SUBHÜTI (9lj
Le bienheureux Buddha (1)... résidait à Grâvastî, à Jetavana, dans le jardin d’Anâthapindada.
Lorsque, Bhagavat étant arrivé à la Boclhi parfaite et accomplie au-dessus de laquelle il n’y en a pas, ses auditeurs furent répartis entre les différents pays pour le bien de ceux qui étaient susceptibles de conversion -, en ce temps -là, ceux qui étaient adonnés au Dbyâua s’installèrent dans une région (du plateau) du Méru pour s’y livrer au Dliyâna.
Cependant Suparni le roi des oiseaux enleva (du sein) de l'Océan le petit d’un Nâga, le porta dans (cette) région du Sumeru et se mit à s’en repaître. Au moment où il perdait la vie, le petit de Nàga disposa bien son esprit en faveur des grands auditeurs, et mourut (ainsi).
Lors de sa mort, il y avait à Çràvastî un brahmane appelé Bhùti ; il entra dans le sein de la première épouse de ce (brahmane), (^uand huit ou neuf mois furent écoulés, elle accoucha et donna naissance à un enfant beau, admirable, charmant... (6)... F'éte de naissance ; imposition de nom.
Les parents dirent ; «Puisque le père est Bhùti, que le nom de cet enfant soit donc Subhùti (bon Bhùti). »
Lejeune Subhùti fut élevé, crut, devint grand ; parla vertu toute-puissante d’une cause antérieure il était excessivement irascible, colère, animé d’un esprit de contrariété presque constant. Son père et sa mère l’arrachèrent à l’Atharvana^ pour le faire initier à l’école des Rsis. Là il se livra au Dhyàna ; étant donc entré dans une forêt il y résidait.
Dans cette même forêt habitait une divinité qui avait vu les vérités j elle eut pitié de lui : « Ce fils de famille, pensa-t-elle, est dans un état de colère et d’esprit de contrariété presque continuel j ce qui l’empêche d’arriver à l’excellence (Viçesa). Si je lui faisais voir Bhagavat, moi?» Alors cette divinité célébra les louanges du Buddha, de la Loi et de la Confrérie en présence de Subhùti. Un vif désir de voir Bhagavat se produisit chez Subhùti, et la divinité, en vertu de sa puissance surnaturelle, le transporta en présence de Bhagavat.
11 vit donc le Buddha (16)... Description physùpie du Buddha... A l’instant même où il l’aperçut, les dispositions violentes dans lesquelles il
* Atharvanâdvanidarvya. — Vanidarvya (que je lis «jOh'..) est rendu en tibétain phyung-ste (ayant ôté) et représenté par vinihrtya dans le Kalpa dr.-av. qui parle de V Atharvana comme d’un livre, apparemment le quatrième Veda, \'Atharvan, compté comme un Veda par les Bouddhistes qui, pourtant, semblent ne connaître que trois Vedas.
était à regard des êtres s’évanouirent, de bonnes dispositions naquii-ent en lui ; il tit le salut des pieds de Bhagavat et s’assit devant lui pour entendre la loi, Bhagavat, connaissant ses inclinations, ses pensées, sa nature et son caractère, lui fit un tel exposé de la loi enveloppant l’explication des quatre vérités que, après l’avoir entendu... {22)... le fruit de Srota-âpatti se manifesta pour lui.
Ayant vu les vérités, il se fit initier à l’école de Bhagavat. A force d’application (23)... Arrivée â réfai d'Arliaf.
