‹ Avadâna-C̦atakaChapitre 73 sur 167 · GANDHAMÀDANA · texte numérisé non relu

GANDHAMÀDANA

Le bienheureux Buddha (1 ). .. étant entré à Rajagrha, résidait à Venuvana, dans l’enclos du Kalandaka.

C’était alors la coutume dans le pays du milieu, que les habitants du pays du milieu, dans toute la contrée’, oignissent leurs membres de divers onguents. Or, il y avait un fils de maître de maison : sa servante^, croyante vertueuse, ayant des inclinations honnêtes, était occupée à le frotter de santal rouge, (lorsque) Bhagavat s’étant levé de bon matin, ayant pris son vase et son manteau, entouré de la troupe de ses Bliixus, suivi de la confrérie de ses Bhixus, entra dans Râjagrha pour mendier.

La jeune fille^ aperçut le Buddha bienheureux (IG)... A cette vue, une foi intense^ naquit en elle. En vertu de cette foi qu’elle avait reçue, elle dit en elle-même : « Que faire avec une vie comme celle-ci ? voici que j’ai atteint un tel champ! et je ne puis, par la faute de ma pauvreté, offrir mon hommage à Bhagavat. » Alors, sans tenir compte de sa propre vie®, elle oignit ses deux mains de santal rouge et fit un bracelet aux deux pieds de Bhagavat ; par la puissance surnaturelle de Bhagavat, la ville de Râjagrha tout entière fut remplie de l’odeur du santal.

1 Janapada, mot dont la présence ne s'explique guère et qui n'est pas rendu en tibétain.

* Bran-mo en libétiin : le sk. porte darikâ, Mlle, jeune ûlle.

* Ce qualificatif ne se trouve que dans le tibétain.

4 Ici le tibétain a bu-mo, correspondant au sanskrit dàrikd, fille, jeune fille; car le Ms. porte toujours dà/'f/iû. Cette expression doit répondre à l'expression française : « la fille. »

* M'ihdn praidda, rendu par dad-pa chêa-po, en tibétain.

“ 11 faut conclure de là, que cet acte exposait la jeune tille à la peine de mort.

Anijaie krie, expression assez singulière, car angada désigne un bracelet, porté au-dessus du coude; le tibétain dit plus simplement : « elle l'étendit (le santal rouge), sur les pieds de Bhagavat. »

ANNALES DC MUSEE OUIMET

A la vue (le ce prodige, la jeune fille eut l’esprit plein de joie ^ ; elle tomba aux pieds de Bhagavat et développa son intelligence : Par cette racine de vertu, puissé-je voir devant mes yeux la Pratyêkabodhi !

Alors Bhagavat fit voir un sourire. Or, c'est la règle quand les Buddhas font voir le sourire (19)... Le rire des Buddhas. Prédiction de la Praiyêhahodhi . . .

Ananda, cette jeune fille... sera le Pratyêkabuddba nommé Gandhamâdana. Tel est pour elle . .

En conséquence, Bhixus (4) .. Triple hommage.

Ainsi parla Bhagavat (2).

Rapprochements et remarques

1. Le ternie Gandhamâdana appliqué ici à im Pratvêkabuddha de l’avenir a encore d’autres acceptions ; il est surtout connu comme le nom d’une montagne célèbre dans les légendes brahmaniques et bouddliiques. Voir le ix'cit 6.

2. La pratique des onctions est la seconde que notre recueil rapporte commeétant propre au « pays du milieu » (l'Inde centrale).

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