LA ROYAUTÉ ET LA LIBERTÉ
par mesure, et souvent même toutes ensemble, sans qu’il en restât rien et qu'il lui en coûtât rien.
Là , et non ailleurs , dans cette supériorité attribuée faussement à la souveraineté royale par droit politique sur la souveraineté du peuple par droit naturel ; dans cette perversion des idées sur lesquelles la liberté repose, se trouve la cause générique de cette incompatibilité sourde ou flagrante , de cette impossibilité pratique- de coexistence qui, jusqu’en 1789 et depuis, ont été creusant de plus en plus un abîme de séparation entre la liberté et la royauté.
Malgré les essais de restauration de tout genre , . anciens ou modernes, qui ont pu être tentés, comme ils n’ont porté que sur des changements dans les principes apparents de la constitution royale, la liberté a fini, dans la lutte, par abattre la royauté.
Malgré les essais nouveaux , que dans l’espérance du royalisme on pourrait faire encore, tant que ces essais ne porteront point sur un changement dans la nature même du droit de la liberté, il ne faut pas que l’on s’y trompe : — pas plus dans l’avenir que dans le passé il n’y aurait coexistence possible , durable, entre la liberté et la royauté : cela tuerait encore ceci, ou ceci à son tour tuerait cela.