MAROT RACONTE SON ENFANCE
FRAGMENT d'ÉGLOGUE ( I
Sur le printemps de ma jeunesse folle, Je ressemblois l'arondelle qui voile, Puis çà, puis là : l'aage me conduysoit Sans peur ne soing, où le cueur me disoit ; En la forest (sans la craincte des loups) Je m'en allois souvent cueillir le houx, Pour faire gluz à prendre oyseau ramaiges (2), Tous differens de chantz et de plumaiges ;
1 . Cette églogue a été composée par Marot à l'automne de sa vie, sans doute au retour de son premier exil. Déjà, trois ans auparavant, il s'était aperçu qu'il fallait dire : «Adieu, jeunesse ! »
... Si je disois adieu jeunesse.
Car la barbe grise me poinct...
(Adieu à la ville de Lvon.)
Ce qu'il répète ici, d'une manière plus dolente :
... Car l'yver qui s'appreste A commencé à neiger sur ma teste.