Alors l’Avusinat Subhùti chercha à rappeler (ses souvenirs). «D’où suis-je venu en mourant (se dit-il) ? Où ai-je repris naissance ? En vertu de quel acte?» 11 voit que, pendant cinq cents naissances, il était sorti, parla mort, uniquement (du milieu) des Nâgas, Cette pensée lui vint alors à l’esprit. « J’avais au plus haut degré accumulé une telle série de sentiments haineux que, pendant cinq cents naissances, j’ai repris la vie uniquement au milieu des .Xâgas, et j’ai, par cette cause, subi une grande détresse. Mais maintenant, je ferai en sorte que cette accumulation de sentiments haineux ne se produise pas pour d’autres; je veux leur épargner un sort semblable au mien, c’est-à-dire, la déchéance après qu’ils auront quitté leur corps, l’entrée dans la voie mauvaise, la perdition, la renaissance dans les Narakas. »
Il prit donc le chemin de la paix h Chaque fois qu’il avait le désir de s’arrêter quelque part, en vue des aumônes, que ce fut dans la confrérie, ou dans un village, ou dans un lieu habité (quelconque) ou dans la campagne, il commençait par examiner le terrain® : «Pourvu (se disait-il) que personne n’ait de motif pour avoir de mauvais sentiments envers moi »; à la fin, même à cause d’une fourmi, ou d’un autre insecte, il abandonnait son attitude irritée (?) pour en prendre une nouvelle ^ : par ce moyen, ces êtres avaient de bonnes
i Ou de la forêt. I.e texte est soranyaîTi pratipadaîTi samàdJya: le tibétain rend aranyanb par non 'liions nied-pa, qui, plus loin, traduit arana et, en est d'ailleurs donné comme l'équivalent dans le Dict. tibétain-sanskrit.
Mais le Kalpa dr.-av. parle très clairement d'un séjour dans la forêt et contredit l'interprétation tibétaine. Je crois que, ici, et même ailleurs, on a fait une confusion entre arayna (forêt) ei arana négatif de raw (passion ardente, bruit, bataille). Arana est même donné avec le sens de « forêt. »
* Govacanaiîi (pour yocara'oi qui est dans le Kalpa-dr.-av.) tibétain : Spyod-yul. s Antata : huntüpipîlakopîtasatamîryàpathaniapaçrtenàhhiniinayali. Le libètain construit la phrase différemment, mais arrive au sens que je donne et que je tire aussi du texte sanskrit, quoique très incorrect.
AV ADÂNA-GATAKA X, 1, (91) 369
dispositions d’esprit. C’est ainsi que, même dans l'état d’Arhat, il éprouve encore de l’angoisse C
Alors cette pensée se produisit dans l’esprit de l’Ayusmat Subliûti : « Si maintenant je faisais quelque chose pour le bien de beaucoup de gens?» Alors, en vertu de sa puissance surnaturelle, il fit apparaître cinq cents Suparnis ; et les Nâgas effrayés, tremblants, bouleversés couraient éperdus çà et là. Mais Subhùti les protégea par la force de sa puissance surnaturelle. Alors la loi d’amour (Maitri) fut enseignée à ces Nâgas dont les esprits étaient bien disposés. De rechef, mais au rebours, il fît apparaître une forme gigantesque de Nâga : les cinq cents Garudas accoururent; ceux-là aussi eurent peur à leur tour, et la loi d’amour leur fut enseignée.
C’est ainsi qu’il convertit des tribus de cinq cents Nâgas et Garudas.
Bhagavat alors s’adressant aux Bhixus : « Bhixus, le premier des Bhixus mes auditeurs qui résident dans la paix (at'anâvihârinâm) est -il autre que le fils de famille Subhùti ? »
Les Bhixus, ayant conçu un doute, questionnèrent Bhagavat celui qui détruit tous les doutes : « Vénérable, quels actes Subhùti avait-il faits pour (mériter) d’être désigné comme le premier de ceux qui résident dans la paix ? »
Bhagavat répondit: Bhixus, Subhùti, dans des naissances antérieures... (12)... Le fruit des œuvres et la transmigration.
Autrefois, Bhixus, dans la voie du passé, dans ce même Bhadrakalpa où nous sommes, quand les créatures vivaient vingt mille ans, le Buddha nommé Kâçyapa. . . (14)... parut dans le monde. . .
Etant entré dans la ville de Bénarès, il y résidait à Rsipatana, dans le Mrgadâva. Là, ce (Subhùti) se fit initier ; il fit des dons et des largesses et pendant douze mille ans garda soigneusement l’habitation dans la pureté et la chasteté. 11 fit aussi ce pranidhâna : Par cette racine de vertu, par cette production de pensée, par cet abandon conforme à la loi du sacrifice, puissé-je,
■* Je traduis d'après le \\hé\.nmde-dgi'a-vcoin-nicl-yin-du-sin-hyaà-de‘lta-hui-nam-na-va.-myoAgo. Le teste sanskrit Evamoidkâni sâvhanyatrayânâinanubhavatiti doit être incomplet et fautif. Le Kalpa-dr.-av. ne parle pas a d'angoisse » dans la phrase correspondante qui est athasorhanlrimâsandru atyayâd hodhimànasa Je donne plus loin la traduction de la j ortion du teste du Kalpadr.-av. correspondant à tout ce paragraphe dont l'interprétation est difficile quoique la pensée générale soit assez claire.
