KUVALAYÂ
— Lotus —
Le bienheureux Buddha (1).. étant entréà Ràjagrha résidaità Venuvana, dans l’enclos deKalandaka.
Or, en ce teraps-là, dans la ville de Ràjagrha, on célébrait la fête appelée Girivalgusainàgama^. De toutes les six villes une foule immense était venue s’ J rassembler. Un maitre de danse s’y rendit aussi, venant du midi ; il avait une tille belle, admirable, charmante, bien pourvue de tous ses membres et organes, (mais) qui était enivrée de l’orgueil de la santé, de la jeunesse et de la beauté^. Quand elle s’avance sur la scène, tous les spectateurs la regardent fixement, tout tristes (de ne pas la posséder), et elle attire puissamment le cœur de ceux chez qui la réflexion n’abonde pas.
Lorsque la fête dont il s’agit fut célébrée, les six docteurs, Pùrana en tête, s’y rendirent également.
Alors la jeune Kuvalayà dit à la foule « Messieurs, y a-t-il dans la ville de Ràjagrha un être humain qui me soit égal ou supérieur en beauté ? » La foule répondit : « Il y a le Çramana Gautama avec son entourage » . — Kuvalayâ reprit: « Est-ce un être humain ou un dieu ?» — «C’est un être humain et il est tout-sachant » .
Alors Kuvalayà, après avoir entendu cette parole, se rendit couverte de tous ses ornemements auprès de Bhagavat : puis se tenant au devant de Bhagavat, dansa, chanta, fit de la musique ; elle exhiba devant lui les parties sexuelles delà femme, les traits caractéristiques de la femme, les signes delà
1 Dans le tibétain, le titre de ce récit est Utpala, s3'nonyme de Kuvalaya ; ces deux termes désignent les Nénuphars en général. Dans la suite du récit tibétain, l'héroïne est toujours appelée Utpala.
2 « l, 'assemblée de la belle montagne » ou « l’assemblée du mont Valgu » ou encore « la belle assemblée de la montagne. » Mais le tibétain, qui traduit fidèlement les trois éléments de ce composé, le fait précéder de Klu-i rgyal po (= Nâgarûja, « roi des Nâgas ou serpents »), déterminatif de çiri, qui devient ainsi un nom propre; et, comme il rend valgu par jjid-o.',, « qui va au cœur », le sens du composé serait : La rencontre de Giri (roi des Nâgas) et de sa belle ». On peut voir dans cette fête la commémoration d'une légende mythologique. — Gomme au récit 53 (Voir ci dessus p. 207. note 1), li Manuscrit népâlais a parva'a a montagne » au lieu de parva « fête » , mais ici, ce doit être une erreur de copiste plutôt qu'une vari inte du texte,
3 « Beauté » n'est pas dans le tibétain.
AVADÂNA-ÇATAKA YIII, 5, (75) 281
femme*. Et ceux des BUixus qui ii’étaient pas exempts de passions furent tout remués par elle
Alors Bhagavat, pour convertir ceux des Bhixus en qui les passions abondaient et pour ôter de Kuvalayà l’ivresse de la jeunesse et de la beauté, produisit de telles combinaisons de la puissance surnaturelle, que Kuvalayà fut à l’instant transformée en une vieille décrépite, à tète grise, à dents ébréchées, voûtée comme la charpente d’un toit recourbé.
(Juand Kuvalayà se vit ainsi devenue hideuse, l'enivrement que lui causaient sa jeunesse et sa beauté disparut complètement : et les Bhixus chez qui la passion augmentait furent confus. .Vlors Kuvalayà, dont l'enivrement était dissipé, adora avec la tète les pieds de Bhagavat et fit à Bhagavat cette ouverture : « Bien! que Bhagavat m'enseigne la loi de telle sorte que je sois délivrée sans trop de peine de ce cadavre puant ! ))
Alors Bhagavat, connaissant le principe des pensées et des dispositions, la nature de Kuvalayà et de ces Bhixus débarrassés des passions, fit un enseignement delà loi tel que, après l'avoir entendu, les uns (22). . . devinrent Srotaapannà, d’autres Sakrdàgàmi ; d’autres, s’étant fait initier et ayant abandonné tous les Kleças, devinrent Arhats. Kuvalayà elle-même ayant reçu de bonnes dispositions fut initiée en présence de Bhagavat. A force d’application (23)... Arrivée ci V état d'Arhat...
