‹ Auzias March et ses prédécesseursChapitre 20 sur 302 · PERE MARCH II · texte numérisé non relu

PERE MARCH II

personnel. On ne peut, en tout cas, rien conclure de ce que son nom figure dans les livres de répartition. Outre que le Roi ne récompensa pas seulement ceux qui avaient contribué à la reconquête, il est à noter que l'attribution faite à Pere March est une des dernières et date d’une époque déjà éloignée de la prise de Valence et de ses environs immédiats.

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Un héritier mâle, un continuateur de la race et du nom lui naquit, nous ne savons à quelle date. Si nous pouvons affirmer que ce fils n’est autre que le Pere March, deuxième du nom et du prénom, que nous révèlent les documents, c’est précisément à cause de l'identité de leur prénom. C’est, en effet, un signe distinctif de la famille March que cette transmission régulière des mêmes prénoms. Des preuves irrécusables nous en seront fournies, pour ses deux branches, aux x1v® et xve siècles. Tout porte à croire que cette tradition a pris naissance avant le second Pere March que nous rencontrons à Barcelone et qu'il tent son prénom du notaire contemporain de Jacme Îer, Les surnoms tirés de la seigneurie ou de la dignité étaient, au Moyen âge, les noms génériques des familles nobles. Les bourgeois, de leur côté, s’applhiquèrent à perpétuer le nom et le prénom de l’aïeul le plus lointain.

Il faut voir une autre preuve de sa filiation dans le poste de confiance qu'occupait ce second Pere March auprès du roi Jacme II. En 1290, il est chargé par lui de vendre au seigneur Guillem de Bellavista le château d’Aramprunyà (1) qui ne tardera pas, par une remarquable coïncidence, à devenir, comme nous le verrons, une des possessions de la famille March. Ses

(1) A propos de cette vente, D. J. Torres Y RevEr6 (Associacié catalanista d’excursiôns, III, 59) se demande si elle a été faite par devant le notaire de Barcelone Pere March où Pere Marques. Nous croyons qu’il s’appelait plutôt Marques, si nous rapprochons de ce document la mention « Signum Petri Marchesii publiei Barchinone notarii » qui se trouve au bas d’une protestation de l’infant Pierre (15 oct. 1260) dans Doc. inéd. del Archivo de Aragôn, VI, 156. Cf. El Archivo, 1, 328.

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Am. Pacs. — Auzias March.

19 cHAP. 11. — ORIGINES PATERNELLES D'AUZIAS MARCH

fonctions étaient, suivant une lettre royale de 1298 (1), celles de secrétaire ou plutôt de greffier du roi (scriptor domint regis) (2). Elles étaient compatibles avec celles de notaire public qu’exerçait son père, et il est vraisemblable qu'il avait dû succéder à la charge paternelle, bien que les documents recueillis jusqu'à présent ne le démontrent pas. Quoi qu'il en soit, le Roi le récompense des services qu'il lui a rendus et lui rend encore chaque jour en cette qualité, et il lui abandonne un droit de past, de 400 sous de Jaca, payé annuellement par la ville d’Alguaire.

Un troisième Pere March apparaît dans nos documents, dès le premier tiers du x1v® siècle, et occupe, lui aussi, un emploi, mais plus élevé que celui de son père, dans la maison du Roi. Conseiller et maître des comptes {magister racionalis), c’està-dire trésorier, de Jaeme I, il semble avoir joué un rôle plus actif que ses devanciers et contribué plus qu'eux à augmenter le patrimoine moral et matériel de la famille.

En 1315, il assiste, comme conseiller du roi, à une transaction dont est l’objet la ville de Vich (3). Les années suivantes (1319 (4), 1321-1322) (5), 1l est mêlé, en qualité de trésorier,

à d’autres événements du même règne. Sa fortune lui permet

(1) « Nos Iacobus, etc. Attendentes grata et accepta servicia per vos fidelem scriptorem nostrum Petrum Marci nobis exhibita et que exhibetis cotidie incessanter, circo in renumeracionem dictorum serviciorum damus et concedimus vobis ad vitam vestram illos quadringentos solidos jaccenses quos homines ville de Alguayra et baiulie eiusdem nobis pro cena donant et tenentur solvere annuatim.. Datum Barchinone X Kalendas juni anno XCVIII. » Barcelone, Arch. de Aragôn, Reg. 196, fol. 246.— On lit un peu plus loin, fol. 2549, une autre lettre sur le même sujet adressée par le roi à «ses fidèles hommes » d’Alguayre (6 kal. juin 1298).

(2) Nous ne traduisons pas le mot scriptor par « notaire », comme on le fait d'ordinaire d’après Du Cange. Les textes des Doc. inéd. del Arch. de Aragôn, VI, 281, 291, etc., distinguent le scriptor secretarius, ou, simplement, le scriptor domini Regis et le notarius publicus regia auctoritate per totam terram et dominacionem ejusdem. Ce sont deux titres attribués parfois à la même personne, mais différents.

(3) Torres Amar, Diccionario, p. 370. Voir Baracuer, Hist. de Cat., V, 347.

(4) RiserA, Mil. Merc., p. 533, n° 715.

(5) Doc. inéd. del Arch. de la Cor. de Aragôn, VI, 230 (20 juin 1321), Petrus Marti [lisez Marci] «thessaurarius dicti domini regis Aragonum ». — Jbid., 232 (20 déc. 1321), « Fideli nostro thesaurario Petro Marti [lisez Marci] » — Ibid. 240 (20 mai 1322), « Petrus Marcii thesaurarius domini regis ».

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