‹ Avadâna-C̦atakaChapitre 7 sur 167 · V. — Filiation des divers recueils · texte numérisé non relu

V. — Filiation des divers recueils

Gomment expliquer les rapports de ces diverses compilations et leur filiation ?

Postériorité du Dcûviûiçati. — En ce qui touche le Dvâviinçati-avadàna, c'est bien évidemment un recueil postérieur dont l’auteur a puisé dans l’Ava-

* Outre les textes identiques, il y en a plusieurs qui, soit en raison du sujet traité, soit en raison de certains épisodes, donnent lieu à des raj>prochemeu‘s ; mais je n’msiste jas sur ce point.

INTRODUCTION

dàiia-Çalaka, mais a puisé en même temps à d’autues sources. Si doue rAvadàiia-Çataka est primitif (et il l’est par rapport au Dvaviçmati-Avadàna), d’autres recueils le sont également.

Postériorité des trois recueils en vers. — Examinons maintenant les relations de l’Avadâna-Çataka avec les recueils versifiés? Faut-il considérer les récits des décades comme des abréviations de ceux des recueils versifiés ou ceux-ci comme des amplifications des premiers ? C’est cette seconde hypothèse qui semble la plus plausible. D’ailleurs, les récits vérsifiés portent les traces d’une rédaction plus moderne, telles que le nom do Visnu celui de Sukhavatî, la demeure d’Amitàbha, que les recueils versifiés citent, sans pourtant en abuser, mais que l’Avadàna-Çataka paraît ignorer absolument. En un mot, le Kalpa-druma-avadâiia, le Ratna-avadàna-mâlà, et probablement aussi l’Acoka-avadana-mâlà (dont je ne puis parler pertinemment, ne l’ayant pas étudié) otïVent des marques visibles d’une rédaction postérieure. Ils n’en résulte pourtant pas avec évidence qu’ils dérivent directement de l’Avadâna-Çataka.

Le cadre. — Que dire maintenant du cadre des recueils versifiés ? A-t-il été ajouté à ces recueils? ou a-t-il été supprimé dans l’Avadàna-Çataka ? Go centième récit, rattaché par une sorte do raccord, ingénieux, dirai-je ? ou maladroit, à 99 récits qui tous se rapportent à des événements de deux siècles plus anciens, qui se trouve dans un groupe autre que le sien, ne trahit-il pas un remaniement du texte ? N’est-il pas plus naturellement placé au début du Kalpa-druma-avadàna qu’à la fin de l’Avàdana-Çataka? — Mais alors faut-il conclure à l’antériorité des recueils versifiés dont nous avons tout à l’heure constaté à d’autres égards la postériorité ? Non sans doute. 11 suffit d’admettre que l’Avadâna-Çataka que nous avons est une seconde rédaction d’un recueil qui avait primitivement pour cadre un dialogue entre Açoka et Upagupta.

Z/0 grouj)ement des récits. — Mais alors comment faut-il envisager le groupement des récits ? Le système de l’Avadana-Çataka, qui met dans une même décade des récits du même genre dont les héros ont entre eux des analogies, semble bien naturel. Pourquoi les recueils versifiés mêlent-ils les récits des diverses décades tout en suivant l’ordre de ces décades ? L’auteur de ces recueils a-t-il pris sur lui de changer la disposition des récits, Ann. g. — XIX

xxir

ANNALES DU MUSEE GUIMET

OU a-t-il suivi l'ordro qui lui était indiqué par un ouvrage préexistant, lequel serait cette rédaction primitive de l’Avadana-Çataka dont nous parlions tout à l’heure? Dans ce cas, ce serait le compilateur de la rédaction dos décades parvenue jusqu’à nous qui aurait fait le changement.

Il y a relativement à ce groupement des textes deux particularités à noter : 1“ le dé[)lacement du récit 4 de la VI° décade, motivé par son lien chronologique avec le 5® do la II® ; 2® l’exclusion de la IV® décade, dont les rares représentants viennent toujours à la fin. — Je ne puis tirer de la première une conclusion certaine; mais il semble résulter de la deuxième que dans la rédaction primitive, hypothétique, de l’Avadàna-Çataka, les récits de la IV® décade n’existaient pas (d’où la conclusion qu’ils auraient été ajoutés plus tard), ou, ce qui est plus vraisemblable, qu’ils étaient à la fin de l’ouvrage et formaient un appendice.

Remaniement probable de V Acadàna-Çataka. — Ici encore nous sommes amenés à l’hypothèse d’une rédaction de l’Avadàna-Çataka antérieure à celle qui nous est parvenue. Cette rédaction aurait eu pour cadre un dialogue entre Açoka et Upagupta, les récits se présentant soit dans l’ordre où nous les donnent les récits versifiés soit dans l’ordre de notre Avadàna- Çataka, les Jàtakas de la IV® décade étant rejetés à la fin; le texte, sans être identique à celui de notre manuscrit, devait en différer très peu. — Un docteur bouddhiste inconnu aurait remanié le recueil pour lui donner sa forme actuelle. Quant aux récits versifiés, ils auraient été faits sur la rédaction primitive, le compilateur amplifiant les récits, modifiant plus ou moins l’ordre qui leur avait été primitivement donné, mais ne faisant ses modifications les plus hardies que dans de certaines limites; car l’harmonie des trois recueils versifiés prouve que les auteurs se sont réglés sur un recueil primitif dont ils ont scrupuleusement respecté l’arrange ment.

L’auteur. — L’existence de cette rédaction primitive et le nom do son auteur semblent consignés dans une note malheureusement assez obscure mise à la fin du Ms. sanskrit de l’Avadàna-Çataka. On y lit en effet : Samâp-

INTRODUCTION

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