LA 40 CHAP. II — ORIGINES PATERNELLES D'A. MARCH (SUITE
Quant à Auzias March, il reçoit, avec le droit d’admimistrer ses biens, la partie principale du patrimoine. Son père lui donne, en effet, les lieux de Beniarjé et Pardines, l’alqueria de Verniça et d’autres immeubles. De son côté, Leonor de Ripoll, sa mère, lui fait abandon de sa dot et du creix, et laisse à sa fille Peyrona 15.000 sous (1).
Il ne semble pas que ce partage ait satisfait tous les intéressés. Peut-être Pere March junior, plus âgé que son oncle Auzias, espérait-il représenter son père, Johan March, dans tous ses droits (2). Ce qui est certain, c’est que, comme nous allons le montrer, 1l songea à prendre le nom de sa mère.
C’est encore lui que nous retrouvons, semble-t-il, en 1409, parmi les gens de guerre désignés pour suivre le capitaine Mossèn Guillem Ramon de Moncada, ancien gouverneur et vice-roi du royaume de Valence, dans son expédition en Sardaigne (3).
Sur ces entrefaites, le duc de Gandie meurt, peu après avoir posé devant le Parlement de Barcelone, préliminaire de celui de Caspe, sa candidature à la succession du roi Martin d'Aragon (4). Le vieux Pere March croit être arrivé, lui aussi, au terme de sa carrière et il rédige son testament avec le soin et la précision dont nous avons constaté l'empreinte dans chacun des actes de sa vie. C’est le patriarche qui ne veut oublier aucun des membres de sa nombreuse famille. Le 9 décembre 1410, par devant le notaire Franceseh Dalmau (5), il choisit comme
(1) À Paz y MÉvra, op. cit., p. 370, n. — Sur le creix, voir plus loin p. 63.
(2) La représentation n’a été introduite dans le code de Valence qu’en 1418 par le roi Alphonse V d’Aragon. (Voy. Furs, lib. VI, rubr. V, f. 1 et 2).
(3) « La mostra de la gent que devia anar en Cerdenya en la capitania de Mossen Guillem Ramon de Moncada... Ittem en Pere March per dos Baciners
(sic), y dos Pilarts… 89 I[iures]. » Bib. nat. de Paris, Esp. 147, ad ann. 1409, p. 195-196.
(4) V. Bazacuen, loc. cit., V,415, 4992.
(5) A Paz y MÉzra op. cit, p. 370.