‹ Auzias March et ses prédécesseursChapitre 260 sur 302 · DIEGO HURTADO DE MENDOZA · texte numérisé non relu

DIEGO HURTADO DE MENDOZA

cepts les plus délicats » (1)? En un mot, l'Espagne tout entière est sous le charme.

Pendant ce temps, les poètes suivent l'exemple de Garcilaso et de Boscän. Diego Hurtado de Mendoza, dont une épître figurait déjà dans la première édition de leurs œuvres, s’adonne comme eux à l’imitation de l'Italie et d’Auzias March. Il lui arrive même quelquefois de marcher sur les brisées de ses devanciers, de gloser dans de nouveaux sonnets les mêmes pièces que Boscän et de retraduire comme Garcilaso certaines images particulières à leur modèle commun. C’est ainsi qu'il commente encore en trois sonnets la pièce à laquelle Boscän en avait déjà consacré sept, comme si le sens des strophes catalanes ne lui avait pas paru assez nettement élucidé :

Auzias Marc Dreco HurTApo | pE MENDozA

17e str. Axi com cell qu’enlo somni Como el hombre que huelga de soñar. s delita… (Ed. Rivadeneyra, p. 82).

22 » Al temps passat me trobe Comoeltristeque4 muerte es condenado

gran amor... (Ed. Rivad., p. 82).

32 » Plagués a Deu que monpen- Si fuese muerto ya mi pensamiento.. sar fos mort. (Ed. Rivad, p. 83).

(1) Dans l’Avis (Parecer) qui précède la troisième édition de la trad. Montemayor (1579). — Cette légende a été prise au sérieux. Elle a eu pendant près de deux siècles ses partisans et ses adversaires, contribuant certainement à maintenir fixée sur le poète catalan l'attention du public. GONÇALO DE ARGOTE Y MoziNa (El Conde Lucanor, Sevilla, 1575, in-49, p. 96v0) y croit entièrement. L'expression la plus ridicule en est donnée, vers 1577, dans une poésie de Fray Tomäs Quixada, qui sert de préface au Pelegrino curioso, de Bartholomé de Villalba y Estaña :

Tanbien Ileua su buena sobardada

Don Gaspar (Corr. Baltasar) Romani porque [ha] emprendido traduzir con la pluma mal cortada

à Osias March divino, si lo ha habido ;

mas es copia muy tosca y muy pesada

la que nota [que] 4 Petrarca habia seguido ;

la verdad es que à él siguié Petrarca

y de Ausias March es todo cuanto abarca.

(Soc. de bibliof. esp., Madrid, 1886, in-89, t. I, p. 32).

Deux autres chansons d’Auzias March :

Colguen les gents ab alegria festes… (XIII),

Ja de amor tebeu jamés yo sia.… (LXVIII),

se transforment, avec Diego de Mendoza, en deux sonnets :

Cuando las gentes van todas buscando (1)...

(Son. XLI, éd. Madrid, 1877, in-89, p. 28).

Tibio en amores no sea yo jamäs.…..

(Ed. Rivad, p. 83), C’est encore Auzias March qui a inspiré une de ses «stances » :

Amor, amor, quien de tus glorias cura, Busque el aire y apriéte lo en la mano ; Conocerä el placer cémo es liviano,

Y el pesar cômo es grave ÿ cuäânto dura...

Enfin, il lui emprunte aussi quelques comparaisons, comme ) P I Ï ; l'avait déjà fait Garcilaso.

Auzias March avait dit :

Amor, Amor, un habit m'’e tallat de vostre drap, vestint me l’esperit.

En lo vestir molt ample l’e sentit, e fort estret, quant sobre mi’s estat.

(LXXVIL, 25-98).

Garcilaso reprend la même pensée en ces termes (2) :

Amor, Amor, un häbito he vestido Del paño de tu tienda bien cortado :

Al vestir le hallé ancho y holgado :

Pero despues estrecho y desabrido.

(Son. XX VII, 1-4).

(2) Voir un autre texte du même sonnet dans Gazrarpo, Ensayo, IV, 1279. (1) Ce sonnet est inséré sous la rubrique Osias March dans un manuscrit,

Voir J. Massé Torrenrs, Manuscr. Catal. de la Bib. de S. M., Barcelona, 1888. in-40, p. 33.

AUTRES IMITATEURS 417 Diego de Mendoza répète à son tour dans une cancién (4):

Como una vestidura Ancha y dulce al vestir, y 4 la salida Estrecha, y desabrida, Ansi es Amor...

(Ed. Rivadeneyra, p. 53).

3 x A Le L4 D'autres poètes de la même école, Hernando de Acuña et Gutierre de Cetina, s’exercent eux aussi à paraphraser quelques couplets du poète catalan. Le sonnet du premier :

Como aquel que à la muerte estâ presente...

(Ed. Madrid, P. Madrigal, 1591, fol. 102),

est un développement de la strophe :

Si com aquell qui es veri donant...

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