‹ Avant 1789 royautedroitslibertesChapitre 69 sur 80 · I.A ROVAOTR · texte numérisé non relu

I.A ROVAOTR

royauté sa défend mal ; elle se défend lâchement, par procureur, comme un accusé vulgaire * avec le mensonge.

Pour l’achever, pour lui montrer que son crime ne sera, dans aucun des moyens de sa perpétration , tenu sous aucun boisseau, voilà qu’au milieu des flots de brochures que Rousseau, Voltaire, Mably, Forbonnais lancent pour ou contre les Encyclopédistes et les Économistes sur la question des grains, un étranger, plein d’esprit et d’originalité, publie sur la fausse sortie du blé des hypothèses qui deviennent des réalités terribles. « La sortie ne sera qu’apparente, » dit l’abbé Galiani , cet Italien francisé qui, dans la verve étourdissante^de ses controverses, suspendait sa perruque au dos de son fauteuil ; « la sortie ne sera « qu’apparente lorsque des monopoleurs le feront « passer hors des frontières , soit dans une petite sou- « veraineté enclavée dans le royaume, soit dans des « villes frontières , sans le vendre, ils affameront la « province, feront disparaître le blé, et, lorsqu’il sera a monté excessivement, ils le feront rentrer, comme « s’il venait des pays les plus éloignés. Les lies de « Jersey et de Guernesey seront l’entrepôt furtif des « blés de Bretagne* et d'autres pays le seront d’autres « provinces. »

Le Napolitain, « à tête de Machiavel sur un corps de bouffon , » n’avait point placé ses idées à fonds perdu : il avait prélé à des riches qui les mettaient en œuvre. La cherté et la disette, qui continuaient

ET LE IIR0JT DB VIVRE.

après un édit de suspension provisoire de l'exportation, montrèrent que l’exportation n’était pour rien dans la cherté et dans la disette. La cause du mal était bien celle que le peuple avait soupçonnée, que le parlement de Houen avait dénoncée, que l’abbé Galiani avait indiquée.

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