‹ Auzias March et ses prédécesseursChapitre 146 sur 302 · LXIV · texte numérisé non relu

LXIV

Yo crem d’ivern e d’estiu tremoli (2).

Et ce sont des variations du même genre, le même emploi de l’antithèse, qui font la beauté de quelques-unes de ses œuvres, notamment des pièces Perquè m'es tolt et Per lo cami de mort he cercat vida, où il réussit à nous dépeindre, avec une vigueur peu commune, les goûts et les dégoûts que lui inspire le fol amour.

Il connaissait peut-être la fameuse pièce à contraires Tots jorns aprench de son compatriote Jordi de Sent Jordi et plus sûrement le sonnet de Pétrarque dont elle est imitée, Pace non trovo e non ho da far guerra. Son père même avait usé du procédé (3). Mais quelques-uns des traits que nous avons cités semblent se rapporter davantage aux troubadours. Il suffit, pour s’en assurer, de les comparer aux nombreux exemples

(1) « E trobim nutz, e m truep vestitz.» (Anonyme, Aprer, Chrest., 12 éd., D182); (2) B. pe VENTADORN : Que l’iverns me sembla flor e la neus verdura. !

(Barrsen, Chrest., 50).

(3) Dans sa pièce la plus connue A! punt c'om naix comence de morir.

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