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XIII

Papes de la politique et papes de l'Eglise.

Du rôle de bourreaux fainéants, les rois ne fardèrent pas à passer au rôle de bourreaux actifs. Le jour où ils ne furent plus forcés de laisser l’Église porter ses mains à leur couronne, ils forcèrent l’Église de souffrir qu’ils portassent les leurs à sa tiare.

Cette immixtion de l’empire dans le sacerdoce, qui succédait à l’immixtion du sacerdoce dans l’empire, mit à aboutir les trois siècles où , sous les noms de Boniface, de Jean, de Benoît, d’Urbain, de Jules, d’innocent, d’Alexandre ou de Clément, des simoniaques , des exacteurs , des usuriers , des schismatiques, des adultères, des incestueux, des empoisonneurs, des Borgia et des Médicis , ont déshonoré la chaire de saint Pierre, et fait de ce qu’ils nommaient le saint-siégo le siège de tous les crimes. Sous leur pontifical, ce no

fut partout , dans l’Europe chrétienne , au nom de ces •vicaires de Dieu , ainsi qu’ils osaient s’appeler, qu’incendies, massacres, exterminations et pilleries, par tous les artifices que la cupidité déguisée en religion peut inventer : — papes d’Avignon contre les papes de Rome, papes de Rome contre les papes d’Avignon, les moines contre les évéques , les évêques contre les cardinaux, conciles contre conciles, prêchant des croisades, allumant des bûchers, aiguisant des poignards, distillant des poisons, écrivant des libelles, fulminant des bulles, et tous excitant les uns contre les autres le zèle furibond de leurs adhérents par des confiscations et des indulgences.

A travers toutes ces guerres de papes et d’antipapes, où ils avaient trafiqué, dans leur seul intérêt, de leurs adhésions ou de leurs refus, les rois avaient rompu les lisières théocratiques de Grégoire VII.

Les papes, ayant voulu être rois, avaient fait de la politique un instrument de religion et remué la chrétienté guerrière ; les rois, par représailles, ayant voulu être papes, remuèrent la chrétienté ecclésiastique, et, pour eux, la religion ne fut plus qu’un instrument de politique. Ils mirent à cette œuvre les deux siècles qu’ont remplis de leur libertinage , de leurs intrigues, de leurs cruautés, de leurs hypocrisies, de leur orgueil, de leurs tyrannies , des scandales de leur vie et des turpitudes de leurs mœurs, ces rois, ces reines, ces princes , ces ministres , qui , sous les noms de François I", de Catherine de Médicis , de Charles IX , de

LA KOVAlTt

Henri III, île Richelieu, de Louis XIV, de Philippe d’Orléans, de cardinal Dubois et de Louis XV, ont gouverné, ruiné, ensanglanté, décimé, démoralisé, vendu, asservi , affamé la France.

Les fureurs des papes de la politique, déguisées eu orthodoxie religieuse, achevèrent, contre le trône et contre l’autel , la besogne de dégradation et d’affaiblissement qui avait été si vigoureusement poussée par les déportements des papes de la religion , se servant de la politique pour leurs biens temporels et l’établissement de leurs concubines et de leurs bâtards. La responsabilité des crimes contre l’humanité et coulre Dieu commença à remonter de la tiare à la couronne. Les idées de réformation, qui , jusqu’au seizième siècle, n’avaient frappé qu’aux portes du Vatican, s’en allèrent ébranler les portes du vieux Louvre. Ce fut une recrudescence des temps d’Arnaud de Brescia et de Savonarole. Le protestantisme religieux , qui [jortait le républicanisme dans ses lianes , se transforma en protestantisme politique, à ce point qu’il se lit place jusque sous le manteau de la ligue catholique.

Par suite de ce péril commun eutre des corruptions communes, entre la cour de France, où trônaient tous les vices, et la cour de Rome, qui mettait en vente, pour tous, ses pardons et ses indulgences, fut conclu le mariage sacrilège de la raison de Dieu et de la raison d’État. Il en sortit ces trois crimes contre l’État et contre Dieu , portés dans l'histoire au compte de la

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royauté française sous les nomade : — Tueries de Cahrières et de Mérindol ; — Nuit de Saint-Barthélemy ; ■ — Révocation de l’Édit de Nantes.

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