‹ Auzias March et ses prédécesseursChapitre 190 sur 302 · LE DÉSESPOIR. LA CRAINTE · texte numérisé non relu

LE DÉSESPOIR. LA CRAINTE

Ajoutons qu'un des effets du désespoir est, d’après saint Thomas (1), l'abattement, une véritable stupeur. Voilà pourquoi notre poète se représente dans la même pièce (v. 41-42) comme muet, changeant de couleur et craintif.

Lorsque le mal futur est difficile à vaincre ou à éviter il en résulte deux autres passions, la crainte ou la peur qui nous pousse à nous en éloigner et l’audace par laquelle on l’attaque. Non seulement Auzias March distingue ces deux penchants après saint Thomas, mais 1l introduit aussi dans le premier «quelques-unes des multiples subdivisions de son maître.

I'eraint d’abord parce qu'il se représente sa faiblesse personnelle. C’est l’erubescentia, la crainte de l’insuccès qui l'empêche d’avouer à sa dame tout l'amour qu'il a pour elle :

Per no poder mi enardir en passions d’amor mostrar….

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