‹ Auzias March et ses prédécesseursChapitre 215 sur 302 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

L’amour intellectuel qu'Auzias March s’est efforcé d’éprouver ne pouvait que survivre à la personne qui lui avait donné naissance. Le désir de le rendre aussi pur que possible n’était-il pas une garantie de sa continuation par delà la vie présente ? Il n’est donc pas étonnant qu'après la mort de sa dame notre poète l’ait encore chantée dans six élégies ou poésies de deuil que certains éditeurs ont appelées « Chansons de Mort », bien qu'en fait elles aient pour la plupart l’allure et la longueur des poèmes didactiques sur l’amour.

Elles vont, dans notre édition, du n° XCITI au n° XCVII, et présentent, comme nous le verrons, une suite parfaitement logique. Ce sont les seules poésies funèbres. On a rangé parfois, sous la même rubrique, les pièces © quant es foll et Cobrir na pusch, mais elles ne s'adressent pas, comme les précédentes, à sa dame disparue et traitent un sujet purement moral, la crainte de la mort.

Auzias March, en célébrant sa dame, ou, comme il le dit luimême, son « amie » (1), ne fait encore que suivre la tradition inaugurée par les troubadours provençaux. On se rappelle les planhs de Gavaudan, de Pons de Capduelh et d'Aimeric de Pegulhan (2). Pons de Capduelh nous montre, un des premiers,

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