‹ Avadâna-C̦atakaChapitre 45 sur 167 · MAT · texte numérisé non relu

MAT

Voici donc Bhixus (î3)... Le culte du maître...

Ainsi parla Bhagavat (2).

Rapprochements et remarques

I. Le 11® texte du Kalpa-driinia-avadâna (f®* 85-93) n’est autre que \e Yaçonialî. Bien qu’il corresponde parfaitement au n'cit de l’Avadâna-Çataka, il se distingue non

1 Ou qui force à croire, âvurjanakaram : le libéiain le rend par : da '-par byed-pa.

2 Correction ; le manuscrit ] orte Ratmanali.

AYADÀNA-ÇATAKA I, 2, (2) 29

seulement par des amplifications outrées, mais même par certains détails. En vojci le résumé :

Longue description du Iluddha résidant dans la maison à étages. — Il entre à Vaieîdî avec le dessein de convertir Yaçomatî (ce qui n’est pas énoncé dans l’Avadana Gataka). — Il est reçu par le Sênapati (général).

Yaçomati fait connaître ses sentiments à son beau-père le général, par l’intermédiaire de sa belle-mère (autre détail qui n’est pas dans l’Avadàna-Gataka). — Elle invite le Buddba à un repas, qui est signalé par les prodiges connus. — Interminable discours de Yaçomati au Buddba qu’elle exalte et compare à tout ce qu’il y a de puissant et de grand au ciel et sur la terre (Brahmâ, Visnu, Giva, Agni. Yama, Vira, Paci, Vâyus, le soleil etc., etc.) — Réponse du Buddba, qui est un interminable sermon sur les difficultés et les moyens d’obtenir la Bodlii. — Vœu de Yaçomati. — Rire et prédiction du Buddba.

Bien que le récit versifié porte la marque d’une amplification du récit en prose de l’ Avadâna-Çataka, il y a certains détails, deux ou trois, qui ne paraissent pas provenir de cette source, soit que le versificateur lésait trouvés ailleurs, soit qu’il ait pris sur lui de les inventer.

II. Le nom bouddhique de Yaçomatî doit être Ratnamati {q\\\ pense aux joyaux) d’après le manuscrit ; mais Ratmamati parait n’être qu’une correction de Ratnamati (celle qui a de joyaux) calqué sur Yaçomati (celle qui possède la gloire). Gomme on ne peut être Buddba que sous la forme masculine, un Buddba ne peut porter un nom de femme ; c’est pour cela sans doute que l’on a fait Ratnamati de Ratnamati. Mais il fallait corriger Ratnamati en Ratnamat, ou plutôt Ratnamati est une correction maladroite de Ratnamat. Ratnamat (possédant des joyaux) (en tibétain : Rin-cben-ldan) doit être le véritable nom.

III. La visite du Buddba au généi’al « Lelion » (sinon celle même de notre Avadâna, au moins une autre analogue) est citée dans les textes pâlis. — Le Jàtaka 240 commence ainsi :

Le maître était entré à Vaiçâli et résidait dans une salle de la maison à étages, lorsque, à l’occasion du général Simha, il dit le Bàlovadâjâtakam sur le blâme du fou).

Ge (général Simha), ayant pris refuge dans le Buddba, l’invita (à plusieurs reprises), et un jour lui offrit un repas où il y avait de la viande.

G’est là tout ce que ce texte dit de Simlia ; il n’est plus question de lui. Les disciples de Nâtaputta prennent occasion de ce repas où il y avait delà viande pour déblatérer couti'e le Buddba. Les Bliixus s’en émeuvent, et leur maître leur raconte que, jadis du temps de Bralimadatta, étant ascète, il avait été reçu par Nâtaputta, qui était alors propriétaire et lui avait servi un repas de poisson, pour se donner le plaisir de lui imputer ensuite le meurtre d’un être vivant, et que lui, l’ascète (le Bodliisattva), avait repoussé cette accusation en déclarant que le sage n’est point coupable d’un meurtre qui est le fait d’un fou. Gette défense nous parait bien faible; mais nous n’avons point à discuter la question. Nous retenons de ce récit deux traits essentiels : 1° les rapports d’amitié de Gâkyamuni-Goama et du général Simha; 2“ la liberté que prenait le Buddba d'accepter des aliments qui

ANNALES Dü MUSEE GCIMET

ne font pas partie de l’ordinaire d’un moine bouddhiste. Les avadânas du nord nous ofl'ient de nombreux exemples de cette dérogation à la règle, qui est constatée par la littérature du sud. Si riche en inventions récentes que puisse être le Yaçomati-avadâna, il se rattache à une tradition évidemment ancienne.

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