‹ Auzias March et ses prédécesseursChapitre 120 sur 302 · cHAP. II. — LES IDÉES D’'AUZIAS MARCH SUR LES FEMMES · texte numérisé non relu

cHAP. II. — LES IDÉES D’'AUZIAS MARCH SUR LES FEMMES

cienne ». Rien dans les œuvres du poète auxquelles il se réfère

ne nous autorise à l’affirmer.

IT

Nous ne pouvons donc rien dire de la femme qu'a chantée Auzias March, sinon qu'elle s'appelait Thérèse et qu’elle était un modèle de perfection. Mais, à défaut de détails plus abondants, voyons si elle nous apparaît sous des traits précis, avec un visage qui respire la vie. Contemplons, avec l’aide du poète parlant de Bell’ ab bon seny, dont la physionomie ressemble, à s’y méprendre, à celle de Zur entre carts, « celle qu’il aime, qui elle est, quels en sont les mérites » qui am, qui es, que val (1).

C’est une chose singulière qu'il n’ait donné d'elle, dans ses nombreuses poésies, que des descriptions vagues et incomplètes. Au point de vue physique, elles se bornent à quelques traits épars dont aucun n'est vraiment caractéristique. Elle a un beau corps ; sa beauté est éblouissante. Le poète l’affirme assez souvent (2). Une seule fois 1l parle de son teint blanc et de ses yeux noirs, et encore en termes tels que des doutes subsistent surle bien fondé de l'interprétation (3). Le corps et la voix sont faibles et les paroles rares (4). En revanche, si ces caractères sont susceptibles, suivant lui, de frapper l'attention du vulgaire, il en est un qui n'est sensible qu'aux gens € subtils » (5) et auquel Auzias March attache la plus grande importance. C'est le geste, lo gest, que Montemayor, dont il faut toujours se défier, confond avec le visage et traduit inexactement par l’espagnol «rostro ». Le geste, comme tout mouvement, a son principe, suivant les scolastiques, dans l’âme même dont il est

Page 1