Les danseurs aussi, sans même quitter leur costume, renoncèrent à tous les Kleças et atteignirent l’état d’Arhat.
Alors les Bhixus, ayant conçu un doute, questionnèrent le bienheureux Buddha, celui qui ôte tous les doutes : « C’est une merveille, ô vénérable, que,
1 II y a trois termes dans le sanskrit et quatre dans le tibétain; mais les dtui premiers du til étain ordinairement joints et juxtaposés, doivent correspondre ensemble à la première expression sanskrite; lingâni, qui me paraît désigner les parties sexuelles. Les autres termes cinhàni nimitlâni seraient des synonymes ou désigneraient certaines parties du corps qui ont chez les femmes un développement particulier, comme les seins, les hanches. Il résulte de là que la danseuse se serait montrée nue ou à peu prés au Buddha; à moins qu'on ne veuille voir dans les trois termes l'expression de certaines poses eu de certains tours dans lesquels les danseuses excelleraient, non les danseurs. On traduirait alors ; « les traits distinctifs, les talents particuliers, les jeux particuliers des femmes ». — Le deuxième terme cinha est employé dans le Vadrika pour désigner les « symptômes » d’une maladie. Voir page 39, note 1.
2 Sai'ikràmitd « lui furent livrés. » L'expression corresponJan'e ci^bya-gtol-med « ne sachant que faire » rendant les mots sanskrits trdsita, vitt'dsita dans d'autres passages de ce recueil, il est permis d'en conclure que sankrâmüâ est une faute et qu’il faut lire santrdsitâ : a effrayé», épouvantés. »
Ann. g. - XIX
ANNALES DU MUSEE G U IM ET
au moyen de la vieillesse, Bliagavat ait ainsi ébranlé la jeune danseuse Kuvalayâ dans l’orgueil de sa beauté et de sa jeunesse et l’ait ainsi établie dans le Nirvana qui est la tin suprême. « Bliagavat répondit : «Qi-i’y a-t-il d’étonnant Bhixus, à ce que, étant maintenant affranchi de l’attachement... (17) Perfection morale du Buddha... j’aie tout à l’heure ^ au moj’en de la vdeillesse, ébranlé la jeune Kuvalayâ dans l’orgueil de sa beauté et de sa jeunesse, pour l’établir dans le Nirvana, qui est la fin suprême, puisque déjà, au temps jadis, alors que j’étais encore en proie à l’attachement... j’ai établi la jeune Kuvalayâ dans les cinq terrains du vœu (paiicasu vratapradeçesu). Ecoutez et fixez bien et dûment dans votre esprit (ce que vous aurez entendu): je vais parler.
Autrefois, Bhixus, dans la voie du passé dans la ville de Bénarès, un roi du nom de Brahmadatta exerçait la royauté (10)... Roi puissant et juste.
Or ce roi joue avec sa reine, etc... (G)... il lui naquit un fils beau, admirable, charmant, blond de la couleur de l’or, avec une tète comme un parasol, de longs bras, un front large, la voix haute, les sourcils réunis, le nez saillant, parfait dans tous scs membres et organes.
On fit une fête à l’occasion de sa naissance et on lui donna un nom. « Quel nom donnerons-nous à cet enfant ?» Les parents dirent : « Puisque son père est roi de Kaçi et que cet enfant est beau, admirable, charmant, que le nom de l’enfant soit Kàçisundara (le beau de Kàçi) ». L’enfant Kàçisundara fut confié à huit nourrices (7)... Education brillante.
