tandis qu'une riche coupole semble vouloir l'élever vers le ciel notre pensée remonte les siècles jusqu'aux patriarches. C'est ici la montagne que gravit Abraham avec son fils portant le bois du sacrifice; c'est ici, au-dessus de Taire d'Onan que se tenait l'ange du Seigneur, lorsqu'il remit dans le fourreau le glaive de la vengeance divine. Tout le temps que dura le Temple de Salonion,

Ccmlrescaipe

ce rocher, sanctuaire de l'Arche d'alliance, fut soustrait aux regards profanes. Aujourd'hui le Saint des saints appartient à l'erreur, mais il est encore l'objet de la vénération d'un peuple nombreux qui vient s'y prosterner et adorer la divinité.

Mais comme il est pénible de constater jusqu'où peut aller l'aveuglement d'un peuple dominé par un imposteur qui le séduit. Ou nous montre le quartier de rocher qui voulut suivre Mahomet comme il partail au ciel recevoir des instructions; heureusement l'archange Gabriel arrêta à temps le rocher lorsque déjà il ne touchait plus à la terre, de sorte que la foi musulmane le voit encore suspendu sans support. <>n nous montre de même l'empreinte que laissèrent les pieds du faux prophète en cette circonstance. Il y a trois clous qu'on conserve précieusement et pour cause, car la lin du monde arrivera lorsqu'ils seront arrachés. Il y en avait d'abord dix-neuf d(»nt un seul devail être enlevé ion* les cent ans; mais un jour le mauvais esprit s';uiius;i méchamment à les faire disparaître; on s'en aperçut a temps pour prévenir une catastrophe, mais

il n'eu restait plus que trois; ou nous les montre encore, mais de loin seulement.

Nous visitâmes la mosquée d'El-Aksa à l'endroit de la Présentation

au Temple.

Nous nous arrêtâmes longtemps dans la plaiu-3 que couvraient autrefois les parvis du Temple. Devant nous passèrent des femmes juives. la figure complètement couverte par un long voile blanc. Quelquesuues°portaient un enfant sur leurs épaules, à la mode du pays; la mère parait â l'aise sous son fardeau, et l'enfant, si haut juché, est tout à fait

chez lui.

Il était près des trois heures. Nous vîmes apparaître sur les minarets des mosquées les prêtres de Mahomet ; les muézins firent le tour des galeries en chantant les louanges d'Allah et de Mahomet son prophète, et en invitant le peuple à la prière. Institution touchante et éloquente que ces voix humaines, cloches vivantes, invitant le peuple à faire trêve à leurs occupations journalières pour adorer l'Eternel.

Vallée de Josaphat. — La vallée de Josaphat est un lieu rempli .le souvenirs impressionnants et pénibles à la fois qui inspirent des pensées graves et salutaires. Il n'y arrive que des échos de mort et de silence; tout porte à la méditation et à la prière.

Elle commence au nord de Jérusalem, non loin du tombeau des Juges, descend entre le Moriah et les Oliviers et s'étend au sud en une v;iste plaine où la tradition place le jugement général à la fin des temps. Au fond coule le torrent de Cédron: petit filet d'eau dans le temps de la se heresse qui devient une rivière tumultueuse dans la saison des pluies.

Une étroite lisière de terre, des petits coteaux précèdent la côte abrupte des Oliviers. C'est un lieu solitaire où Jésus se rendait avec ses apôtres; il y passait des heures et des nuits entières en prière. C'est dans une grotte, conservée telle qu'elle était alors, mais transformée en chapelle, que Jésus se retira pour prier, le soir du Jeiuli saint : cette terre a recueilli le sang de l'agonie; elle est un calice précieux. A un jet .le pierre est le jardin des Oliviers qui fut témoin de la trahison de l'infâme Judas, et de l'arrestation de -Jésus. Phis bas sont des monuments funéraires: celui de la Sainte Vierge qui est devenu l'église de l'Assomption, ceux d'Absalon, le Mis rebelle, du pieux roi Josaphat, de l'apôtre Jacques et «le Zacharie. Là commencent les cimetières: celui des Juifs, relui il. s M il su lu unis, celui d" II are] <1 aina rliainp du sang — acheté avec les trente deniers de la trahison «le Judas, devenu le cimetière des étran-

C'esl -h:- ces collines en amphithéâtre que Salomon et des rois impies bâtirenl des liants lieux infâmes, élevèrenl <l<-s autels aux divinités païennes : Baal, Molok, Astaroth d'où les dénominations de mont du Scandale de vallée île Géhenne ou de l'Enfer. C'est sur le mont du Mauvais-Conseil que Caïphe avait réuni ses conseillers dans sa maison de campagne pour décider avec eux la mort de désus de Nazareth.

Le torrent de Cédron, après avoir dépassé le mont Scopus qui vit la rencontre du conquérant Alexandre avec le grand-prêtre Jaddus,

prend sa course vers la mer Morte où il se jette après avoir traversé les terres de Benjamin et de Juda. Sur tout son parcours il coule sur un lit creusé dans des gorges profondes et au fond des précipices.

Nous remontons à la ville par Siloé et nous nous arrêtons à la célèbre piscine où Jésus guérit un aveugle de naissance avec de la salive et de la boue. Sur le haut de la côte, nous passons près de l'endroit où vivaient isolés les pauvres lépreux. Xous en rencontrons plusieurs qui nous demandent l'aumône.

Jérusalem- — Jardin des Oliviers.

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