‹ Auzias March et ses prédécesseursChapitre 112 sur 302 · LA FAMILLE DES MARCHS · texte numérisé non relu

LA FAMILLE DES MARCHS

Chapitre (1). D'autre part, il s’y organise, dès 1412, une Ecole des Arts et de Grammaire (2), d’où sortira plus tard l’Universilé. Son succès est si grand qu'il faut agrandir quelques années après l'édifice primitif et qu’en 1424, les jurés allouent cent florins par an à un poète, Maestro Guillen Veneciano, c'est-à-dire de Venise, pour lire ou expliquer, comme il l'avait fait déjà auparavant, les poètes qui lui seraient désignés. Cette année-là, le Manual de Concells de la cité spécifie que ses lectures auront lieu chaque jour, même les Jours de fête, et porteront alternativement sur l'Enéide de Virgile et la Consolation de Boëce (3).

Tel est l’état des lettres en Catalogne et à Valence vers 1430, à l'époque où Auzias March commence à écrire.

Les poètes provençaux et français continuent à s'imposer à l'attention des Catalans, malgré les résistances de quelquesuns d’entre eux. On adopte leurs genres et leurs thèmes ; on imite leurs procédés ; on les traduit même quelquefois. Il se produit une nouvelle floraison de la chanson d'amour ; mais par ses qualités natives la race catalane suit plus spontanément les tendances didactiques et moralisatrices qui s'étaient manifestées dans la littérature provençale, à partir du xrri siècle,

A cette expansion de la culture française au sud des Pyrénées, la fanulle des Marchs, chez qui le goût de la poésie est considéré comme un deses plus beaux titres de noblesse, a pris une part prépondérante, peut-être déjà avec Bartholomeu, mais sûrement avec Jacme, Pere et Arnau. La fondation du Consistoire de Barcelone lui est due en partie, et Valence devient bientôt, grâce à elle, un foyer poétique plus actif et plus brillant que celui de Barcelone.

C’est dans ce milieu particulièrement bien préparé pour les.

(1) M. Verasco y Sanros, op. cit., p. 13.

(2) Zbid., p. 18.

(3) « Continuant loablement per cascuns dias, axi fainers com de festes, per alternats dies, la lectura dels libres de Virgili Eneydos é del Boeci de Consolaci6. »-

Cité par M. Verasco, op. cit., p. 22, note.

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