‹ Avadâna-C̦atakaChapitre 43 sur 167 · PÜRNA (OU PÙRNA-BHADRA) (I · texte numérisé non relu

PÜRNA (OU PÙRNA-BHADRA) (I

Le bienheureux Buddha... (1) étant entré à Râjag-rha résidait à Venuvana dans l’enclos du Kalandaka.

11 y avait alors peu de temps que Bliagavat avait atteint la Bodhi parfaite, et sa gloire était complète dans le monde entier.

Or, dans une région des contrées montagneuses du Sud demeurait un nommé Sampûrna^ brahmane riche... (9) Description d'un homme riche et croyant. . . (8) Aussi entreprenait-il des sacrifices pour tous les hérétiques, sacrifices complets et de toutes pièces, dans lesquels il nourrissait plusieurs centaines de mille de Tîrthikas.

A l’époque où Bliagavat convertit le roi Bimbisâra avec sa cour, et où la conversion de ce (prince) entraîna celle de beaucoup de centaines de mille d’êtres vivants, à cette époque-là, des parents de Pùrna, venus de Rajagrha se mirent à célébrer devant Pùrna les louanges du Buddha, de la Loi, de de la Confrérie^.

I Sa-Pûriia, et dans un autre passa^'e Sampùr.ia; partout ailleurs Pùrna.

* Le discours, indiqué ici, est donné tout au lonj dans le Kalpa-drutna, ainsi qu'on le verra dans le rapprochement ci-dessous.

AV A DANA- ÇATAK A I, 1, (1) 25

Ayant ainsi entendu glorifier les qualités de Bliagavat, Pùrna, le riche brahmane, en ressentit une grande joie^. Il monta sur (la terrasse de) sa maison, se tint la face tournée vers Rajagrha, et, plaçant contre terre la rotule de ses deux genoux, il jeta des fieurs, de l’encens et de l’eau, puis sc mit à implorer Bhagavat : « Que Bhagavat vienne (assister) à mon sacrifice et visiter l'aire de mon sacrifice! » Alors, par la puissance bouddhique des Buddhas, par la puissance divine des dieux, ces fleurs se tinrent au-dessus de Bhagavat en formant comme un pavillon de fleurs, l’encens étant comme un amas de nuages, l’eau comme une colonne de lai)is lazuli.

Alors l’Àyusmat Ananda, faisant la jonction des mains, questionna Bhagavat : « D’où vient cette invitation, ô vénérable? — Bhagavat reprit : Dans les régions méridionales, Ananda, demeure un riche brahmane du nom de Sampûrna. 11 nous fout aller là ; Que les Bhixus se tiennent prêts! »

Là-dessus Bhagavat, entouré de mille Bhixus, fit le voyage de la contrée des montagnes du Sud, et se tenant près de l’aire du sacrifice du riche brahmane Pûrna, fit cette réflexion : « Si j’amenais à la foi ce brahmane Pùrna au moyen d’un prodige de la puissance surnaturelle ! » — Alors Bhagavat rendit invisibles ses mille Bbixus, et, seul, ayant à la main son vase à aumônes et son pot à l’eau, il se tint en présence de Pùrna.

Piirna aperçut Bbagavat doué des trente-deux signes (16)... Description physique du Buddha... L’ayant vu, il s’approcha en toute hâte, en toute hâte de Bhagavat, et lui dit : « Que Bhagavat soit le bienvenu, que Bhagavat s’asseye, et fasse quehpie chose en ma faveur ! » Bhagavat dit : « S’il est fait abandon de quelque chose, que l’objet donné soit déposé dans ce vase! » A ces mots, le riche brahmane Pùrna, entouré de ses cinq cents disciples, se mit à remplir le vase de Bhagavat de divers aliments comestibles, solides, liquides, propres à être léchés, bus, sucés. Bhagavat fit }>asser la nourriture de son propre vase dans les vases de ses mille Bhixus. Dès que Bhagavat fut sûr que les vases de ses mille Bhixus étaient pleins, alors il montra son propre vase (encore) rempji.

Quand Bhagavat eut fait voir ses mille Bhixus, rangés en demi -lune, chacun avec son vase plein, les divinités qid se tiennent dans l’atmosphère firent

1 Prasâda que le tilétaiii rend jmr D .ai Axx. G. -- XIX.

ANNALES DU MUSEE GUIMET

entendre cotte parole : « Ils sont [)leins, les vases des mille Bliixus de Bliagavat ! »

Lorsque Pùrna vit ce prodige, la joie^ naquit en lui, et, comme un arbre déraciné, ravi, satisfait, enchanté, rempli d’une joie extrême et d’un contentement intime, il tomba aux pieds deBhagavat, et se mit à formuler un vœu : « Puissé-je par cette racine de vertu (21)... Vœu pour la Bodhi...

Alors Bhagavat, connaissant, à l’égard de ce brahmane, la succession des causes et la succession des actes, fit voir le sourire. Or c’est une règle quand les Buddhas font voir le sourire que (19)... Le rire des Buddhas) Prédiction de la Bodhi.

« Ànanda, ce riche brahmane Pùrna, par cette racine de vertu... sera, sous le nom de Pùrnabhadra, un parfait et accompli Buddha.

Lorsque Bhagavat eut prédit au riche brahmane Pùrna la Bodhi parfaite au-dessus de laquelle il n’y en a pas, Pùrna nourrit Bhagavat avec l’assemblée de ses auditeurs pendant trois mois sur l’aire du sacrifice, et il fit encore pousser en lui même diverses racines de vertus.

En conséquence, Bliixus, voici ce que nous devons apprendre : nous honorerons le maître (3)... Le culte du maître.

Ainsi parla Bhagavat (2) . . .

Rapprochements et remarques

I. Le Pûrnabhadra-avadâna se retrouve dans le deuxième texte du Kalpa-druma-avadâna (fol. 7 12), lequel n’en est qu’une traduction libre en vers; car il en reproduit toutes les parties. "S’oici du reste l’analyse du deuxième texte du Kalpa-druma.

Longue description du Buddha siégeant à Râjagrba. — Conversion de Bimbisâra et impression quelle produit. Pùrna, du pays de Yâmyagiri, reçoit la visite de ses parents.

Ceux ci, qui viennei.t de Râjagrba, racontent la vie du Buddha et en font un éloge

emphatique. — Prières et offrandes de Pùrna au Buddha. — Voyage du Buddha dans le pays du sud. Prodige de la multiplication de nourriture, célébrée par les dieux. — Vœu de Pùrna. — Rire du Buddha. — Prédiction.

Les deux récits sont, on le voit très concordants, les expressions même coïncident souvent. L’amplification la plus saillante du l’écit versifié est le discours des parents de Pùrna sur le Buddha, son histoire et ses mérites, discours qui dans le texte en prose est l'objet d’une simple mention (ainsi que nous l’avons diji» noté).

IL Une autre version de ce récit ouvre le VllP chapitre du Karma-Çataka, dont l’ori-

rrasû la (til>. Bga.)

AV adàna-(;atak A I, 2, (2) 27

ginal sanskrit est jusqu’à présent inconnu, mais qui se trouve dans le Kandjour (volumes XXVII et XXVlll). Comme j’en ai donné la traduction dans le tome V des Annales du, Musée Guimet (p. 381-5), je m’abstiens de la reproduire ici et je laisse au lecteur que cela peu intéresser le soin de faire la comparaison. 11 y a quelques différences notables.

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