UNION DE L'AME ET DU CORPS
CXXIIT, 40). C’est elle qui est le principe, non pas seulement de la pensée, mais encore de la vie corporelle et du mouvement, Aussi notre poète loue-t-il l'intelligence de sa dame parce qu'elle gouverne un peuple de pensées subtiles et imprime à son beau corps un impeccable mouvement :
Venecians no han lo regiment tan paciffich com vostre seny regeix suptilitats que l’entendre us nodreix e del cors bell sens colpa 1 mouiment.. (1) (XXIII, 33-36).
C'est que l'âme est présente à tout le corps et pénètre en même temps dans chacune de ses parties (2), en sorte que l’ablation d’un membre ne peut aucunement la faire périr, pas plus qu’un déplaisir ne saurait mettre fin à l’amour qui occupe l'âme tout entière :
Axi com es en nos l’anima tota, en tot lo cors e tota’n cascun membre; tallant algü, no cal per aço tembre que per aquell ella romanga rota :
la mi ‘amor es en lo tot d’aquesta….
C’est dans cette union étroite de l’âme et du corps que réside, suivant Auzias March, la cause même de son malheur, de son impuissance à réaliser l'amour pur. De là aussi son désir tant de fois exprimé et jamais satisfait de se donner la mort :
L’arma coman a Deu lo qui l’ha feta, lexant lo cors desastruch per malastre.
Ja no li plau de sos volers lo rastre,
puys ab dolor viu per ell, no discreta...