CII. — Quaz sER’AQUELL QUE FORA $i MATEIX
Tassoni et Amador rapprochent les vers 175-176 :
Car por gentil vé de notable cor que té fort mur a tots fets desleals.
270 cHAP. IV. — DANTE, PÉTRARQUE ET AUZIAS MARCH
de ces vers du sonnet 5 :
Vergogna ebbi di me ; ch’al cor gentile Basta ben tanto….
(Del mar tirreno….)"
— Il y a loin de la distinction entre la por vilana et la por gentil qu'établit Auzias March et la honte que fit éprouver à Pétrarque, tout occupé de Laure, sa chute dans un ruisseau.
en
On peut en dire autant des vers 229-230 :
Car la rahé contrasta l’apetit e l’apetit n’obeheix la rah6,
qu'Amador compare à ce vers du sonnet 80 :
La voglia e la ragion combattuto anno...
(Lasso, ben so...).
— Cette opposition entre l'appétit et la raison est une idée philosophique empruntée à samt Thomas, Sum. Th., 1, 83, 1.
Ainsi, des quinze rapprochements institués par Tassoni et Amador de los Rios trois au plus (6, 9, 12) sont concluants. Tous les autres, quand ils ne portent pas uniquement sur la traduction, nous montrent de simples rencontres verbales ou des rapports d'idées dérivées d’une même source provençale ou scolastique. C'est à ce dernier genre que se rattachent quelques analogies relevées par nous et dont voici deux exemples :
CXIIT — La vipa”s BREU E L'ART SE MOSTRA LONGA.
Ce vers et les suivants :
L’esperiment defall en tota cosa ; l’enteniment en lo môn no reposa ; al juhi d’hom la veri at s’allonga,
font penser au début de la canzone 8 déjà citée :
Perchè la vita à breve E l’ingegno paventa all’ alta impresa ; Né di lui, né di lei molto mi fido..
Ces deux textes sont inspirés tous les deux, mais à des degrés différents, du premier des Aphorismes d'Hippocrate, si souvent cité : Vita brevis, ars vero longa, occasio autem præceps, experimentum periculosum, judicium difficile...