‹ Avant MalherbeChapitre 71 sur 132 · BONAVENTURE DES PERIERS · texte numérisé non relu

BONAVENTURE DES PERIERS

Que cette vie, à la mort exposée, Se passe ainsi que roses et rosée (ij.

I. Cette fuite rapide de la beauté et des années, un autre poète, Olivier de Magny (mort vers 1560) l'a chantée dans une ode anacréontique dont voici quelques strophes savoureuses :

Nous semblons à l'arbre verd Qui demeure un temps couvert De mainte fueille naïve, Puis, dès que l'hiver arrive, Toutes ses fueilles il perd.

Cependant que la jeunesse Nous répand de sa richesse, Toujours gais nous florissons; Mais soudain nous flétrissons, Assaillis de la vieillesse.

Et toujours la conclusion épicurienne :

Doncques tandis que nous sommes, Mon Castin (1), entre les hommes, N'ayons que notre aise cher, Sans aller là haut chercher Tant de feux et tant d'atomes.

L'espérance est trop mauvaise.

Allons doncques sous la braise Cacher ces marrons si beaux, Et de ces bons vins nouveaux Apaisons notre mésaise.

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