‹ Auzias March et ses prédécesseursChapitre 225 sur 302 · CIX, 17, CXI · texte numérisé non relu

CIX, 17, CXI

phète en son pays. Il inspire plusieurs poètes du Cancionero de Baena (1) et le marquis de Santillana (2), avant même qu'il ne soit traduit, à la demande du roi Juan IT de Castille, par l'évêque de Burgos, Alonso de Cartagena (3). En Catalogne circulent depuis longtemps, comme nous l'avons vu, (4) les versions de ses ouvrages authentiques ou apocryphes. Le rot Alphonse V le Magnanime se plaît à lire les Lettres à Lucilius. Mais Aristote dispute à Sénèque la suprématie intellectuelle au delà des Pyrénées, La version latine de l’Ethique à Nicomaque, de la Politique et de l'Economique par Leonardo Bruni d’Arezzo, y obtient un grand succès malgré les critiques d’Alonso de Cartagena, qui semble préférer à l'interprète 1talien l'anglais Robert de Lincoln (5). Fray Diego de Belmonte met aussitôt en castillan cette nouvelle traduction (6). Le Libro de Casso é Fortuna de fray Lope de Barrientos (7) traite, d'après la scolastique péripatéticienne, la question du libre arbitre. Au moment même où Auzias March écrit ses chansons d'amour, l’archiprêtre de Talavera, Alfonso Martinez de Toledo « réprouve » en prose, comme l'avait fait en vers l’archiprêtre de Hita, « l'amour mondain » et les excès du « fol amour » (8). Alfonso de Madrigal, évêque d’Avila, écrit son Tractado del Amor é del Amiçiçia et prouve ailleurs que l’amour est nécessaire à l’homme, como al ome es nescesario amar (9). On va même Jusqu'à mettre en vers castillans les ouvrages d'Aris-

tote (10).

(1). F. Pérez de Guzmän s’écriait, à propos de son ami, l’évêque de Burgos : « Il est mort ce nouveau Sénèque dont j'étais le Lueïle ! » (GazLarpo, Ensayo, I1, 252).

(2) Voir, notamment, le Didlogo de Bias contra Fortuna.

(3) Souxrr, op. cit., p. 126.

(4) Voir ci-dessus, p. 190. CÊ. Scnirr, op. cit., p. 125.

(5) C’est du moins ce qu’il est possible d’inférer des Memorias de la real Academia de la Historia, Madrid, 1821, t. VI, p. 467, notes 13, 14, 15. « All se vé que la ocasion de la disputa fué haber tomado D. Alonso la defensa de otra version anterior de las Eticas hecha por un inglés.… »

(6) Tbid., Notes, 16, 17.

(7) Amapor DE Los Rios, op. cit., VI, p. 286-287.

(8) Amanor pe Los Rios, op. cit., VI, p. 277.

(9) Zbid., p. 293. — Le dernier ouvrage a été publié par A. Paz y Mélia dans ses Opusculos literarios de los siglos XIV à XVI.

(10) On lit, dans l'inventaire de la bibliothèque du Prince de Viane (Bora-

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