‹ Auzias March et ses prédécesseursChapitre 113 sur 302 · CraP. II. — TA POÉSIE CATATANPODE 1393 A · texte numérisé non relu

CraP. II. — TA POÉSIE CATATANPODE 1393 A

comprendre que sont apportés, vers la fin du xrv® siècle, les ouvrages des trois grands écrivains italiens, inspirés eux aussi des troubadours. Aussitôt ils sont l’objet de la faveur publique. On recherche avidement dans les pages de Dante, de Pétrarque ou de Boccace ce que l’on demandait alors à la plupart des auteurs, des règles de conduite, des maximes de sagesse, des exemples édifiants. Tantôt ils fournissent quelques traits isolés, quelques formules saisissantes : tantôt leur esprit souffle pour ainsi dire à travers les nouvelles poésies, même les plus conformes aux prescriptions de l'Ecole Toulousaine.

Au contact de l'Italie se précise et grandit le besoin de se retremper aux sources de la culture gréco-romaine. Si l’antiquité n’est pas encore étudiée pour elle-même, les traductions qu’on donne d’abord des auteurs latins, puis des auteurs grecs, n’en annoncent pas moins les approches de la Renaissance.

Mais la Scolastique et la Théologie dominent encore les intelligences. Le Thomisme triomphe et les Dominicains vont partout répandant la doctrine du maître, s’efforçant de concilier le Dogme et Aristote. Nul, même parmi les chevaliers et les laïcs, ne peut se soustraire à cet empire de la pensée.

C’est sous ces influences qu'a mûri le talent d'Auzias March. Après les essais encore un peu timides et secondaires de ses précurseurs, il va rimer à son tour éomme l’ont fait ses parents et construire une œuvre où il laissera entrevoir, plutôt qu'il n'exposera, le meilleur de sa science et de son expérience.

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