‹ Avant 1789 royautedroitslibertesChapitre 67 sur 80 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

lii-s Spintriie et le chemin de la révolte.

Depuis vingt années, parles raccoleurs de sa dépravation , moyennant argent ou violence , dans la rue ou au foyer de la famille, la royauté, blasée sur les débauchesde haut parage, volait au peuple ses plus obscures, ses pl us innocentes petites lilles pour les & pinlriœ des combles des Tuileries et de Versailles, entrepôt du Parc-aux-Cerfs de Louis XV. Delà cette moitié obscène

ET LE DROIT DE VIVRE

d’un Tibère avorté les rejetait, flétries, corrompues, aux lupanars des rues ou aux maisons de folles. Sous prétexte de coloniser le Mississipi, la royauté avait fait pratiquer sur les enfants des pauvres des razzias qui s’étaient étendues à des enfants de bourgeois et d’artisans pour en tirer rançon.

Se soulevant au cri indigné des mères, le quartier Saint-Antoine, en 1750, avait eusses trois journées du 19, du 22 et du 23 mai, prologue justificatif de la révolutionqui s’amassait, et après lesquellesla royauté, pour allerde Versailles à Fontainebleau ouàCompiègne, n’osa plus traverser Paris. Elle s’échappait par cette route qui porte depuis lors le nom de Chemin de la Révoltent sur laquelle, — fatalité mystérieuse des races condamnées! — a péri si tristement do nos jours le fils aîné do ce chef de la branche d’Orléans qui avait tout fait pour s’emparer de Ja couronne, et qui , lqrsqq’il l’a eu prise pour sa maison , est tombé et s’en est allé mourir dans l’exil, sans laisser, parmi tant d’enfants , un fils qui porte ce titre même de duc d’Orléans qu’il avait tant voulu échanger contre le titre de roi, et que les hommes et les événements ont fait sombrer ensemble dans la même tempête.

Leroi LouisXV, — dont à cette époque le lord Chesterfield, voyageant en France, écrivait déjà : « Il v en est arrivé au point d’ajouter la haine au jnépris, « ce qui se rencontre rarement chez la même per- « sonne;» — le roi Louis XV devait aller plus loin encore. Il avait porté le rapt et le viol dans les familles du

LA ROYAUTÉ

peuple pour raviver les épuisements de sa lubricité ; il va y établir la famine à demeure pour refaire les finances de son trésor privé.

La royauté , en la personne de la maîtresse légiti- * mée de Louis XIY, avait été prise par la main gauche dans l’accaparement du blé et dans l’accroissement de la famine réelle par la spéculation sur la famine factice ; la royauté , en la personne de Louis XV, va y être prise par la main droite. Le peuple n’avait eu guère que des soupçons par colère ; les parlements vont lui faire arriver des commencements de certitude et mettre l’histoire sur la trace des preuves.

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