‹ Auzias March et ses prédécesseursChapitre 32 sur 302 · PERE MARCH LE JEUNE · texte numérisé non relu

PERE MARCH LE JEUNE

al condestable de Portugal, par cette expression Mossen Pero March el viejo (1). Les commentateurs expliquaient mal les mots el v1ej0. Nos documents permettent de résoudre définitivement ce petit problème d'histoire littéraire. Nous savons maintenant que c'est bien du père d'Auzias qu'il s’agit, et, s'il est appelé Pere March «le vieux », c'est à cause, non de son fils, comme on l’a admis généralement, mais de son petitfils prénommé et nommé comme lui. Le témoignage de Santillana prouve par là même aussi que les poésies qu'on lui attribue, dans les Cançoners, lui appartiennent véritablement.

C'est précisément ce petit-fils qu'il marie, le 8 janvier 1409, en même temps qu'il émancipe son fils Auzias, événements sûrement concertés en vue du partage, qu'au terme de sa vie, il veut faire de ses biens situés dans le royaume de Valence.

En Pere March junior, damoiseau, fils de Johan March et d’Yolanda de Vilarig, épouse Na Constancça, fille de feu l’honorable Francesch Cifre, de Gandie. Le contrat de mariage qui nous à été conservé (2) nous apprend que, suivant les dernières volontés de son père, il ne pouvait contracter mariage, sous peine d’être déshérité, qu'avec le consentement d'une sorte de conseil de famille comprenant « le révérend maître de Muntesa », Berenguer March, « les honorables Mossèn Pere March, Madona Alamanda de Vilarig, Madona Violant de March, mère du dit En Pere March, Mossèn Bernat de Vilarig, Mossèn Joffre de Vilarig et En Guillem de Vilarig ». Non seulement Mossèn Pere March, major dierum, d'accord avec les autres personnes présentes, approuve le mariage d’En Pere March, mais encore abandonne à son petit-fils {al dit net seu) la propriété pleine et entière du lieu du Verger {lo loch del Verger) et lui donne, avec jouissance après son décès, la somme de 10.000 sous. Il est stipulé enfin que son petit-fils ne pourra prendre dans ses biens, tant propres que dotaux, que la somme de 25.000 sous, pour doter ses trois sœurs.

Toutes ces clauses sont évidemment destinées à conserver au jeune damoiseau, héritier de la race, une fortune qui lui permette de ne pas déchoir du rang qui convient à sa naissance.

(1) Amapor DE Los Rios, Obras del Marqués de Santillana, p. 10. (2) Madrid, Archivo histérico nacional, loc. cit. Parchemin du 8 janvier 1409.

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