Embrassades
2. C'est à peu près l'idée que Joachim du Bellay nous donne du génie des Romains et des Italiens, dans le sonnet suivant :
Marcher d'un grave pas, et d'un grave sourci, Et d'un grave soubris à chacun faire feste, Balancer tous ses mots, répondre de la teste, Avec un Messer no, ou bien un Messer si;
Entre mesler souvent un petit e cosi, Et d'un son Servitor contrefaire l'honneste, Et, comme si l'on eust sa part en la conqueste, Discourir sur Florence et sur Naples aussv.
Seigneuriser chacun d'un baisement de main, Et suivant la façon du courtisan Romain. Cacher sa povreté d'une brave apparence :
Veoylà de ceste court la plus grande vertu,
Dont souvent, mal monté, mal sain et mal vestu.
Sans barbe et sans argent on s'en retourne en France.
CLEMENT MAROT Ql
Mais je vous pry, mon saulfconduict ayons, Et de cela plus ne nous esmayons (i).
Assez avons espace d'en parler, Si une fois vers vous je puis aller.
Conclusion, royale geniture, Ce que je quiers n'est rien qu'une escripture, Que chascun jour on baille aux ennemyz, On le peult bien octroyer aux amyz.
Et ne fault jà qu'on ferme la Champaigne Pîustost à moy qu'à quelque Jean d Espaigne, Car quoyque né de Paris je ne sois, Point je ne laisse à estre bon Françoys : Et si de moy, comme espère, l'on pense, J'ay entreprins pour faire recompense, Un œuvre exquiz, si ma muse s'enflamme, Qui, maulgré temps, maulgré fer, maulgré flamme Et maulgré mort, fera vivre sans fin Le roy Françoys, et son noble dauphin.