V. NIRMALA
— Sans Tache —
Le bienheureux Buddha (1)... résidait à Çrâvastî, à Jetavana, dans le jardin d' A na t hap i n dad a .
Or il y avait à Ci âvastî un jardinier tpii entra dans Çràvastî tenant à la main un mimosa catechu. Un pronostiqueur se tenait à la porte (de la ville). 11 dit : « Celui qui mangera ce mimosa catechu se repaîtra d’un aliment à cent saveurs. » Le jardinier entendit cette parole; l’ayant entendue, il fit cette rétlexion en lui-même : «A qui donnerais-je bien ce mimosa catechu, de façon à bien placer mon bommage - ? » Il eut alors cette pensée : « Ce bienheureux Buddha, dans ce monde rempli d’êtres mobiles et immobiles, est un champ
1 Pi'asannacittâ renJu par seins dga-var gyur-le.
~ Yena me inahân sanni inj. : sijdt. Getti phrase semble pouvoir se traduire encore ainsi : a de manière à obtenir une granle considération ».
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AYAUÀNA-ÇATAIC A III, ü, (2D)
mouvant de mérites religieux qui produit des fruits considérables. Si j’offrais cette (plante) au bienheureux Buddha ! »
Alors le jardinier tenant son mimosa catechu se dirigea vers le lieu où était Bhagavat : Quand il y fut arrivé, il adora avec la tête les pieds de Bhagavat, et se tint à peu de distance de lui. Ainsi placé à distance respectueuse, lejardinier adressa ces paroles au bienheureux Buddha : « Bhagavat, qu’il te plaise d’accepter (de moi) ce mimosa catechu par compassion envers moi. » Alors Bhagavat, pour faire plaisir au jardinier, avança son bras coubuir de l’or, semblable à la trompe de l’éléphant, et prit (la plante). Après l’avoir prise, il la lança en présence du jardinier. Ce mimosa catechu, ainsi lancé prit racine en terre, et, au moment même, ses branches, ses fleurs, ses fruits se développèrent, un grand Nyagrodha formant un groupe circulaire se forma en un instant; et Bhagavat, s’asseyant à l’ombre de cet arbre, exposa la loi à une multitude de dieux et d’hommes. Après quoi Anâthapindada le maître de maison offrit à Bhagavat des mets à cent saveurs.
Cependant le jardinier dont l’esprit avait été incliné à la foi par la présence et le prodige de Bhagavat, tomba à ses pieds comme un arbre dont la racine aurait été coupée et se mit à faire un souhait. « Puissé-je par cette racine de vertu voir face à face la Pratyèkabodhi ! »
Alors Bhagavat fit voir un sourire. Or c’est la règle, quand les bienheureux Bnddhasfont voir le sourire (39)... Le rire des Buddhas. .. Prédiction de la Pratyèkabodhi.
Ce jardinier, Ananda..., sera exempt, pendant treize kalpas, de tomber dans la déchéance, et dans sa dernière existence, dans sa dernière habitation, dans son dernier corps, dans sa dernière reprise des éléments constitutifs du moi (dlmâ), sera un Pratyêkabuddha nommé Nirmala (sans tache). Tel est... En conséquence, Bhixus (3)... Le culte du maître.
Ainsi parla Bhagavat (2)...
ANNALES DU MUSEE GÜIMET