‹ Avant la conquête [microforme]Chapitre 9 sur 33 · ROBERT PREND CONGÉ DE SES AMIS · texte numérisé non relu

ROBERT PREND CONGÉ DE SES AMIS

cendit pas. elle craignait de ne pouvoir cacher son chagrin.

sentait inquiet, ur de son teint epuis quel- Cependant il n’osa laisser son lui, malgré le désir qu’il avait | À

mon cher enfant et je suis heu-

gé. Je ne vous en veux que sur

un point, vous allez nous plonger dans l'ennui en nous

quittant.

Robert abaissa ses regards et ne répondit pas. Il

i ait été heureux si Géraldine avait Prononcé ces paroles, |

Depuis plusieurs jours la jeune fille s'était encore

«ontrée plus distante à son égard. Qu’avait-elle donc,

Pourquoi sa conduite avait-elle ainsi changé tout à coup? il ne pouvait se l’expliquer ; c’est aussi ce qui le torturait.

Le docteur interrompit ses amères réflexions. — Mon ami, jai souvent entendu dire au général Montcalm que vous aviez eu de grands malheurs. Si Vous avez confiance en moi, racontez-moi done les épreuves que vous avez cues à supporter, je prends un véritable intérêt à tout ce qui vous concerne.

— Merci, docteur, votre sympathie me fait du bien. Et il commença en ces termes :

—“ Mon père est marquis’ D’un caractère fier et hautain, il élevait ses trois enfants dans la crainte; cependant il ce montrait beaucoup plus indulgent pour notre frère aîné, et notre mère affligée de cette préférence, s’efforçait de nous faire oublier cette, injustice en uous comblant ma sœur et moi d’amour et de tendresse. Combien nous l’aimions! combien nous étions heureux près d’elle! mais un jour nous vimes couler ses larmes, nous la suppliâmes de nous confier la cause de son chagrin; elle s’efforça de sourire et nous congédia avec un baiser, sans nous avoir rien avoué. Le marquis devenait de plus en plus sombre; plusieurs fois nous l’entendîmes parler avec colère à notre mère. Que se passait-il donc? nous l’apprîmes, hélas! trop tôt. Un matin, je m’éveillai en entendant les sanglots d ma mère, partant de la pièce voisine de celle que j’occupais. Je me levai à la hâte et m’élançai dans sa chambre.

— Qu’avez-vous ? lui demandai-je.

Pour toute réponse, elle se jeta dans mes bras s’écriant :

— Alice, Alice, ma pauvre Alice. -

Ma sœur s'appelait ainsi et avait dix-huit ans. - — Expliquez-vous, lui dis-je :

— Âlice, mon enfant, on me l’a enlevée,

— Je ne comprends pas.

? Couvent, mais lequel ?

glots redoublèrent.

J’essayai de la consoler en lui disant que j'irais à sa recherche, que je la retrouverais.

— FU ne connais pas ton père, me répondit-elle, sil savait que tu as voulu t’opposer à ses volontés il te maudirait. Non mon cher enfant, tu ne peux rien pour Alice il faut que tu partes. Je trouverai la force de me séparer de toi Puisque ce sera Pour ton bonheur. Le

exorable, depuis longte. s j'essaie de le répète chaque fois qu’il faut soutenir la i rs, Robert,

savoir où me diriger, J’appris oupes en Amérique, je m’enrôlai général Montcalm, e fut pénible! je m'éloignais de trie, hélas !

mère plongée ère, je n’avais ait sans cesse voir abandonnée. J'aurais voulu retourner Pour voler à son secours ; Mais où était. elle? mon père l’avait Peut-être menée hors de France.

Dans evrarea sa

Jugez de ce que position que j’occu

et me dit:

— Je crois que vous êtes malheureux, mon ami. — Je le suis, répondis-je.

— Pourquoi vous décourager ainsi au début de votre

carrière ?

— Je ne suis que simple soldat.

— Qu'est-ce que cela fait? Vous deviendrez général.

— Je secouai la tête,

—- Allons, dit-il, je vois que vous êtes né dans une position plus élevée que celle que vous occupez maintenant et c’est ce qui vous décourage.

— Vous ne vous trompez pas, général, ma famille tient un des premiers rangs en France. Je suis le fils du marquis de Marville. |

— Eh bien! jeune homme, il vous faut en Amérique illustrer le nom que vous ont laissé vos aïeux. Si je ne de ceux que le destin a marqués pour rendre d’éminents services à leur patrie, Reprenez donc courage, le nouveau-monde est le pays des énergie; celui qui s’y rend pour servir son roi ne peut manquer d’acquérir de l’avancement et de la gloire. Je m’intéresse à vous et ne veux plus vous voir ainsi broyer du noir; les femmes faibles et nerveuses sont seules excusables de s’entretenir avec ces vilains papillons aux ailes sombres; mais nous gol-

me trompe, vous êtes

hommes de cœur et d°

j'ai souffert en envisageant la triste pais. Je n’étais que simple soldat, inconnu de tous, sans recommandations, ami à qui me confier; aussi combien de meil ai-je passée sur le pont du navire, découragement les eaux noires de 1 dire la pensée e m’y précipiter me vint plus d’une fois. Le souvenir de ma mère me sauva.

Le général Montcal

n'ayant pas un nuits sans somregardant avec "Océan, et oserai-je le

m, me surprenant souvent dans d’amères rêveries s’intéressa à moi.

Un soir me voyant plus abattu que d’ordinaire,

il s’approcha de moi

dats il faut que rien ne vienne affaiblir notre Courage, afin que nous Puissions en braves défendre les possessions de notre souverain. Donnez-moi la main, mon jeune ami, et dites-moi que vous me comprenez, je veux m'occuper de vous là-bas.

Je le remerciai avec effusion. A partir de ce moment il fut pour moi un père. C’est à Lui que je dois la Position que J'occupe, maintenant.

— Et à vos Capacités, reprit M, Auricourt.

n’avez-vous reçu aucune lettre de votre mère depu tre départ de France ?

— Non. Les miennes ont, sans doute, été interceptées Par mon père, Ma Pauvre mère doit ignorer même le lieu où je suis.

— Je ne m’étonne plus de votre tristesse. Je sympathise à vos malheurs et j’admire le courage que vous avez montré.

jeune homme s’entretenait ainsi avec le

ne pâle-et souffrante s’abîmait dans

Il était donc vrai, il allait partir le n ignorant tout ce l

? Pourquoi fal- Son amour? Lorsqu'il était maait pû lui d

ir lui dire:

Sans Vous je vais mourir ”.

a sienne, un éclai jours ses traits pâlis, comme si cette Main avait eu Je Pouvoir de lui rendre Ja vie et la-santé.

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