Ann. g. — XLV
ANNALES DU MUSEE GUIMET
lorsque loi, disciple, que le bienheureux Kâçjapa a^ déclaré (son) disciple supérieur, à l'époque où la vie des créatures humaines durera cent ans, tu seras le Tathagata, Arhat, parfait et accompli BiiddhaÇàkjamuni, (puissé-je) me faire initier à l’école de ce (Buddha) et être (parmi ses disciples) le premier de ceux qui résident dans la paix (aranâvihàrinàm agra:).
Quels actes avait-il faits pour naitre parmi les Nàgas ? C’est pour n’avoir pas renoncé aux Kleças, pour avoir suivi les égarements des sens, pour n’avoir pas mis une limite aux chemins du Karma, pour avoir eu de mauvais sentiments à l’égard des Bhixus, ceux qui étaient instruits comme ceux qui ne l’étaient pas, pour avoir tenu dans les conférences un langage à venin de serpent^ c’est pour cela qu'il a pris naissance parmi les serpents.
C’est pour avoir fait des dons et des largesses, pour avoir liahité dans la pureté et la chasteté que la qualité d'Arliat s’est manifestée pour lui maintenant et qu’il a été déclaré le premier de ceux qui résident dans la paix.
C’est que, Bhixus, les actes entièrement noirs (5)... Actes blancs et actes noirs...
Ainsi parla Bhagavat... (2)...
Rapprochements et remarques
I. Le Subhûti est le dixième texte du Kalpa-dr.-av., où il occupe les feuillets 68-85, sous le titre de Subhûti-bràhmana-avadâna. En voici l’analyse :
Le Buddha, étant à Çràvasti, envoie des prédicateurs de sa doctrine dans toutes les directions. Ceux qui se livrent au Dhj’àna vont dans un canton du Meru; ils y étaient déjà quand le petit d’un Nàga, enlevé par un Garuda, les voit, et, au moment où son ravisseur le dévore, fait un vœu pour être comme ces contemplateurs. Il renaît dans le sein de l'épouse de Bhûti, brahmane de Çràvasti, et reçoit le nom de Subhûti.
Son éducation; violence de son caractère (décrite en 4 clokas); ses études, grands progrès, vaste instruction. Après avoir tout lu, il se plaisait surtout dans l’Atharvam. Le père redoute une telle lecture pour son fils semblable au feu {agnikal-pa), et lui adresse un long discours pour le détourner de cet Atharva propre seulement à développer « les Kleças de la Màyà, » et lui inspirer le goût de la retraite parmi les Rsis (24 çlokas). — Subhûti entre dans les vues de son père et ne demande qu’à être initié. Le père
* AçivIsavûpcnâsainudrdcaritds.Je remplace sanuidrà par samvâdâ. — Le Kalpa-dr.-av. a âçivisavddcna vikvûsi/ûbhânisa' ghike « ayant vociféré dans les conférences delà Confrérie avec un langage empoisonné par un venin de se-pent ».
AA^ ADÂxNA-ÇATAKA X, 1, (91)
s’empresse de l’envojer aux Rïsis et lui recommande de vaincre sa colère, par une dernière exhortation de 0 çlokas.
Subhûti est initié; mais, sous la tenue de Muni, la violence de son caractère réparait; il dispute avec tout le monde sur un ton très âpre, citant les livres qu’il a lus. Son Guru étonné se demanda la cause d’un si mauvais caractère dans un homme d’une si grande instruction et si bien doué. Il lui fait une leçon, un interminable discours de 211 çlokas, sur la vertu et le vice, les quatre castes et le cas qu’il convient d’en faire. La leçon produit son etfet, et Subhûti, plongé dans le Dhyâna, finit par dompter sa colère.