Quand il fut devenu grand, il fut sacré roi de la jeunesse; mais voyant que la dignité royale est entachée de bien des défauts, qu’elle est une source de calamités, il se fît initier parmi les Rsis. Retiré dans une grotte derHimavat, il ne vivait que de fruits, de racines, d’eau, ne portait que des vêtements de peaux de gazelles ou d’écorce d’arbre^ et rendait au feu un culte constant. Plus tard il se rendit dans une autre grotte de (la) montagne [pour avoir] des fruits [et des racines]. Là, une fille de Kinnara vit le^ jeune Rsi ; poussée par la passion, elle se mit à danser, à chanter, à faire de la musique; elle fît voir
• Le tibétain zin-pai-ts'e, dont l'équivalent ne se trouve pas dans le sanskrit, désigne le passé, mais s'applique à un événement si récent qu'on peut le considérer comme étant dans le présent. L’expression tibétaine qui désigne un passé éloigné est ’das-pai ts'e.
2 Voir IV, 7, page 140, note 1.
3 Les mots entre crochets ne sont pas dans le sanskrit, sans doule par omission involontaire.
AVADÀNA- ÇATAKA VIII, 5, (7 5)
les parties sexuelles de la femme, les sig nes des femmes, les jeux des femmes V Alors le Rsi Kâçisundara lui donna cet enseignement sur la loi ; « Tu es vieille, ma sœur; les premiers sons de ta voix sont doux et onctueux; les derniers sont traînants et sans force .» Quand la fille de Kinnara eut entendu cet enseignement de la loi, l’enivrement qui la possédait disparut. Elle éprouva de bonnes dispositions et fit un pranidhâna : « Dans le temps où tu arriveras à la possession de la Bodhi parfaite et accomplie au-dessus de laquelle il n’en existe pas, puissé-je alors être au nombre de tes auditeurs ! »
Bhagavat ajouta: «Que pensez- vous, Bliixus, celui qui, en ce temps-lâ, à cette époque-là, fut le jeune Rsi, c’était moi, et la fille de Kinnara, c’était cette Kuvalaj'â. »
Les Bhixus questionnèrent le Buddlia ; «Vénérable, quels actes Kuvalayà avait-elle faits pour être belle, admirable, charmante ? quels actes avait-elle faits, pour que l’état d’Arhat se soit manifesté pour elle ? »
Bhagavat répondit : «Bhixus, Kuvalajà, dans d’autres existences anciennes (12)... Le fruit des œuvres et la transmigration...
Autrefois, Bhixus, dans la voie du passé, quand les créatures vivaient qua rante mille ans, le parfait et accompli Buddha nommé Krakucclianda (14)... parut dans le monde. Il entra dans la ville de Gobhâvatî et y résida. Or, un maître de danse y arriva par le cliemin du sud. Le roi Çobha, en fréquentant Bhagavat, avait obtenu la vue des vérités, et il donna aux danseurs l’ordre suivant ; « Il faut que vous exécutiez en ma présence une danse bouddhique ~ » . Ceux-ci, prenant sur leur tète l’ordre du roi, répondirent : « Oui, vénérable »; alors tous les danseurs s’appliquèrent à exécuter une danse bouddhique digne d’examen, si bien que le roi, entouré de la troupe deses ministres ne put s’empêcher de prendre part à la danse Là, le maître de danse lui-même apparut en tenue de Buddha, et les danseurs se présentèrent en tenue de Bhixu. Ensuite le roi ravi, content, joyeux, couvrit d’un grand amas de richesses la troupe des danseurs avec le maître de danse en tête. Ceux-ci, ayant reçu de
‘ La correspondance des termes sanskrits et tibétains ne coïncide pas avec celle qu'on a vue plus haut. Les termes tibétains sont les mêmes que ci-dessus ; les termes sanskrits différent par la suppression de l'un des précédents (lin^àni) et l’adjonction d'un nouveau {vikriditdni).
