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L'ALLEGORIE

Comme en la vigne on void, dessous la fueille verte,

La grappe cramoisie et de pampre couverte

Se desrober aux yeux : ainsi sous les discours

D'un conte poétique, et parmi les amours

Des héros et des dieux, entremeslés de fables,

Sont des enseignements féconds et profitables.

Souvent nous nous plaisons aux parfums, aux couleurs,

Sans chercher les vertus des odorantes fleurs.

L'abeille toutes foys, ouvrière sacrée,

En tire la liqueur dont son œuvre est sucrée;

De même on void plusieurs s'abuser aux beautés

Des paroles qui sont pleines de nouveautés ;

Mais d'autres n'arrestant (i) à ces formes fleuries,

Recueillent le beau sens voilé d'allégories^).

De feuillage d'acante et de plaisans festons,

Les Muses cachent l'or des vers que nous chantons.

1 . Ici verbe neutre, dans le sens étymologique : restare ad.

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