Cependant, une divinité sylvesire qui le voit comprend que ce moyen ne suffit pas, qu’il faut une autre influence, que l’esprit de Bodhi peut seul vaincre les passions; elle lui propose de se réfugier dans les trois joyaux. Bonne volonté de Subhûti qui n’aspire qu’à voirie Buddha. La divinité le transporte, par sa puissance surnaturelle, en présence duBuddha. Dès qu’il l’aperçoit, Subhûti, plein de bonnes dispositions, se met en posture d’écouter la loi. Exhortation du Buddha en 6 çlokas; il recommande la compassion [karunâ), la joie {mudilâ), l’indifférence {upexâ), et le bien-être {sukham), qui en est la conséquence.
Subhûti devient Srota-âpanna, puis se fait initier, entre dans la confrérie et arrive à l’état d’Arhat.
Réflexions de Subhûti sur son passé : il reconnaît l’influence exercée par la colère et se résout à habiter la forêt pour y vivre d’une façon très sévère. Nous donnons ici la traduction du passage correspondant à un paragraphe obscur de l’Avadàna- çataka i
Avant pris cette détermination dans son esprit, Subhûti, sans orgueil, habitait dans des recoins retirés de la forêt, sans attachement, avisé. Demeurant donc là seul, appliqué au quatrième Dhyâna,
Se contentant de fruits, de racines, d’eau, il était joyeux, le brahmacâri :
Alors soit dans la confrérie, soit au village, dans le pays (habité), dans les campagnes,
ou lorsqu’il avait le désir de s’arrêter pour recueillir les aumônes, il commençait par examiner le terrain et faire ses observations.
Oh ! partout, dans (ces) pays, les gens sont dépourvus de qualités, orgueilleux, aveuglés par le trouble de l’enivrement, méchants, égoïstes, trompeurs.
Gomment donc irai-je ici, de maison en maison, pour recueillir des aumônes?
Ils auront de mauvais sentiments en me voyant en Yati ; c’est là ce qui fait errer les gens dans les mauvaises voies, pendant des milliers de kotis de Kalpas, sans qu’ils soient délivrés de la mauvaise voie.
Aussi veux-je prendre des sentiments de pitié pour tous les êtres, insectes, fourmis, etc., et demeurer dans le Dhyâna, m’y complaisant; par ce moyen, tous les êtres éprouveront de bons sentiments.
En adoptant cette loi, un Yati obtiendra la délivrance.
ANNALES DU MUSEE OUIMET
Ayant bien gardé cela dans son esprit, Subhûti, l’intelligent, habita dans un lieu retiré de la forêt, se plaisant dans le Dhyâna.
Alors après trois mois écoulés, cet Arhat, animé de l’esprit de Bodhi, se mit à réfléchir ainsi...
Sa réflexion fut qu’il ne suffit pas de se perfectionner soi-même, qu’il faut aussi perfectionner les autres. Il fit donc apparaître cinq cents Garudas, dont le rassemblement soudain mit en fuite les Nàgas éperdus. Mais Subhûti calme les Garudas et protège les Nâgas, ce qui cause une admiration générale. Alors Subhûti, profitant de cette grande réunion d’êtres, leur fait une belle leçon sur la colère, l’amour et la réconciliation. La leçon est longue, elle occupe 133 çlokas,-mais elle porte ses fruits : les races ennemies des Nâgas et des Garudas sont réconciliées.
Le Buddha déclare Subhûti le premier de ceux qui résident dans la paix. Les Bhixus veulent savoir quelles actions lui ont valu cet avantage.
Le Buddha explique que, du temps de Kàçyapa, il s’était fait initier; il était fort libéral et avait fait le vœu d’obtenir la qualité d’Arhat et le titre de premier des disciples qui résident dans la paix sous le Buddha Çâkyamuni. Sa naissance parmi les Nâgas s’explique par certains défauts, entre autres par les discours venimeux dont il assaisonnait sa conversation. Ici le Kalpa-druma-avadàna, tout en étant plus prolixe que l’Avadâna- Çataka, en reproduit les expressions, sans citer plus que lui des faits à l'appui de ses assertions.