2 Bauddhamnâlak'xvi. Je dis «danse »; peut-être vaudrait-il mieux dire : « drame » ou «pantomime».
3 Si bizarre que cela paraisse, je ne vois pas le moye.i de traduire autrement Yàvad râjâ amàtyaganaparivrto naiam ndtayicum âbj^ddha : — .Mais il n'y a rien de semblable dans le tibétain; il dit seulement ; « la danse fut exécutée en présence du roi accompagné de la troupe de ses ministres. »
AxNNALKS DU MUSEU GUIMKT
bonnes dispositions pour Tenseig'nement do Bhagavat, distribuèrent des dons largement, puis tirent un pranidliàna parfait : « Par cette racine de vertus, par cette production de pensée, par cet abandon conforme à la loi du sacrifice, puissé-je me concilier les Buddliasà venir et ne pas me les aliéner ! ».
Que pensez-vous, Bbixus ? — Les danseurs d’alors étaient précisément ceux qui avaient Kuvalayâ à leur tête. C’est parce qu’ils avaient fait ce pranidhana, qu’ils ont obtenu la manifestation de l’état d’Arliat.
C’est que, Bhixus, les actions entièrement noires (5)... Les actes blancs et les actes noirs.
Ainsi parla Bliagavat... (2)
Rapprochements et remarques
Nous avons dit, dans le préambule, et le lecteur a pu juger lui-même, que ce récit est un véritable Jâtaka. C’est peut-être là ce qui explique la mention J ûtaliamadhvani mise dans le Ms. népalais devant le titre du récit suivant. Jâtakamadhvani, expression très peu correcte (il faudrait jâtahasya on jàtakànûni adhvani) doit signifier « dans la voie du (ou des) Jâtaka ». C'est vraisemblement une remarque, une note, une glose mise à la suite du Kuvalajâ ; elle aura été maladroitement incorporée dans le texte, plus maladroitement encore ajoutée au titre du Kâeika-sundarî (qui n’est pas un Jâtaka), au lieu de rester soudée à la conclusion du Kuvalajâ (qui peut à bon droit être considéré comme tel).
G. KÀÇIKASUNDAR'i (76)
— La belle de Kâçi —
Lo bieidieureux Biiddha (1)... résidait à Béiiarès, à Bsipataiia, dans le Mrgadàva.
Or, dans la ville de Béiiarès, le roi Brahmadatta exerçait la royauté (10). . . Roi paissant et juste...
Cependant ce roi joue avec sa reine etc... (0)... Une fille naquit, belle, admirable, charmante, bien pourvue de tous ses membres et organes. Une fête fut instituée à l’occasion de sa naissance, et on lui donna un nom... Les parents dirent : puisque c’est la fille du roi de Kàçi et qu’elle est bien belle (surùpà), que le nom de cette enfant soit donc Kàçisundarî (la belle de Kâçi).
La petite Kàçisimdarî fut confiée à huit nourrices (7)... Education brillante...
Quand, avec le temps, la jeune Kàçisundarî fut devenue grande, les six rois voisins ^ envoyèrent un messager à Brahmadatta avec cette invitation : «Nous avons appris qu’il t’est né une fille; il faut que tu l’accordes à un de nos fils. » Alors le roi entra dans son boudoir et, la joue appuyée sur sa main, resta plongé dans ses réflexions; il se disait : « Si je la donne à l'un d’eux, j’aurai des difficultés avec les autres ».
Cependant la jeune Sundarî, parée de tous ses ornements, vint trouver son père, le voyant tourmenté par le chagrin, et l’interrogea : « Cher (père), pourquoi te fais-tu du chagrin ?» — Son père lui expliqua ce qu’il en était. — Alors Kàçîsundarî dit à son père ; « Cher père, qu’un messager soit envoyé aux rois voisins pour leur dire : dans sept jours, la jeune Kàçisundarî recourra au Svayamvara ; que chacun de vous fasse donc ce qu’il a à faire. »
Quand le septième jour fut arrivé, les rois voisins se réunirent. Kaçisundarî, montée sur un char, arborant un étendard jaune et tenant en main une image du Buddha, s’avança vers l’assemblée des rois et dit : « Ecoutez, messieurs les rois voisins, je ne fais cas ni de votre beauté, ni de votre jeunesse, ni de vos richesses et de vos jouissances, ni de votre souveraineté ; je n’aspire pas à la satisfaction des désirs (charnels). Voici l’image, reproduite par le dessin, du bienheureux Buddha ; je suis de ses auditeurs, je veux être initiée à son enseignement » .
