‹ Auzias March et ses prédécesseursChapitre 66 sur 302 · SON PREMIER MARIAGE · texte numérisé non relu

SON PREMIER MARIAGE

Le 10 janvier 1439, il conclut un arrangement avec son beaufrère, le chevalier Galceran Martorell, citoyen de Valence, afin d'éviter tous procès et toutes discussions, qualsevol plets e questions (1).

De cette union est peut-être (2) né un fils, Francesch, qui, dès 1446, est chargé, comme nous l’avons vu, de toucher, à Valence, les honoraires de représentant aux Corts dus à son père, mais dont nous ne retrouvons plus que deux fois la trace, le 2 septembre, et le 6 novembre 1447, dans des procurations émanant encore d'Auzias (3).

Le mariage fut bref. Isabel testa par devant le notaire Pere Rovira, le 20 septembre 1439, et était morte le 25 suivant. Ce jour-là, en effet, Auzias March, dont elle avait fait son héritier universel, reçoit serment et fidélité, sagrament e fealtat, dans les formes que nous avons décrites, des Sarrasins de Rafol, Trahella et Niça. Il prend possession, en présence de sa belle-mère et d’un autre allié nommé Jammot Martorell, de ces lieux qui

avaient appartenu à sa femme et garantissaient sa dot. Un peu plus tard, le 5 mars 1442, il fait, en qualité de créancier, opposition à leur vente auprès du lieutenant-gouverneur du royaume de Valence, Mossèn Pere Cabanyelles, et a contre lui, dans cette affaire, Mossèn Baltasar Bou, à qui Jacme Roig dédiera son Spull (4).

Que fut cette femme et quels sentiments lui inspira-t-elle, durant le court espace de temps qu'ils vécurent ensemble ? Nous ne le savons aucunement. [n'a fait allusion à elle qu'une fois. Vingt ans après sa mort, 1l demande, par un article de son codicille, que cinq cents messes soient célébrées pour le repos de son âme dans l’église du monastère de Saint-Jérôme de Gandie où elle avait dû être enterrée. Le renseignement est mince, et

(1) Arch. de Osuna, Gandia, n° 1210. Prot. P. Belsa, ad ann. 1439. — Fr. CerpA (Notas al canio de Turia, p. 292), cite un compromis du 28 janvier 1440 relatif sans doute aux mêmes intérêts et fait de Galceran Martorell, le beau-frère d’Auzias. Cf. Fusrer, op. cit. I, 24.

(2) Le jeune âge qu'a cet enfant en 1446, au moment où Auzias March en fait son mandataire, peut faire croire qu'il est le fruit ou d’un mariage antérieur ou d’une union irrégulière.

- (83) Arch. de Osuna, Gandia, n° 1210. Prot. P.' Belsa, ad ann 1447. (4) Valence. Arch. gen. dei Reyno. Curia del gobernador. Litium 1442, Ca-

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hier II (manque le 1€) fol. 2. :

c’est tant mieux pour elle. Isabel fut une de celles dont on ne parle pas, et, à cette époque tout au moins, il n'y avait pas de plus bel éloge pour une femme. Il faut se garder surtout de lui appliquer les jugements défavorables que le poète porte sur les femmes sous l'influence de ses modèles littéraires et pour se venger aussi sans doute de les avoir tant aimées.

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Un peu moins de quatre ans après la mort d’Isabel, il songe à se remarier. Le 5 février 1443, il est présent, en qualité de témoin, à l'hommage seigneurial que les habitants de Pedreguer, Monteroy et autres lieux rendent à Constança Castella Scorna, femme de feu l'honorable Mossèn Bernat Scorna, et héritière de son fils Galceran (1). Le nom des Scorna figure déjà dans les livres des Repartimientos (2). Bernat Scorna lui-même

été juré de Valence en 1405, et, en 1415, justicra civil (3).

C’est dans cette vieille famille valencienne, à laquelle il est déjà uni, qu'Auzias March prend sa seconde femme, Johana Scorna, donzella. Le contrat de mariage a été signé, le 26 février 1443, par devant le notaire P. Belsa (4). Constança Castella Scorna assure à sa fille une dot de 50.000 sous. Pour la garantir, elle cède ou engage diverses rentes et le lieu de Pedreguer. De plus, si Na Johana Scorna meurt avant la consommation du mariage, elle ne pourra disposer que de 5.000 sous, le reste devant revenir à sa mère ou à tout autre bénéficiaire. Outre ces 50.000 sous de dot, Johana recevra pour 10.000 sous de robes et de bijoux {robes e joyes) que Mossèn Auzias March fera estimer à son gré, De son côté, Mossèn Auzias March fera « à titre d’augment ou creix à la dite damoiselle pour cause de sa virginité 25.000 sous, de façon que la dot et le creix s'élèvent à la somme de 75.000 sous ». Comme il y a entre Auzias March et sa

(1) Voir plus haut, p. 81.

(2) Doc, inéd. del Arch. de la Cor. de Aragén, XI, 430.

(3) Libre de Mem., ad an. 1405 et 1414.

(4) Arch. de Osuna, Gandia, n° 1212. Prot. P. Belsa, ad an. 1443.

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