‹ Auzias March et ses prédécesseursChapitre 63 sur 302 · SES DROITS SEIGNEURIAUX · texte numérisé non relu

SES DROITS SEIGNEURIAUX

ayant perdu les meilleurs faucons qu'il avait, los mullors falcons que tenyem, s'adresse lui-même, cette fois, à « Mosén Ausias » pour lui demander deux de ses faucons « gruers » dont il avait entendu faire l’éloge (1). Il y a quelques années que Naples a été définitivement conquise. Le roi aime à y goûter les plaisirs de la paix. Son bailli général dans le royaume de Valence, Berenguer Mercader, lui fournit divers objets,'et, notamment, tout ce qui lui est nécessaire pour la chasse. C’est ainsi qu'Auzias March, dont il a déjà apprécié les connaissances cynégétliques, est amené à lui continuer accidentellement ses services.

De Valence, où il est établi six années plus tard, il défend encore activement les droits seigneuriaux qu'il possède à Bemiarjé. Par un usage immémorial, quand un more, homme ou femme, décède sans enfants, son héritage revient au seigneur. Auzias March prétend appliquer cette règle au cas d’une de ses vassales, veuve du more Yhayhe, teinturier, qui est morte sans héritiers directs (2). Mais les fonctionnaires fofficials) de la ville de Gandie, et «le procureur de l’excellent prince de Navarre» — seconde allusion sans grande portée au prince de Viane — lui en contestent le droit. Auzias March se pourvoit alors auprès de la Cour du Gouverneur, en se fondant sur ce fait que, pendant plus de quinze ans, Yhayhe et sa femme ont eu à Beniarj6 leur domicile continu et principal et qu'ils ont payé pendant tout ce temps leurs droits de vasselage. Il réclame encore du demandeur le serment de bonne foi, et, le 26 mars 1450, le gouverneur Don Johan Roiz de Corella, rend un jugement d'avant faire droit ordonnant de laisser les choses en l’état, sans préjuger le fond, sous peine de mille florins.

Auzias March est mêlé, vers la fin de sa vie, à un autre procès dont il nous est malheureusement impossible de connaître l’origine. Dans les registres de la Cour du Gouverneur figure, à la date du 7 janvier 1458, une mention (3) indiquant qu'une plainte a été portée par « l'honorable Na Elionor, femme de

(1) A. Giménez Soler, op. cit., p. 224.

(2) Valence, Arch. gen. del reyno. Curia del gobernador. Litium ad an. 1450, cah. IT, fol. 25.

(3) Zbidem. Diversorum Valentie Joan. IT, n° 18, fol. 77.

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