LITTÉRATURE RELIGIEUSE. LE CONTEMPTUS
Les martyrs (1), et, notamment saint Paul, dont il rapporte le ravissement au ciel,
Si com Sant Pau Deu li sostragué l’arma del cors, per que vés divinals misteris…
sont aussi pour lui des points de comparaison.
I met d’autres fois encore à contribution les Vies des Saints. C’est ainsi qu'il fait à saint François d'Assise une allusion subtile qui ne semble guère avoir été comprise des éditeurs «et des ‘traducteurs. « Ma volonté, dit Auzias March, a tant obéi à l’amour que je ne souffrirai point de sa dangereuse plaie, pourvu que la renommée ne s'en éteigne Jamais, comme pour saint François ui s’est dépouillé de la sienne » :
Tant mon voler amor ha obeyt que no m dolrà sa perillosa plaga, si per null temps la fama no s’apaga, com Sent Francesch de la sua jaquit.
Saint François avait renoncé aux honneurs et fait vœu d’humilité, et cette renonciation même, dit notre poète, fut pour lui l’origine de la gloire (2). Jamais, en effet, réputation ne fut plus grande que celle du Poverèllo à qui Dante a consacré tout le XI chant du Paradis.
Mais l’une des œuvres qui ont exercé le plus d'influence sur lui durant sa Jeunesse est le Rhythmus de Contemptu mundi, petit poème attribué à Saint Bernard. Il le cite lui-même sous le nom de Contemptus dans son second Ensenhamen (3) et reconnaît qu'il n’en a compris toute la portée qu’à la fin de sa vie. Mais 1l limite certainement dans une de ses premières poésies, précédant en cela notre Villon qui en a reproduit aussi quelques
(2) Cf. P. Grarïex, Saint François d'Assise, Paris, 1910, pet. in-8, p. 18. (3) CXXVIIT, 2.