‹ Auzias March et ses prédécesseursChapitre 83 sur 302 · SON CARACTÈRE · texte numérisé non relu

SON CARACTÈRE

tuité de sa race, afin que, suivant un mot connu, sa terre « ne reste pas sans hoir ». Peut-être a-t-1l eu pour sa dame un amour plus intellectuel, une passion plus raffinée. Mais c’est certainement à de misérables servantes, à des « esclaves » qu’il demande en même temps des satisfactions moins imaginaires, Ses œuvres nous montrent que parfois sans doute il rougit de sa faiblesse ; il a des accès de repentir, mais qui aboutissent à des abandons, ou à des mesures de défaveur comme celle dont son testament nous fournit l’aveu in extremis. Sous les dehors de la courtoisie la plus élégante se cachent encore, quelque zèle qu'il mette à s’en défaire, les mœurs sensuelles et violentes de sa caste.

Seigneur de Beniarj6, Pardines et Verniça, il fait aussi preuve, dans l'exploitation de son domaine, du même esprit pratique que ses aïeux dans leurs fonctions de trésoriers du roi d'Aragon ou que son père dans la gestion des intérêts du duc de Gandie, Sa fortune s'accroît non seulement par les mariages qu'il contracte, mais encore grâce à l’habile administration de ses biens. Ses serfs musulmans n’ont qu'à se louer de son initiative. Il est un des premiers à cultiver la canne à sucre dans le royaume de Valence, et il augmente la production agricole de la contrée par de nouveaux travaux d'irrigation. Il défend ses droits avec la même ardeur au sein de cette féodalité querelleuse où les litiges sont nombreux, cherchant à conserver par tous les moyens légitimes, cette richesse qui est pour lui, comme pour Aristote, avec les honneurs et la famille, une des conditions accessoires du

bonheur.

Deux natures coexistent en lui : l’une toute sensuelle qui l’invite à l’action et aux plaisirs mélangés qu'elle nous offre ; l’autre, toute mystique, qui l’entraîne vers le contemplation, vers les joies supérieures de la Science et de la Vertu.

Ce sont ces efforts pour réaliser cette suprême condition de la Félicité qu'il va nous confesser dans son œuvre poétique.

« Au milieu du voyage de sa vie », pour parler comme un de ses maîtres, l'immortel Alighieri, jouissant des loisirs que lui laissent la paix et la fortune, il se consacre à la poésie, considérant comme un devoir de répandre par elle les vérités que lui ont révélées l’expérience et l’étude.

Mais, sur ce point encore, il est l'héritier de ses parents et ne

fait qu'imiter leur exemple.

| ET r « re Le R = 1 Ts :

À L ET % » " M NUE D 4 s EU 41 \ 3 mat { = + il , ; " ‘1 L L + = + Ë h à É \ ; ri Mr 2 ï 1e . | : à SJ : x = R " :

. Li . … pu DE 0 , re , ; l PATIO ÉPLA LEA sd À .

| Es t { . ».

à ts, 5% … : +C CNP SIP mA < TS v A E de -

ss Arf À fiæs PEER

Pc ae » ha * HU t CS ITA sn NPe-t

LP TR à

Page 1