II. Il existe, dans le recueil pâli Apadâna, un texte relatif à un Subhûti qui doit être notre personnage, quoique l’on n’aperçoive guère de coïncidence avec notre récit sanskrit. Ce texte pâli est très long; il y a beaucoup de redites et de développements. J’en donne ici l’essentiel :
1. Non loin de l’IIimavat est une montagne appelée Nisabha; j’y avais un ermitage bien fait, une hutte de feuillage.
2. Sous le nom de Kosiya, ermite aux cheveux nattés... j’habitais seul, sans compagnon, sur le Nisabha.
3. Ma nourriture était de fruits, de racines, de feuilles... (Longue description du régime de l’ermite)...
22. Pendant que je résidais là, m’appliquant à la vigilance, trente mille années se passèrent pour moi sur la montagne.
23. Voyant que je pratiquais la vigilance et poursuivais le but suprême, le parfait
Buddha Padumuttara vint se présenter à moi (Description et éloge du Buddha)
11 s’avançait alors dans l’air.
29. Pur comme le Kailâça, tel que la lune mère des mois, tel que le soleil de midi, il s’avançait alors dans l’air.
30. En le voyant s’avancer dans l’atmosphère, je me dis en moi-même : Ce doit être un dieu, Çakra, ou un plus jeune.
31. Je n’ai jamais ouï dire qu’il existe ni vu un homme tel que celui-ci... Ce doit être le Maître.
AVADÂNA- ÇATAKA X, 1, (91) 373
33. En faisant ces réflexions, je disposai mon esprit en sa faveur : je rassemblai diverses fleurs et des parfums.
33. Je préparai un siège de fleurs, comme pour un Guru, (un siège) délicieux, (et m’adressant) au chef des hommes, au premier des hommes, je parlai ainsi :
34. Voici mon siège, héros! Il est préparé pour toi, convenable pour toi; égaye mon esprit et assieds-toi sur le siège de fleurs.
35. Alors Bhagavat s’étant assis, tel qu’un lion intrépide, resta, lui, leBuddha, pendant sept jours et sept nuits sur le siège de fleurs.
36. Et moi, l’adorant, je restai debout pendant sept jours et sept nuits, jusqu’à ce qu’il se relevât de son extase, le maître qui n’a pas de supérieur dans le monde.
37. Proclamant mon action, il prononça cette parole : Tuas développé la commémoration du Buddha ; il n’y a pas de développement supérieur à celui-là. .
38. Puisque tu as développé cette commémoration, tu rempliras tes désirs; pendant trente mille kalpas, tu garderas les délices dans le monde des dieux.
39. Quatre-vingts fois, chef des dieux, tu exerceras la royauté divine; mille fois, comme Gakravartin, tu auras la royauté suprême.
40. Tes grands gouvernements de province ne pourront se compter ; tu jouiras de tout cela (parce que c’est) le fruit de la commémoration du Buddha.
41. Transmigrant dans diverses existences, tu obtiendras de grandes jouissances. H n’y aura pas de lacunes dans tes jouissances : c’est le fruit de la commémoration du Buddha.
42. Dans le cent millième kalpa, un rejeton de la race d’Okkàka, Gotama, tel est son nom, sera le maître dans le monde,
43. Après avoir disposé 80 kotis d’esclaves, une quantité de serviteurs, tu te feras initier à l’école du Bhagavat Gotama.
44. T'étant concilié le parfait Buddha Gotama, le premier des Çâkyas, tu seras, sous le nom de Subhûti, un auditeur du maître.
45. Siégeant dans l’assemblée des Bhixus, tu auras les avantages des qualités qui méritent des offrandes, et les mêmes qualités dans le vihàra : sur ces deux points, tu auras le premier rang.
46. A ces mots, le parfait Buddha, le meilleur des lotus, le chef s’en alla bravement par les airs comme le roi des cygnes...
47. Après avoir reçu ces ordres du protecteur du monde et avoir adoré le Tathâgata, toujours, pendant mon existenee, je faisais la commémoration supérieure du Buddha.
48. Par suite de cette bonne action et des vœux de mon esprit, après avoir abandonné le corps d’homme, je vins chez les Trayastriihçats.
49. Quatre-vingts fois chef des dieux, j’exerçai la royauté divine... (Répétition des stances 39-41 avec les variantes convenables)...
52. Dans le cent millième kalpa, accomplissant des actes et faisant des dons, je no connais pas la mauvaise voie.