‹ Auzias March et ses prédécesseursChapitre 126 sur 302 · CE QU'IL LEUR REPROCHE · texte numérisé non relu

CE QU'IL LEUR REPROCHE

Cette inégalité, contraire aux lois de l'amour qui exigent une bienveillance réciproque, cette injustice soulève chez lui de fréquentes réclamations.

Il la blâme, d’autres fois, de ne pas éprouver pour lui le véritable amour et de le faire retomber par ses charmes physiques dans les errements et les folies de sa jeunesse. C’est l'éternel reproche de l’homme à la femme, d'Adam à Eve qu’il accuse de l’avoir entraîné dans sa faute :

Si com Adam pres mal del vedat gust, com sa muller li mostrà mal cami, dient : « Adam, mengem d’aquest boci, e semblarem a Deu qui es tot just », ne pren a mi, Car mon seny ha cregut la voluntat fent li promissié que be’nservint aconsegria dé que per null temps tal no fon conegut.

Plena de seny, yo vull e Deu dispensà que per amor yo fenesca mos jorns ; mas, si m’escap, per null temps daré torns

per dona qu’en ver’amor se defensa.

Ce qui manque le plus aux femmes, c’est la fermeté et la constance en matière d'amour pur (1) :

Car fermetat de dona y es mester !

Cette inconstance a pour origine leur inintelligence foncière, c’est-à-dire leur nature trop affective, où l'appétit tient plus de place que la raison, et c’est à tort que l’on prétend les aimer

pour leurs vertus :

O Foll’Amor, malament se arrisca qui per virtuts vol amar nulla dona.

Sa calitat y ‘lIloch la fan ser bona,

car en rah6 qual serà la que y visca ?

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