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CHAPITRE IV

LES POÉSIES AMOUREUSES {suiie). RAPPORTS D 'AUZIAS MARCH AVEC DANTE ET PÉTRARQUE

De la Provence à l'Italie il n’y a qu'un pas. En étudiant l'influence qu'ont dû exercer les Italiens sur Auzias March nous ne quitterons pour ainsi dire pas la poésie des troubadours où est contenu en germe tout l'art de Dante et de Pétrarque. Ces affinités secrètes ne semblent pas avoir échappé aux poètes catalans. Vers la fin du xi1v® siècle, Lorenz Mallol imite, dans des strophes encore à demi-provençales, une canzone de Pétrarque (1). Mais c'est surtout durant le premier tiers du xv® siècle que la Catalogne tourne ses yeux du côté de l'Italie. Alphonse V d'Aragon entreprend la conquête du royaume de Naples et invite ses compatriotes à en mettre mieux à profit les richesses artistiques et littéraires. Vers 1429, la Divine Comédie, lue depuis longtemps à la Cour d'Aragon, est traduite par un autre provençalisant, un « algutzir » du Roi, Andreu Febrer. Il a pour compagnon d'armes Jordi de Sent Jordi qui feuillette à son tour les Rime de Pétrarque et en reproduit quelques antithèses dans une de ses chansons à la mode provençale.

On sait aussi qu'Auzias March avait guerroyé en Sardaigne contre les Génois, en 1420. D'autre part, ses relations avec le Magnanime, dont il avait été le grand fauconnier à Valence et à qui il continuait à fournir, après la reddition de Naples, des animaux pour la chasse, son allusion aux Tables Eugubines

(1) Voy. ci-dessus, p. 186.

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