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XIX

Maximes de la pierre dee farine*.

Le peuple ne force-t-il pas déjà les pouvoirs politiques et les forces intelligentes de son temps à faire des subsistances la question sociale, le Caveant consistes de l’antique république romaine? Avant de mettre la main à l’action, il veut savoir ce que les hommes delà pensée ont à lui offrir. Il suit avec l’attention d’un juge les brochures éohangées entre les Encyclopédistes et les Économistes, et écrites avec une telle vivacité, une telle conviction de l'imminence du péril , qu’il leur est resté le nom socialement significatif de Guerre des farines. Mais dans toutes ces belles théories économiques, auxquelles il ne comprend rien, et qui surtout ne lui donnent rien, il ne prend à son usage que quelques maximes dont il fera dans l’avenir, et pour toujours, la règle de sa conduite et de ses exigences.

Les unes sont du banquier Necker, qui, devenu ministre, leur tourna le dos par impuissance autant que par oubli et par frayeur de parvenu. Necker disait que le territoire appartient à la fois aux nations et aux propriétaires, que par conséquent le droit du propriétaire de disposer des fruits de sa terre et de sa terre elle-même n’est point illimité; queledevoir de l’Etat est de protéger le faible contre le fort ; que

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l’homme fort, flans la société, c’est le propriétaire, et l’homme faible, l’homme sans propriété. « On dirait, « ajoutait-il, qu’un petit nombre d’hommes, après « s’être partagé la terre , ont fait des lois d’union et < f de garantie contre la multitude, comme ils auraient « mis des abris dans les bois pour se défendre contre *< les bêtes sauvages. Il faut qu’en accordant aux « prérogatives de la propriété autant qu’il est possi- « ble on ne perde jamais de vue les vieux titres de « l’humanité. »

Les autres maximes étaient de Turgot, qui se laissa descendre noblement du pouvoir le jour où il lui fut interdit de changer en actes les idées qui le lui avaient fait accepter. Turgot disait que , pour affranchir le peuple de la misère, il fallait l’affranchirdu vice et de l’ignorance, et qu’en même temps, pour l’affranchir du vice et de l’ignorance, il fallait l’affranchir de la misère ; qu’en attendant le droit et le devoir de l’État étaient , dans les moments difficiles , de travailler au soulagement du peuple et de concilier son intervention avec la liberté.

Assez maintenant! Ni Turgot ni Necker n’ont rien produit. L’ère des discussions pacifiques se ferme; les quêstions qui étaient livres vont se faire actes, et de la boutique des libraires passer aux boutiques des boulangers.

LA ROYAUTÉ

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