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LXXIX

394 CHAP. VI.— ARISTOTE ET L'AMOUR AU MOYEN AGE trois flèches classiques de l'amour. Le reste du temps, 1l la formule en un style précis, plus sec, mais moins obscur que celux

des chansons.

Voici, par exemple, comment il les énumère :

Tres amors sôn per on amadors amen :

l’u es honest e l’altr’es delitable ;

del terç me call qu’es lo profit amable...

Ces trois amours conviennent plus spécialement, l’un à l’Ange, l’autre à l’homme, le troisième à l’animal, mais l’homme peut

les éprouver tous :

Lo qui d’amor per tres parts ha sentit

toca de tot, d’angel, e d’hom e brut...

(CXXTIII, 29-30).

Le long poème T'ot entenent amador mi entenga nous en offre une description minutieuse, approfondie, qui a le mérite de nous dévoiler certaines doctrines poétiques du Moyen âge.

Il écarte tout d’abord d’un seul mot l'amour intéressé, parce

qu'il ne comporte pas d’affection réciproque :

Del terç me call qu’es lo profit amable,

per que is amats lurs amants no reamen. (LXXXVII, 7-8).

Si l’homme, composé d’une âme et d’un corps, peut aimer, son âme et son corps pris à part sont aussi capables d'amour :

Esser bé pot que l’hom simplament ame d’arma sens cors e ab lo cors sens arma.

Amant virtut hom de tal amor s’arma,

y el cors es cert que d’un brut voler brame.

(Ibid., 45-48).

Mais ce qu'aime l'amant «par intérêt », ce n’est pas tant

son ami que son bien propre :

Axi com es l’amant per interès:

a son amich del qual gran bé li vé:

ell am aquell e més son propi bé.

(CXXTII, 49-51).

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