LES ROSES
Au mois que tout est en vigueur, Un jour que la blanche lumière Poignoit, comme elle est coustumiere, Soufflant la piquante frescheur D'un petit vent qui devançoit Le char de l'aube ensafranee, Et devancer nous avançoit Le chaud prochain de la journée.
1 5- TOETES FRANÇAIS
L'un chemin, puis l'autre prenant Autour des planches compassées, A travers les sentes dressées, Je m'en alloy' me pourmenant; Au point du jour m'étant levé, A fin que me regaillardisse, Dans un jardinet abreuvé, De mainte rigole fetisse.
Je vy la rosëe tenir
Pendant sous les herbes penchantes,
Et sur les cimes verdissantes
Se concreer et contenir;
Je vy dessus les choux fueillus
Jouster les gouttes rondelettes,
Qui, de l'eau tombant de là sus,
Se faisoient déjà grosselettes.
Je vy les rosiers s'esjouïr, Cultivez d'une façon belle; Je vy, sous la clarté nouvelle, Les fresches fleurs s'épanouir ; Des perles blanches qui pendoyent Aux raincelets rosoyans nées, Leur mort du soleil attendoyent A ses premières rayonnees.
Les voyant, vous eussiez douté Si l'aurore son teint colore De ces fleurs, ou si de l'aurore Les fleurs leur teint ont emprunté.
Sur la belle estoile et la fleur, Venus pour dame est ordonnée; Une rosée, une couleur, Et une mesme matinée.