Etant donc allée à Rsipatana, elle salua les pieds de Bhagavat et parla ainsi à Bhagavat : « Vénérable, puissé-je recevoir l’initiation à la discipline de la loi bien enseignée, la consécration, la condition de Bhixu, et pratiquer la pureté en présence de Bhagavat. Alors Bhagavat la confia à Mahâprajâpati qui l’initia et la consacra. Elle donc (23)... Arrivée à Vêlai dAirhat...
Alors, ces fils de rois songeant à tout ce qu’il y avait en elle de beauté, de jeunesse, d’éclat, troublés par l’ivresse de la passion, prétendirent la demander quoiqu’elle fiit initiée. Se voyant demandée par eux, semblable au roi des cygnes qui étend ses ailes, elle s’éleva dans les régions de l’air et com-
1 Je rends ainsi prâtisonia (« qui est contre la lune »?) traduit en tibétain par ni og « sous le soleil. » — Je suppose que ces termes indiquent une position astronomique des lieux qui les montre comme voisins: ils reviennent fréquemment dans les textes sanskrits et tibétains.
ANNALES DU MUSEE GÜIMET
mença à faire voir divers prodiges. La puissance surnaturelle fait bien vite croire les gens simples : quand les fils de rois virent ces merveilles, ces prodiges qui amènent à la foi les dieux et les hommes, tous leurs poils se hérissèrent; ils tombèrent à ses pieds et lui demandèrent pardon : « Pardonne, ô notre sœur, lui dirent-ils, toi qui as manifesté de telles lois, il serait déplacé que tu goûtasses (la satisfaction) des désirs (charnels) ».
Alors Kàçisundarî descendit des régions aériennes et, se tenant devant la foule, fit une explication de la loi appropriée (à la circonstance). Après l’avoir entendue plusieurs centaines de milliers d’hommes atteignirent- la grande supériorité ou l’excellence (ntahân-viçem).
Alors les Bhixus, ayant conçu un doute, questionnèrent le bienheureux Buddha, celui qui ôte tous les doutes : Vénérable, quels actes Kàçisundarî avait -elle faits pour être belle, admirable^ charmante, et pour que, après son initiation, l’état d’Arhat lui ait été manifesté?
Bhagavat répondit : Bhixus, Kàçisundarî, dans d’autres existences passées, (12)... Le fruit des œuvres et la transmigration...
Autrefois, Bhixus, dans la voie du passé, dans ce môme Bhadrakalpa où nous sommes, quand les créatures vivaient trente mille ans, le parfait et accompli Buddha Kanakamuni (14)..., apparut dans le monde...
Or, il y avait là une fille de roi, croyante, vertueuse, ayant de bonnes inclinations, appliquée à son propre bien et au bien d’autrui ; elle fit faire un Vi hàra qu’elle remplit de tous les meubles (nécessaires), et l’offrit à Bhagavat et à la confrérie de ses auditeurs.
Et (plus tard) s’étant fait initier à l’école du parfait et accompli Buddha Kâçyapa^ elle développa en elle l’amour (maitrî) pendant dix mille ans.
Que pensez-vous, Bhixus ? Celle qui fut la fille du roi, c’était précisément cette Sundarî.
C’est parce qu’elle a donné un Vihâra, qu’elle est belle, admirable, charmante ; c’est parce qu’elle s’est fait initier sous le Buddha Kàçyapa et a développé l’amour en elle-même pendant dix mille ans, que maintenant l’état d’Arhat s’est manifesté pour elle.
1 Le MaiiMsci'it népalais porte Kanakamuni; mais on lit clins le Kandjour od-sruù, traduction du du mot Kàçyapa, qui représente évidemment la vraie leçon.
AV ADÀNA-GATAKA VIII, 7, (77) 287
C’est que, Bhixus, les actes entièrement noirs (5)... Actes blancs et actes noirs. . .
Ainsi parla Bhagavat (2)...